Population

27 780 059 habitants (2007).

Langue officielle

L’ouzbek, dialecte du nord. C’est une langue turque altaïque. Elle s’écrit, officiellement, avec l’alphabet latin, mais, en pratique, l’alphabet cyrillique est courant.

Langue parlée

Le russe reste véhiculaire (et la langue de travail des administrations centrales et des affaires), même s’il n’est la langue maternelle que de 5,7% de la population. 65% des habitants parlent ouzbek. Viennent ensuite le tadjik (7,7%), le kazakh (3,8%), le tatar (2,2%), le karakalpak (1,9%)… Le tadjik est une langue iranienne ; kazakh, tatar et karakalpak, des langues turques. L’anglais se répand en contexte touristique ; « français parlé » chez les marchands de souvenirs.

Peuple

Le pays compte de nombreux groupes ethniques (une centaine), mais les Ouzbeks dominent nettement (65,6%). Les Tadjiks sont une minorité importante (7,7%), concentrée dans les villes historiques de Boukhara et Samarkand. Les Russes ont beaucoup émigré ces vingt dernières années et ne représentent plus que 5,7% de l’ensemble. On mentionnera encore les Kazakhs (3,8%), les Tatars (2,2%), les Karakalpaks (1,9%)…

Réligion

Les musulmans (sunnites hanafites) sont très majoritaires (près de 90% de la population), ils pratiquent un islam où apparaissent encore certains traits des religions anciennes, zoroastrisme, chamanisme. L’Eglise orthodoxe regroupe les Russes ; les autres confessions chrétiennes se partagent le restant. Un petit millier de juifs vit encore à Boukhara, témoin d’une très longue histoire. Ces évaluations sont à nuancer par la prise en considération d’une indifférence religieuse de l’ordre de 15%.

Fête Nationale

1er septembre : Fête de l’Indépendance (1991).

Calendrier des Fêtes

1er janvier : Jour de l’an. 8 mars : Journée de la femme. 21 mars : Navruz (nouvel an zoroastrien). 1er mai : Fête du travail. 9 mai : Fête de la Victoire (1945). 8 décembre : Fête de la Constitution. Les fêtes musulmanes relèvent du calendrier lunaire et changent de date chaque année.

Histoire

Toute histoire est un millefeuille, mais le millefeuille ouzbek est particulièrement épais. Le premier peuplement daterait de 50 000 ans avant JC. Les sources sont obscures. A la fin du 3e millénaire, on repère la « civilisation de l’Oxus » (Amou-Daria), puis la culture de Tazabagyat (milieu du 2e millénaire), puis celle des Sogdiens (1er millénaire) dans la région de Boukhara et Samarkand. Au milieu du VIe siècle avant JC, les Perses achéménides intègrent ces territoires à leur empire. Survient Alexandre le Grand, deux siècles plus tard, qui installe les Grecs et les Séleucides. Au 1er siècle, l’Empire romain vassalise un royaume gréco-bactrien indépendant. Pas pour longtemps : Chinois Yuezhi, Sakas et Parthes prennent des parts du gâteau, avant que l’empire des Kouchans (d’origine Yuezhi) y mette un peu d’ordre et établisse les grandes connexions de la Route de la Soie. Nous sommes au début du 1er millénaire de notre ère. Au Ve siècle, les Perses sassanides dominent la région ; ils repoussent un temps les Huns blancs. Puis cèdent. Ces Huns blancs sont des ancêtres possibles des Ouzbeks. Mais, au siècle suivant, retour des Sassanides, alliés aux Köktürks occidentaux. Jusqu’à ce que les Chinois s’imposent (VIIe siècle). En 712, sous les Omeyyades, conquête arabe et islamisation (le zoroastrisme ne résiste pas aux exemptions fiscales accordées aux convertis). A Talas, les Abbassides refoulent les Chinois (751). Dans le butin, le papier. Samarkand devient rapidement le premier centre papetier du monde islamique. Le papier mettra 6 siècles à arriver en France. Pendant la période arabe, Tachkent, Boukhara, Samarkand et Termez se développent notablement. La Route de la Soie voit circuler les biens, les idées, les croyances… Le problème, avec les routes, c’est qu’elles favorisent aussi le déplacement des armées : les Samanides perses imposent leur domination au Xe siècle, mais se heurtent tout de suite aux Karakhanides turcs (qui s’emparent de Boukhara en 992). C’était compter sans les Turcs seldjoukides, qui supplantent tout le monde à la fin du XIe siècle. Au début du XIIIe siècle, les Khorezmiens (perso-turcs) pensent tenir la queue du Mickey. Las ! Emportés par l’enthousiasme, ils s’attaquent aux Mongols et... Gengis Khan conquiert le pays en 1220. Après la mort du Khagan, un khanat turco-mongol est établi. Lorsque Tamerlan se soumet le monde islamique (1369-1405), il ajoute ce Khanat de Tchagataï à ses trophées. Les Timourides durent un siècle : en 1507, les Chaybanides installent durablement les Ouzbeks. Peu à peu, le désormais vieux Khanat de Tchagataï est divisé en trois khanats ouzbeks : Khiva (1512-1920) ; Boukhara (1599-1920), qui devient émirat en 1785 ; Kokand (1709-1876), dans le Ferghana. Les Russes apparaissent dans le courant du XIXe siècle. Profitant des querelles endémiques, ils imposent leur protectorat (Kokand, 1876 ; Boukhara, 1878). Après la victoire de Chymkent, dans l’actuel Kazakhstan, en 1884, un Gouvernement général du Turkestan russe est établi, qui contrôle les khanats ouzbeks. Avec les Russes, la civilisation industrielle prend pied en Asie centrale. La culture du coton ou le développement du chemin de fer sont encouragés, avec des succès divers, par les autorités tsaristes. La tutelle russe suscite cependant de fortes résistances. En 1916, une révolte est brutalement réprimée. Après la Révolution, les bolcheviks manœuvrent, entre soulèvements nationaux et pantouranisme, pour garder la main. Staline préside en personne au découpage et à la soviétisation du Turkestan. La République populaire soviétique de Boukhara (1920) devient la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan en 1924 (la République autonome du Tadjikistan en sortira en 1929, mais celle de Karakalpakie lui sera adjointe en 1936). A l’occasion de la collectivisation des terres, les révoltes reprennent. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des Russes se réfugient en grand nombre en Ouzbékistan. On y réinstalle également une partie de l’appareil industriel. Les Allemands de la Volga y sont déportés. L’illettrisme est surmonté dans les années cinquante (au prix de l’accroissement de l’influence russe). Entre 1960 et 1980, la culture intensive du coton est planifiée et mise en oeuvre, avec, pour résultats, l’assèchement de la mer d’Aral et la plus colossale escroquerie de l’histoire soviétique : l’appareil ouzbek est purgé sans ménagements. Très dépendante du système soviétique, la RSS d’Ouzbékistan plaide longtemps pour son maintien. Elle se résout à l’indépendance en 1991 et adhère à la CEI. Le règne d’Islam Karimov (né en 1938) commence. Les réformes économiques sont menées de façon graduelle. L’islamisme sévèrement combattu (soutien aux USA et à la Russie dans ce domaine).

Politique

La Constitution de 1992 établit que l’Ouzbékistan est une république démocratique, pluripartite et présidentielle. En réalité, elle est surtout présidentielle. C’est le président qui nomme ou révoque les membres du conseil des ministres, qui dirige le travail du gouvernement et de l’administration. Le Parlement (bicaméral : 120 députés, 100 sénateurs, élus pour 5 ans) est une simple chambre d’enregistrement. Le président est élu au suffrage universel direct pour 7 ans et, en principe, ne peut briguer plus de deux mandats successifs…

Célébrité

Özbeg (1282-1341) était un prince mongol de la Horde d’Or. Les Chaybanides, dynastie gengiskhanide tardive (XVIe siècle), donnèrent en hommage filial le nom du prince à leurs gens, ceux-ci devinrent donc les Ouzbeks. Djamolidine Abdoujaparov (né en 1964) fut un sprinter rugueux et l’un des cadors du Tour de France dans les années 90. Une série de contrôles positifs a malheureusement mit fin à sa carrière de façon abrupte. Rustam Kasimdjanov (né en 1979), Tatar. Champion du monde d’échecs en 2004. Promus au rang de sport national par l’Union Soviétique, les échecs ont gardé une forte implantation dans les ex-Républiques. On notera également que les plus vieux pions d’échec connus ont été découverts sur le site archéologique d’Afrasiab, près de Samarkand. Yulduz Usmanova (née en 1963) est l’étoile de la chanson ouzbèke. Elle mélange avec entrain maqôm traditionnel et rythmes pop. Eclectique et liée au pouvoir. Al-Khawarizmi (vers 783-850), mathématicien, géographe, astronome, fut, en bon natif de Khiva, un extraordinaire « passeur de savoir ». On en a fait le « père » de l’algèbre, de l’algorithmique, voire de l’informatique…

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service. Pour les chauffeurs, nous vous conseillons entre 3 et 5 euros par jour et par personne (pour les groupes, 2 euros par jour et par personne). Nous vous conseillons 5 euros par jour et par personne pour les guides (pour les groupes, 3 euros par jour et par personne). Et les pourboires en euros ou en dollars sont appréciés. En ce qui concerne le personnel local (porteurs, serveurs…), les usages sont très variables. Le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie du lieu : les prix d´une bière (à partir de 4 000 soums - 1,5 euro) ou d´un soda (1 500 soums - 0,6 euro - environ), d´un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant. Si le cas se présente, on évitera en revanche d'encourager la mendicité, notamment celle des enfants, en faisant des distributions « sauvages » dans la rue. Si l'on souhaite apporter son aide en fournissant du matériel scolaire, des vêtements ou des médicaments, il est préférable de les remettre au directeur de l’école, au chef du village ou au dispensaire le plus proche, qui sauront en faire bénéficier les plus démunis. En Ouzbékistan, le temps est une notion subjective, qui s’écoule au rythme des pensées. Il est donc élastique. L’hospitalité ouzbèke est légendaire, mais elle n’est pas une légende : on est, de façon générale, très bien accueilli. Des pratiques anciennes ont valorisé le côté droit : il convient donc toujours de prendre la nourriture de la main droite, de tendre un objet à quelqu’un de la main droite ou d’entrer dans une maison du pied droit. Quant au pain, il est sacré, on ne le retourne pas, on ne le jette pas non plus. Chez eux, les Ouzbèkes déjeunent ou dînent assis par terre, une nappe étendue sur le sol faisant office de table : on n’y pose pas les pieds ! Pieds dont on ne tourne pas non plus la plante vers quelqu’un lorsqu’on est assis. Chaque convive prend dans le plat commun ce qui se trouve devant lui. Si on ne se mouche pas en public, les bruits produits par le travail de l’appareil digestif ne sont, par contre, pas impolis, même à table… Le repas se termine par l’amin, une bénédiction ; on ne mange plus rien après. Un petit cadeau symbolique fait plaisir aux hôtes. Pendant le ramadan, il faudra éviter de manger, de boire ou de fumer en public pendant la journée. Tamerlan reste la référence historique et politique des Ouzbeks, qui aiment les personnages forts : Napoléon, le général de Gaulle, Staline. Mieux vaut éviter les discussions sur ce sujet… Mieux vaut aussi s'abstenir de tout prosélytisme religieux (ce domaine est sensible). On ne photographie pas quelqu’un sans avoir obtenu l’autorisation de le faire. Les interdictions de filmer ou de photographier sont à respecter. Elles concernent les bâtiments publics et militaires, les aéroports… De nombreux sites touristiques font acquitter un droit de photographier ou de filmer.

Achat

Epices et aromates, soie, tapis : la Route de la Soie passe toujours par les marchés d’Ouzbékistan. Attention ! les douanes ouzbèkes sont tatillonnes : tapis et kilims doivent être accompagnés d’un certificat d’authenticité fourni par le commerçant auquel ils ont été achetés.

Cuisine

Le plov (osh, en ouzbek) est le plat national : mouton et riz, agrémentés, selon la région et la maison, de légumes, d’ail, de cumin… La version poulet raisins secs est également très populaire. Les chachliks sont des brochettes de mouton, de bœuf ou de poulet, avec toujours de bons morceaux de gras. Les kebabs sont aussi des brochettes, mais de viandes hachées et épicées. On mange les uns et les autres accompagnés d’oignons crus. La Chine a fait don des nouilles : sautées, en soupe ou dans le besh bermak (avec mouton, foie, légumes). Les ravioles, à la viande ou aux légumes, sont délicieuses. A l’automne, les fruits abondent : raisins, abricots, pommes grenâtes, melons… Le pain de Samarkand jouit d’une grande réputation. Il est préparé sans levain et porte en son centre la marque du boulanger.

Boisson

Nous déconseillons de boire l’eau du robinet. On boira de l’eau minérale en bouteille (capsulée) ou de l’eau purifiée ; on évitera, bien sûr, les glaçons. Le thé, vert ou noir, est omniprésent. Et l’objet de tout un cérémonial (on veillera à n’utiliser que la main droite pour le boire ou le servir). En ville, les maisons de thé sont des institutions, généralement installées au bord de cours d’eau ou de bassins. Elles sont appelées tchaï khana. La vodka se boit à la russe, avec force toasts. La bière est très répandue. Le kéfir, yaourt liquide, se prend au petit déjeuner.
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