Population

4 440 533 habitants (2008). Irlande du Nord : 1 685 267 habitants (2001).

Langue officielle

2 langues officielles : l’anglais et le gaélique irlandais. Irlande du Nord : anglais.

Langue parlée

Dans leur vie quotidienne, 95% des Irlandais parlent anglais. 3% seulement d’entre eux parlent le gaélique tous les jours, mais 30% environ en ont une certaine maîtrise. Dans le Donegal, on parle également le scots (une langue anglo-saxonne). En Irlande du Nord, l’anglais se parle au même niveau. 10% des habitants, environ, ont une pratique du gaélique et 2%, dans le comté de Londonderry, utilisent encore l’écossais d’Ulster (langue germanique de l’ouest). Langue peu parlée : le français.

Peuple

Le peuple d'Irlande est d'une gentillesse exceptionnelle, en particulier avec les Français, qui les ont aidés à bouter l’Anglais hors du pays. Ce sont aussi des gens conviviaux, dont l’accueil est franc et détendu ; on le constatera dans les pubs, qui sont des lieux de rencontre très chaleureux.

Réligion

La grande majorité de la population est catholique (95%, pour 4% de protestants). La vie irlandaise est imprégnée de catholicisme et l’attachement à certaines valeurs peut apparaître de nos jours un peu… décalé. L´avortement est illégal et, si le divorce a été légalisé en 1995, il est long et difficile de l´obtenir. Irlande du Nord : 45% de protestants et 40% de catholiques. Ces chiffres ne recouvrent pas, tels quels, les clivages politiques : si 85% des protestants souhaitent le maintien dans l’Union, seulement 50% des catholiques aspirent à la quitter.

Fête Nationale

17 mars : Saint-Patrick, fête nationale irlandaise.

Calendrier des Fêtes

1er janvier : Jour de l’an. 17 mars : Saint-Patrick. Fin mars - début avril : Pâques. 1er mai : Fête du travail. Dernier lundi de mai : Spring Bank Holiday (Irlande du Nord). 1er lundi de juin (Irlande). 12 juillet : Orangeman’s Day, anniversaire de la victoire protestante de la Boyne, en 1690 (Irlande du Nord). 1er lundi d’août (Irlande). Dernier lundi d’août : Summer Bank Holiday (Irlande du Nord). Dernier lundi d’octobre (Irlande). 25 décembre : Noël. 26 décembre : Boxing Day (premier jour ouvrable après Noël).

Histoire

Le premier peuplement de l’Irlande aurait eu lieu il y a environ neuf mille ans. Les Celtes, eux, sont arrivés vers 700 avant JC. Ils ont rapidement constitué quatre principautés, que dominait une caste sacerdotale de druides, bardes (griots septentrionaux) et devins. Les guerriers guerroyaient et le restant assurait l’intendance. L’ensemble fut assez intraitable pour que les Romains renoncent à s’y attaquer. En 432, Saint Patrick entreprend d’évangéliser le pays ; il retourne druides et bardes, qui, à leur tour, se font les propagateurs du christianisme. La conversion est pacifique et, rapidement, des missionnaires irlandais prennent la mer, comme Saint Colomba (521-597), apôtre de l’Ecosse. Par leur action et leur haute spiritualité, les moines irlandais ont marqué l’histoire de l’Europe. Sur place, le clergé assure l’unité d’une société politiquement très morcelée. Au début du IXe siècle, les drakkars abordent. Les Vikings vont procéder en deux temps : ravager les côtes, puis s’installer sur les décombres (à Dublin, Annagassan, Wexford, Cork, Limerick) pour ravager l’intérieur. Au siècle suivant, toutefois, deux princes celtes, Mael Sechnaill (au nord) et Brian Boru (au sud) rendent la monnaie de leur pièce aux envahisseurs. Les Vikings sont soumis, puis assimilés. Mais, la division politique demeure, qui va permettre aux Normands d’Angleterre de débarquer à leur tour. C’est Richard de Clare « Strongbow » (vers 1130-1176) qui s’y colle. Comme leurs prédécesseurs, les Normands s’installent et s’assimilent. A tel point que cela inquiète la couronne d’Angleterre, qui proclame son autorité sur toute l’île en 1494. Henri VIII prendra le titre de roi d’Irlande (1541) et lancera une colonisation en bonne et due forme. Avec lui, la religion devient un enjeu national ; les Irlandais identifient donc leur nation au catholicisme. Devant l’échec des révoltes, une partie de la noblesse quittera le pays (1607). Elle est remplacée par des nobles anglais, qui installent des colons anglais et des pasteurs anglicans. En 1649, Cromwell met un terme sanglant à plusieurs années d’insurrection. Les choses vont de mal en pis pour les Irlandais. 1704, lois anticatholiques, 1800, Acte d’union intégrant l’Irlande au Royaume-Uni : le XVIIIe siècle est amer. Le XIXe sera très amer. Il est marqué, en son milieu, par la grande famine de 1846-1848 et par un mouvement massif d’émigration vers les Etats-Unis. La population diminue de moitié. Au tournant du siècle, pourtant, quelques évolutions politiques se font jour : réforme agraire, naissance du Sinn Fein, développement des syndicats… En 1914, la Home Rule accorde une autonomie relative à l’Irlande. Immédiatement suspendue par la guerre et la Chambre des Lords. Pendant la Première Guerre mondiale, l’Irlande constitue presque un second front pour l’Angleterre : constitution d’un parlement national, insurrection de Pâques 1916, proclamation de l’indépendance (1918). Londres dissout, réprime. Le 6 décembre 1921, l’Irlande (moins les six comtés développés et « protestants » de l’Ulster) devient un dominion, l’Irish free State. Elle est dotée d’une constitution en 1922. Ces mesures déclenchent une guerre civile entre partisans et adversaires du compromis de 1921. Les premiers l’emportent, mais, en 1932, les seconds gagnent les élections législatives et, l’année suivante, Eamon de Valera (1882-1975) devient président du Conseil. Le pays adopte une nouvelle constitution, qui change le nom de l’Etat en Eire. Un traité signé avec le Royaume-Uni en 1938 reconnait de facto l’indépendance. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Eire reste neutre. Le 18 avril 1949, la République est proclamée ; l’Irlande quitte le Commonwealth. De Valera sera la personnalité marquante de l’après-guerre : premier ministre de 1951 à 1954, puis à nouveau en 1957, président de 1959 à 1973. Cette année-là, l’Irlande adhère à la CEE (en 1992, elle ratifiera le Traité de Maastricht). Irlande du Nord : pour les 6 comtés loyalistes du nord l’histoire se poursuit donc, à partir de 1921, comme si de rien n’était, alors que tout a changé. C’est le drame des loyalismes. Les politiciens « protestants » favorables à l’Union ont en main les rênes de l’économie. Ils vont organiser la relégation politique et sociale des « catholiques ». Vieille tradition. Dans les années 60, les protestations contre le régime social déséquilibré du pays prirent la forme de revendications pour des droits civils égaux. La mauvaise volonté des autorités et la répression policière provoquent rapidement un changement de ton. L’idée d’un rattachement à la république d’Irlande se fait jour parmi les catholiques. Emeutes et agressions se multiplient (Derry-Londonderry, Belfast). L’IRA (Irish Republican Army) se réorganise. Londres envoie la troupe. Les milices protestantes voient le jour. La violence devient une culture. Le « Dimanche sanglant » (Bloody Sunday, 30 janvier 1972), qui voit les parachutistes britanniques tirer sur une manifestation pacifique pour les droits civiques, symbolise le cul de sac. La cocotte-minute nord-irlandaise reste sur le feu jusqu’à la fin des années 80. Downing Street accepte alors d’ouvrir des négociations (secrètes) avec l’IRA. Le processus sera long et tortueux, mais aboutira à l’accord du Vendredi Saint (10 avril 1998), qui jette les bases d’une vie politique renouvelée. Les différents partis d’Irlande du Nord, les gouvernements de Grande-Bretagne et de république d’Irlande y sont impliqués. Catholiques et protestants sont appelés à cogérer les affaires locales. Malgré quelques ratés au démarrage, les choses se mettent en place et les accords de Saint-Andrews (2006) permettent la poursuite de la collaboration politique.

Politique

Le système politique de l’Irlande ressemble à celui de la France. On a un président élu au suffrage universel (pour 7 ans), un premier ministre choisi dans les rangs de la majorité parlementaire, une chambre des députés et un sénat, dont les membres sont élus pour 5 ans. Irlande du Nord : c’est l’une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Elle dispose d’une Assemblée (180 députés, élus pour 5 ans), qui a des pouvoirs étendus en matière de service public (administration locale, éducation, santé, culture…), moins étendus sur les « affaires réservées » (police, commerce, aviation…) et nuls sur les « excepted matters » (diplomatie, défense, impôts centraux…). L’Irlande du Nord envoie 18 députés (sur 646) au parlement du Royaume-Uni.

Célébrité

Maewyn Succat (circa 387-493) : Saint Patrick, patron des Irlandais ; né au Pays de Galles (ou en Ecosse), il a évangélisé l’Eire à partir de 432 et jeté les bases du monachisme irlandais. Il serait également à l’origine de l’adoption du trèfle, qui symbolise la Sainte Trinité, comme emblème national. Lansdowne Road (à Dublin) : construit en 1872, c’est le stade où s’exprima le mieux, peut-être, une qualité irlandaise, le Fighting Spirit. Le XV du trèfle y livra, dans une ambiance survoltée, pendant des lustres, des parties « viriles, mais correctes ». James Joyce (1882-1941) : sans doute fallait-il être irlandais pour essorer à ce point la langue anglaise. Joyce a fait de Dublin un mythe littéraire. John Martin Feeney, dit John Ford (1894-1973), l’un des plus grands réalisateurs américains et chantre de l’Ouest, était le fils d’immigrants irlandais (son père était arrivé aux Etats-Unis en 1872). Son œuvre porte, de façon plus ou moins explicite, la marque de cette origine. Guinness : lorsqu’Arthur Guinness (1725-1803) achète, en 1759, une brasserie abandonnée de Dublin, la Brasserie de la porte Saint-James, et se lance dans la production d’une stout (bière à fermentation haute), il ignore sans doute que, des millions de pintes plus tard, la « Guinness » serait un nom de l’Irlande dans le monde entier. Rory Gallagher (1948-1995) : musicien élevé dans la tradition irlandaise, puis trempé dans le blues, il fut l’un des grands guitaristes blues-rock des années 70. L’album Irish Tour 74 témoigne de la ferveur avec laquelle le public d’Irlande accueillait ses concerts. Ivan Cooper (né en 1944) : homme politique protestant d’Irlande du Nord et militant des droits civiques, il ne cessa de plaider en faveur d’évolutions institutionnelles qui auraient permis un règlement politique du conflit. Il fut l’un des organisateurs de la manifestation pacifique du 30 janvier 1972, que les parachutistes transformèrent en Bloody Sunday.

Savoir-vivre

Pour les chauffeurs, le pourboire équivaut généralement à 10% du montant de la course. Aux bagagistes, compter 1 euro par valise. On dîne tôt, vers 19h00. Après 20h30, il sera difficile de trouver un restaurant ouvert. Au restaurant, on laisse un pourboire de l’ordre de 10% du montant de l’addition, quand le service est de qualité. Les pub grubs, petits plats servis dans les pubs, sont, en général, d´un très bon rapport qualité-prix. A noter : dans les pubs, on passe commande et on est servi au comptoir, on paie à la commande.

Achat

La laine (pulls, chaussettes, bonnets, châles, manteaux, casquettes…) est la grande spécialité irlandaise. On peut y ajouter le poisson fumé et la musique. Ou le whiskey.

Cuisine

Pomme de terre et chou, porc et mouton : on a, à peu de choses près, la cuisine traditionnelle. Irish Stew (ragoût de mouton et pommes de terre), Dublin Coddle (ragoût de saucisses, lard et pommes de terre), Colcannon (pommes de terre, ail nouveau, chou), Champ (pommes de terre, œufs, oignons nouveaux) font partie des classiques. Les produits de la mer permettent de varier les plaisirs (ils règnent sur la cuisine irlandaise moderne). On trouve quelques bons fromages : Ardrahan, Cashel Blue, Dubliner, Durrus… Le petit-déjeuner est un véritable repas, assez immuable : thé (ou café), jus d’orange, œufs, bacon, saucisses, boudin, à quoi on ajoute volontiers pommes de terre, porridge ou flageolets.

Boisson

« Guinness is good for you », certes, mais ce n’est pas la seule stout irlandaise, il y en a d’autres à découvrir au fil des pubs… On tâtera également du whiskey, la version irlandaise (et peut-être l’origine) du whisky (les différences tiennent au maltage, à la distillation). On abordera prudemment le poteen, gnôle « maison », à la saveur parfois singulière. Sinon, thé, eau minérale et, inévitablement, sodas. A noter : dans certaines parties de l’Irlande, la tourbe donne à l’eau une couleur marron peu avenante. Revue de détail pour n’être pas perdu au pied du comptoir. Pour le thé, les Irlandais l’aiment indien, naturel et fort, accompagné d’un pot de lait, de biscuits ou de gâteaux, comme, par exemple, le très traditionnel Tea Brack. Quant à la bière, elle se consomme sombre aussi et en grande quantité. Les stouts sont des bières épaisses, brunes et crémeuses, à la bulle fine (qui, notons cette remarquable particularité, descend vers le fond du verre). Servir une stout est un métier. Un moyen de vérifier que la vôtre est bien tirée : inscrivez vos initiales sur la mousse quand on vous la donne, si elles sont toujours présentes lorsque vous aurez terminé votre pinte, le serveur est un bon (s’il a dessiné lui-même un trèfle sur la mousse, c’est qu’il est sûr de lui). Les principales stouts sont Guinness, Murphy’s (brassée à Cork) et Beamish. La ale est une cousine rousse (et parfois blonde) de la stout, aux caractéristiques techniques similaires, mais moins dense et charnue, proche des bières anglaises (voir Smithwick’s, brassée à Kilkenny). Les lagers sont peu prisées, ces blondes sont du ressort des Allemands et des Tchèques, pas vraiment la tasse de thé des Irlandais (même si Guinness en brasse une, Harp). Quel que soit le type de bière auquel vous sacrifiez, sachez que la dose ordinaire est de 50 cl, soit une pinte. Pour revenir à des standards français, il faudra demander half pint ou a glass, ce qui provoquera sans doute un peu de commisération.

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