Vous le saviez déjà : ce pays, pourtant petit est surement le plus varié d’Amérique Centrale. Avec 2% de sa superficie urbanisée le Guatemala est un paradis vert. Tout le Guatemala est splendide, beautés naturelles et ravissement des couleurs dans les villages, sur les marchés, dans les églises. Vous le savez déjà puisque vous êtes partant. Permettez-nous quelques conseils utiles et pragmatiques histoire de se mettre au diapason. Le pays est peuplé d’Indiens qui constituent 40% de la population. 40% sont les Ladinos, descendants des colons européens. Saupoudrez de quelques Africains venus via la Caraïbe et des Indiens, ajoutez des retraités américains, voilà le kaléidoscope de la population. Les Indiens "profitent" au mieux de 10% de la richesse. Les autres thésaurisant les 90% restant dont une infime minorité d’ultra-riches qui en confisquent la plus grande partie. Ce n’est donc pas un pays vraiment égalitaire, loin s’en faut. Quant à la situation de la femme, si elle s’améliore en ville, on est encore loin de l’égalité, le macho règne pensant préférable que 80% des femmes indiennes soient illettrées. Ceci étant les gens sont charmants avec l’étranger

Les Guatémaltèques, bien que différents, partagent tous l’envie d’une vie paisible. Ils sont polis et cultivent pour l’immense majorité l’honnêteté, les valeurs familiales, le respect hiérarchique, une probité morale. Ils sont même à l’heure aux rendez-vous ce qui est un exploit en Amérique latine. Evidemment on oublie les gangs et les mafias qui, certes font tâche, mais ne représentent qu’une infime partie de la population. Le pays étant pauvre (bien qu’un des rares dans la région à enregistrer une perpétuelle croissance) on se comportera prudemment : pas de signes extérieurs de richesse, la vôtre sera toute intérieure. Pas de bijoux, pas de montre genre "j’ai réussi ma vie". On arrivera avec des dollars en billets neufs ou presque (usagés on pourrait vous les refuser). Et si vous tirez de l’argent d’un distributeur de billets (assez courants, maxi 200usd/opération) faites-le toujours à l’intérieur de la banque, jamais à l’extérieur. Ne tentez pas le diable en comptant vos sous sur le perron. Le Quetzal, monnaie locale, est en parité fixe avec le dollar. Il n’est pas exportable. Il est bon d’en avoir (le coût des marchandises est alors moins cher qu’en dollar) mais n’en prenez pas trop. Passé la frontière il ne vaut plus rien.

Le pourboire est largement répandu : 10% dans les restaurants, une piécette dans les "comedores". Bien que largement rétribués par nous les guides s’attendent à recevoir 3 à 5 usd/jour/personne, les chauffeurs 2 à 3usd, les porteurs de valises à l’hôtel 1 usd. Pour acheter on marchande, le prix "gringo" est systématiquement surévalué. Baisser d’emblée de 30% est une base saine de début de négo. Idem pour les taxis dont il est préférable de s’entendre sur la course avant de monter dans la voiture (commencez par diviser le prix en 2). Sachez que les tissus sont de meilleure qualité dans les boutiques que sur les marchés où ils sont indubitablement plus pittoresques. Ne baladez pas des fruits dans vos bagages, la douane locale est furieusement paranoïaque (le pays est une vraie république bananière en ce sens que la banane est un atout majeur de la balance commerciale). Les pandores n’ont qu’une peur : la transmission de maladies aux cultures. Précaution valable aussi à l’intérieur du pays. En entrant dans un restaurant ou un hall d’hôtel n’hésitez pas à lancer un "buenos dias" à la cantonade, c’est la coutume.

Avant d’entrer dans un "bar" en province, méfiez-vous : c’est l’appellation des maisons closes. Aux toilettes, même dans les hôtels de luxe, il est d’usage de jeter le papier dans la corbeille attenante, pas dans la cuvette.

Un excellent breakfast guatémaltèque, dit "chapin" consiste en œufs, purée de haricots, bananes frites, fromage (bof) et café. Par chance il n’est pas épicé. Le café - le pays produit quelques-uns des meilleurs cafés mondiaux - n’est pas excellent localement. On le sert à l’américaine, l’expresso faisant une timide apparition dans les villes.

La religion tient une part importante. Le pays est chrétien, majoritairement. Autrefois catholiques, aujourd’hui protestants, tendance évangéliste, baptiste et autres déclinaisons, voire Mennonites, genre Amish bataves tropicaux. La montée en puissance du protestantisme a valu au pays trois voyages de feu le Pape Jean Paul II, inquiet à l’idée de perdre un tel cheptel. Les Indiens n’en n’ont cure qui, dans un syncrétisme original mélangent les diverses religions et les croyances Mayas en des fêtes splendides à longueur d’année, chaque village ayant son jour des Saints. Vous n’échapperez pas aux processions et c’est tant mieux.

Quant au Belize, les recommandations sont les mêmes, mais c’est surtout le soleil qui sera votre pire danger. Îles tropicales, plages de sable, récifs coralliens : pensez à vous mettre sur le dos de temps à autre. À force de regarder les poissons vous pourriez bien rentrer le ventre blanc…

Excellent voyage !