Situation

Quel que soit l´environnement dans lequel le voyageur se déplace, urbain ou naturel, il est de sa responsabilité de respecter l´endroit qu´il traverse. Voici quelques principes de base, applicables partout dans le monde. Un second paragraphe vous présente les problèmes environnementaux spécifiques à l’Inde. - Eviter de laisser certains déchets sur place et les rapporter avec soi si le pays ne dispose pas d´infrastructure d´élimination de ces déchets. Par exemple : piles et batteries, médicaments périmés, sacs plastique. Dans tous les cas, avant de partir, on éliminera, autant que faire se peut, les emballages des produits que l’on emporte (et on choisira ceux-ci éco-compatibles). On respectera les systèmes de collecte des déchets, quand ils existent. - La rareté de l´eau est aujourd´hui un problème mondial. Même si le pays visité n´est pas a priori concerné par le manque, quelques réflexes doivent désormais faire partie du quotidien : préférer les douches aux bains, éviter le gaspillage, signaler les fuites éventuelles des robinets. - Dans la plupart des hôtels vous disposerez d´une climatisation individuelle. Il est vivement recommandé, pour éviter la surconsommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre afférentes, de la couper systématiquement lorsque vous n´êtes pas présent dans la chambre. La climatisation n´est d´ailleurs pas absolument nécessaire sous tous les climats. - En balade, dans certains écosystèmes fragiles, ne pas sortir des sentiers ou conduire hors-piste, limiter le piétinement et ne pas rapporter de « souvenir » : renoncer à cueillir des fleurs rares, à ramasser des fossiles ou des pétrifications, etc. Parmi tous les types de dégradation environnementale que connaît l'Inde aujourd'hui, la déforestation est l’un des plus graves. Les causes en sont multiples : expansion agricole, commerce du bois, exploitation minière, industrialisation, construction de barrages, de routes ou de nouvelles zones urbaines. Ces destructions ont des conséquences sociales importantes sur les populations rurales et les diverses tribus qui tirent de la forêt le bois de chauffage, le fourrage, et divers produits essentiels à leur vie. La dégradation des sols est un autre souci majeur. La terre, soumise à des conditions climatiques extrêmes, est fragile, exposée à l'érosion et à différents types de dommages. Les principaux agents de dégradation sont la déforestation, le surpâturage, les pratiques agricoles intensives et l'irrigation mal contrôlée, avec notamment des techniques de drainage déficientes. L'industrialisation accélérée de l'Asie a également provoqué l'apparition d'un gigantesque « nuage brun », dont deux des effets sont la réduction de la quantité d'énergie solaire disponible pour la photosynthèse des plantes et la diminution sensible des précipitations dans certaines régions. Les conséquences de cet événement sont donc considérables pour la santé des habitants et pour la productivité agricole. De plus, usines chimiques, papeteries et distilleries sont nombreuses à déverser leurs déchets non traités dans les fleuves ; le Yamuna, par exemple, est aujourd'hui au bord de l'asphyxie. La faune et la flore qui se nourrissaient dans ses eaux ont quasiment disparu. Des usines pharmaceutiques (médicaments destinés à l’Europe et aux Etats-Unis) seraient à l’origine de la pollution des eaux de Patancheru (Hyderabad - Andhra Pradesh). Des analyses ont mis en évidence la présence d’antibiotiques dans ces eaux, assez pour soigner 90 000 personnes tous les jours. Ces déversements pourraient provoquer le développement de bactéries ultra résistantes aux antibiotiques. Les ressources en eau sont inégalement réparties. Stockage, épuration, distribution : les situations sont contrastées d’une région à l’autre, d’une ville à l’autre. Enfin, avec l'urbanisation grandissante, la montée de la classe moyenne et les changements de mode de consommation, la quantité d'ordures ménagères augmente chaque jour dans des proportions préoccupantes. Les villes ont vu leur volume d'ordures multiplié par 10 durant les cinquante dernières années et on estime qu'il pourrait encore tripler d'ici 25 ans ! 25% des déchets ne sont pas du tout collectés. Les carences dans le ramassage, le stockage et le traitement des ordures ont des effets négatifs sur la santé et l’environnement. Toutefois, l'Inde ne reste pas sans réaction devant les problèmes écologiques qui l'assaillent. Le gouvernement, qui a pris conscience de ce nouvel enjeu depuis les années soixante-dix, a créé de nombreuses institutions environnementales, publiques ou indépendantes, pour assister ses différents ministères. Si la bonne volonté est au rendez-vous, le pays souffre encore de l’inadaptation de certains projets et d’une mise en œuvre aléatoire. A New Delhi, la Cour suprême est allée jusqu'à interdire les véhicules de transport public de plus de quinze ans (imposant au restant la conversion au GPL), mesure d’assainissement irréaliste qui, en faisant disparaître 15 000 taxis et 10 000 bus, provoqua émeutes et paralysie générale. On agit désormais avec plus de doigté. En matière de contribution à la protection de l'environnement, l'Inde ne doit pas oublier ses sociétés traditionnelles et tribales, si longtemps bafouées. Leur mode de vie ancestral, basé sur une relation étroite entre écologie et culture, est un exemple précieux pour l'instauration d'un mode de développement plus respectueux de la nature et d'un meilleur partage des ressources et des savoirs.