Population

44 227 550 (2007).

Langue officielle

L’espagnol (les langues indiennes ont un statut, symbolique, de « co-officialité »).

Langue parlée

L’espagnol colombien est (et se veut) proche de l’espagnol européen, il connait toutefois un certain nombre de variantes locales, regroupées sous les dénominations de « dialectes des montagnes », « dialectes des terres basses » et « dialecte de Bogota ». 80% des Colombiens parlent l’une ou l’autre des ces versions du castillan. Dans les communautés afro-colombiennes se maintiennent trois créoles : anglo-jamaïcain, de San Andrés et palenquero. Les Indiens parlent des langues appartenant à une douzaine de familles linguistiques, dont les principales sont les familles arawak, chibcha, quechua et tupi-guarani ; la diminution du nombre des locuteurs met en danger d’extinction une bonne partie de ces langues.

Peuple

Les métis (Blancs-Indiens) représentent environ 58% de la population ; les « Blancos », Européens, dans les 20%. Les Afro-Colombiens (Noirs et mulâtres) sont officiellement 18%, mais certaines estimations vont jusqu’à plus de 30%, ce qui mettrait en question les chiffres officiels. Quant aux Indiens, leurs 85 nations ne représentent plus que 3,7% des Colombiens. Les Arawaks, les Emberas, les Paez, les Guahibos ou les Guambianos ont encore des populations relativement nombreuses.

Réligion

95% des Colombiens sont catholiques. Malgré une légère érosion, la pratique est encore massive.

Fête Nationale

20 juillet : anniversaire de l’Indépendance (1810).

Calendrier des Fêtes

1er janvier : Jour de l’an. 6 janvier : Epiphanie. 19 mars : Saint Joseph. 1er mai : fête du Travail. Juin : fête du Sacré-Cœur. 29 juin : Saint Pierre et Saint Paul. 20 juillet : fête nationale. 7 août : anniversaire de la bataille de Boyaca. 15 août : Assomption. 12 octobre : jour de la Découverte de l’Amérique. 1er novembre : Toussaint. 11 novembre : indépendance de Carthagène. 8 décembre : Immaculée Conception. 25 décembre : Noël.

Histoire

A la veille de la conquête, le territoire de l’actuelle Colombie est peuplé de chasseurs nomades et d’agriculteurs semi-nomades, que domine un peuple andin, les Chibchas. Ceux-ci exploitent l’or, l’émeraude et le sel ; ils cultivent le maïs et la pomme de terre. Les rites d’intronisation de leurs rois seront à l’origine de la légende de l’Eldorado. Ce sont toutefois les Tayronas de la côte caraïbe qui, au début du XVIe siècle, entrent les premiers en contact avec les Espagnols. Santa Marta est fondée en 1525 et Carthagène des Indes (Carthagène), en 1533. Trois ans plus tard, le conquistador Gonzalo Jimenez de Quesada (1509-1579) remonte le rio Magdalena vers le sud. En 1538, il fonde Santa Fé de Bogota (Bogota) et, d’un même mouvement, instaure la capitainerie générale de Nouvelle-Grenade (d’abord dans la dépendance de la vice-royauté du Pérou). La Nouvelle-Grenade (actuels Colombie, Equateur, Panama et Venezuela) sera érigée en vice-royauté en 1717, avec Santa Fé de Bogota pour capitale. Entre temps, les Indiens seront morts d’exploitation et de mauvais traitements, mais surtout de maladie : variole, typhus, grippe, diphtérie, rougeole se succédant pour provoquer leur effondrement démographique. En manque de main d’œuvre, les colons font venir des esclaves noirs. En 1810, un premier parlement est établi à Bogota. En 1813, l’indépendance est proclamée et, en 1819, la République de Grande Colombie (correspondant à l’ancienne vice-royauté de Nouvelle-Grenade) est sur les rails. Avec à sa tête Simon Bolivar (1783-1830) et Francisco de Paula Santander. L’un et l’autre sont à l’origine des deux formations qui dominent toujours la vie politique colombienne : le parti conservateur (Bolivar) et le parti libéral (Paula Santander). En 1830, l’Equateur et le Venezuela quittent la République. Bref intermède militaire. L’esclavage est aboli en 1851. Au tournant du siècle, la guerre des Mille Jours, qui oppose conservateurs et libéraux, tue 100 000 Colombiens. Soutenus par les Etats-Unis, qui entendent mener à bien et contrôler le percement du canal de Panama, les indépendantistes panaméens font sécession en 1903. Reste : la Colombie. Le 9 avril 1948, l’assassinat du libéral Jorge Eliecer Gaitan (né en 1898) déclenche la Violencia. Cette guerre civile fait 300 000 victimes en cinq ans. Les milices de tous bords qui apparaissent alors auront une longue postérité. Elles vont être les relais pratiques d’idées politiques de gauche comme de droite. L’institution républicaine en est durablement ébranlée. De 1958 à 1978, dans le cadre du Front national (contre la subversion), libéraux et conservateurs alternent au pouvoir. Le Front stabilise, mais verrouille, la vie politique. Sur la touche, l’opposition de gauche se radicalise, s’arme et adopte le communisme révolutionnaire. Dans le même temps, l’Etat apporte son soutien aux groupes paramilitaires d’extrême-droite. Au cours des années soixante, les FARC (Fuerzas armadas revolucionarias de Colombia, prosoviétiques), l’ELN (Ejercito de liberacion nacional, castriste) et l’EPL (Ejercito popular de liberacion, maoïste) émergent des maquis. Cependant, l’armée régulière maintient sans trop de peine ces mouvements sous l’éteignoir de pratiques dépassées. Ce sera une autre paire de manches avec le Movimiento 19 de abril (M-19), créé en 1974. Le M-19 a adapté ses méthodes au milieu urbain et aux techniques modernes de communication. Des actions retentissantes sont menées en plein Bogota au début des années quatre-vingt. Avec deux conséquences : le raidissement de l’Etat (qui lâche la bride aux escadrons de la mort) et la réactivation des mouvements révolutionnaires ruraux. En outre, opérant pour leur compte (en banque), les narcos sont entrés dans la danse au milieu des années soixante-dix. Divers facteurs ont permis de faire de la Colombie une plaque tournante du trafic international des stupéfiants. Les cartels de Medellin, puis de Cali tiennent la dragée haute à l’Etat, dont ils sapent encore l’autorité. Les guérilléros se mettent à l’école du narco-terrorisme : coca et prises d’otages. L’argent de la drogue est partout et finance tout et n’importe quoi. Le pays est dans l’impasse. On en est conscient de tous côtés. En 1990, le M-19 démobilise et adopte une voie légale ; le président Virgilio Barco (1921-1997) lance l’idée d’une Constituante. Et, de fait, une nouvelle Constitution, progressiste et moderne, est adoptée l’année suivante. Le jeu politique semble relancé. C’est compter sans les FARC et l’ELN, qui intensifient leurs actions militaires. Nouveaux raidissements. En 1995, FARC et paramilitaires de droite s’en donnent à cœur joie : plus de 20 000 morts. L’administration Clinton s’investit en Colombie (lutte anti-terroriste, anti-drogue, programmes sociaux). Avec des résultats en demi-teinte. En 2002, dès son arrivée au pouvoir, Alvaro Uribe prône une politique de lutte contre les guérillas marxistes du pays. Il fait de la sécurité son cheval de bataille et met en place un programme de « sécurité démocratique », en renforçant notamment les effectifs de l’armée et de la police. Les méthodes employées sont radicales et critiquables mais le résultat est bien là. 8 ans plus tard, la Colombie a retrouvé une sécurité dans ses principales villes et zones rurales. En 2010, Juan Manuel Santos est élu Président et poursuit le travail entamé par son prédécesseur. Il mène à son tour une politique très ferme contre les FARCS. Il engage aussi les prémisses d’un dialogue pour la paix. Les négociations vont bon train et jamais le pays n’a été si proche de trouver un accord définitif de paix avec cette force majeure révolutionnaire. Si la Colombie est encore enclin à des violences internes et à des manquements dans le respect des droits de l’Homme, la guérilla a nettement reculé dans de nombreuses zones du pays. Aujourd’hui, il est possible de voyager dans les trois écosystèmes majeurs de la Colombie : les Andes, l’Amazonie et les Caraïbes.

Politique

La Colombie est une république, régie par une constitution adoptée en 1991. Le président est à la fois le chef de l’Etat et du gouvernement ; il est élu pour 4 ans au suffrage universel, son mandat est renouvelable une fois. Le parlement, le Congrès, est à deux chambres : le sénat, chambre haute, à 102 sénateurs élus pour 4 ans et la Chambre des Représentants à 166 membres, eux-aussi élus pour 4 ans. La Cour suprême est la plus haute instance judiciaire.

Célébrité

Gabriel Garcia Marquez (né en 1927). Bien sûr Cent ans de solitude (1967) et le « réalisme magique », mais aussi une activité inlassable de journaliste politique et de critique. L’un de ceux, en tout cas, par la grâce de qui la culture latino-américaine n’est plus une lointaine cousine de province… Prix Nobel de littérature en 1982. Carlos Valderrama (né en 1961). Un footballeur qui avait des jambes, mais aussi une tête, identifiable entre mille. Quelques saisons en milieu de tableau dans le championnat de France (Montpellier HSC, 1988-1991) ne rendent pas justice à son très grand talent. Meilleur joueur sud-américain en 1987 et 1993. Shakira (née en 1977). Shakira Isabel Mebarak Ripoll est née à Barranquilla et… elle est très célèbre. On peut trouver sa musique un peu opportuniste, son engagement et sa générosité scénique forcent le respect. Engagement et générosité dont le public de ses concerts n’est pas le seul bénéficiaire : l’ONU a salué la qualité du travail humanitaire qu’elle poursuit avec tact auprès des enfants défavorisés. Pablo Escobar (1949-1993) n’était certes pas un héros ; c’était un bandit, un vrai, un parrain, avec du sang sur les mains et de gros comptes en banque. Le patron du cartel de Medellin eut à ses trousses l’armée et la police colombiennes, mais aussi l’essentiel des services anti-narcotiques du monde. Mort violente. Alors, la légende, forcément… Juan Valdez (créé en 1959 par DDB Worldwide) est l’un des moustachus les plus célèbres du pays : ce personnage fictif, toujours accompagné de sa mule Conchita, est l’emblème de la Fédération nationale des planteurs de café colombiens. Il signifie donc « 100% café de Colombie ». Aussi iconique que le bibendum Michelin. Camilo Torres (1929-1966). « Sociologue, prêtre et Colombien » se définissait-il. Depuis sa mort au côté des guérilleros de l’ELN, la figure de ce « curé » révolutionnaire est devenue une sorte d’image sainte pour la gauche sud-américaine, avec les effets de stylisation et d’outrance que cela implique. A la définition qu’il a donnée de lui-même, il aurait pu ajouter « conséquent ». Francisco de Paula Santander y Omana (1792-1840) fut le compagnon d’armes de Simon Bolivar, puis son vice-président, puis son opposant, puis son successeur. Il est le héros colombien de l’indépendance, dont il symbolise les aspirations libérales et sociales.

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays du monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service. Pour les chauffeurs, nous vous conseillons, au minimum, l´équivalent de 1,5 ou 2 euro par jour et par personne. Nous vous conseillons le double pour les guides. En ce qui concerne le personnel local (porteurs, serveurs…) les usages sont très variables. Le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie du lieu : le prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant. Si le cas se présente, on évitera en revanche d'encourager la mendicité, notamment celle des enfants, en faisant des distributions « sauvages » dans la rue. Si l'on souhaite apporter son aide en fournissant du matériel scolaire, des vêtements ou des médicaments, il est préférable de les remettre au directeur de l’école, au chef du village ou au dispensaire le plus proche, qui sauront en faire bénéficier les plus démunis.

Achat

L’artisanat colombien est varié et utilise volontiers des motifs précolombiens : tissages, broderies, vanneries, poteries, céramiques, bijoux (or, corail, nacre). Le poncho de laine se dit « ruana ». Les hamacs peuvent être splendides. Le chapeau vueltiao est un emblème national. Les cuirs sont de grande qualité. On peut également s’intéresser aux objets que fabriquent les Indiens d’Amazonie : flûtes, sarbacanes, colliers de graines ou de plumes… En ville, les artesanias proposent la production de tous les coins du pays. Et puis, la Colombie est le premier producteur mondial d’émeraude (pas « d’affaires » dans ce domaine : une belle pierre est chère).

Cuisine

Le plat est de riz, de pommes de terre ou de haricots rouges à quoi on ajoute de la viande (bœuf, porc, poulet) ou du poisson et une sauce, avec parfois un complément de banane plantain. C’est solide. Surtout qu’une soupe a généralement précédé : à Bogota, elle est traditionnellement faite de pommes de terre, de câpres, de poulet, d’avocat et de crème, on l’appelle ajiaco. Le sancocho peut être une soupe de légumes, mais aussi un ragoût. La feuille de bananier est mise à contribution et beaucoup de choses se cuisent dedans (viandes, poissons, riz, fromage…). A cela, ajouter les empanadas, chaussons fourrés à la viande, à l’œuf, au fromage… L’empanada colombienne est de farine de maïs et frite à l’huile ; elle est souvent fourrée de pomme de terre et de viande et se relève d’une sauce à l’oignon citronnée. Le pays produit de nombreux fruits, comme la sapotille (zapote), la narangille (lulo), la curuba, la quénette (mamoncillo), la groseille du Cap (uchuva), la goyave de Montevideo, la sapote mamey… Mais aussi des pommes, des bananes, des fraises…

Boisson

L’eau du robinet (idem pour les glaçons que l’on fait avec) est impropre à la consommation, on boira donc de l’eau minérale en bouteille (capsulée), ou des sodas, ou de la bière (généralement blonde et légère). Les jus de fruit sont délicieux. Côté spiritueux, l’aguardiente (une liqueur anisée) et le rhum brun ont les faveurs et touchent le foie des Colombiens. Dans les régions andines, les Indiens sacrifient à la chicha, l’alcool de maïs. Le café est, bien sûr, partout. De qualité variable. D’ordinaire, on le boit sucré, avec (pintado) ou sans (tinto) lait.

Utile

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