Iran

L'Iran de Jeremy Suyker en images

L'Iran de Jeremy Suyker en images

Journaliste de formation, Jeremy Suyker – (un prénom sans accent qu’il doit à ses origines australiennes) possède cette heureuse tendance à plonger ses objectifs en profondeur, là où d’autres ne font que passer en surface. Que le jeune photographe parisien suive à Rangoon les partisans d’Aung San Suu Kyi, à la veille d’élections historiques, ou qu’il accompagne un groupe de touristes chinois embringués dans un tour express de l’Europe, sa démarche est identique : passer de l’autre côté du miroir, entrer dans la vie des autres afin de mieux comprendre et en tirer des images témoignages.

 

« J’aime les histoires, et j’aime les raconter. »

 

Ainsi, l’Iran s’est naturellement imposé à lui : « J’ai toujours été attiré par ce pays montré du doigt par nos dirigeants, je voulais savoir pourquoi il cristallise les peurs occidentales alors que finalement nous le connaissons très mal » explique-t-il. « En 2013, un livre Walk on my Eyes de Serge Michel et Paolo Woods m’a ouvert les yeux sur la complexité de la société iranienne, deux mois plus tard je rejoignais Téhéran en train, depuis Istanbul. » Un voyage au long cours qui facilitera les rencontres : « Ne parlant pas le farsi, je me suis vite perdu dans cette ville immense, c’est alors que j’ai fait la connaissance d’étudiants en théâtre qui m’ont invité dans leurs vies. »

Point de départ d’une immersion à rideaux fermés dans des appartements, des caves, d’anciens thermes, des grottes, tous improvisés en salles de spectacles éphémères. Il découvre une scène culturelle inventive et dynamique, boosté par le simple plaisir de la créativité, aux frontières de l’art et de l’artisanat. En découlent des images rares, peuplées de visages passionnés, décryptant un théâtre expérimental d’inspiration polonaise, le Gardzienice, fondé sur le mouvement, la musique, des chants dans une langue parfois inventée et une grande proximité avec le public. Autant d’élans artistiques fermement encadrés par la censure du Ministère de la Culture et de l’Orientation Islamique. Des règles strictes, particulièrement envers les femmes.

 

« J’ai toujours été attiré par ce pays montré du doigt par nos dirigeants(...)»

 

La critique du régime ou de la religion est prohibée, les actrices doivent rester voiler, le contact direct avec un partenaire de sexe opposé est interdit, la pudeur étant le maître mot. Les chanteuses, elles, ont interdiction de se produire en public ou d’enregistrer leur voix. Malgré tout, Téhéran bat aujourd’hui d’une vie artistique intense soumise non plus à l’interdit mais aux demandes d’autorisation. « La censure n’est pas une entrave ultime, au contraire elle attise la créativité », estime pourtant le grand reporter, regrettant que son travail ait parfois été mal interprété par les médias occidentaux : « En Iran tout n’est pas noir ou rose, interdit et underground. » Si la liberté d’expression reste dans ce pays une chimère, les artistes ont appris à composer sur un fil tendu entre modération et insolence. Les photos de Jeremy Suyker en témoignent avec force.

 

1

Le théâtre, la musique et le cinéma

Téhéran est l’épicentre de l’art en Iran. Le théâtre, la musique et le cinéma sont une source d’inspiration pour une jeune génération assoiffée de liberté. Sur cette photo, une comédienne se prépare avant son entrée en scène. La pièce jouée ce soir-là est une adaptation d’un texte de Federico Garcia Lorca.

Le Théâtre en Iran

 

2

Le Tehran Carnival

Chaque vendredi matin, alors que la ville s’éveille à peine, les artistes du Tehran Carnival investissent un lieu et se livrent à un très discret spectacle. Leur but : produire en un minimum de temps une installation éphémère à partir de matériaux récupérés dans la rue. Du street-art made in Iran.

Téhéran, l'Iran par Jeremy Suyker

 

3

La Shirin Gallery

Vernissage d’une exposition à la Shirin Gallery, dans le nord de Téhéran. Ce soir-là, un collectif d’artistes crée des œuvres « live » devant le public venu nombreux. À l’étage, un groupe de musiciens travestissent de la musique persane traditionnelle en son électro. On se croirait à Berlin…

Un vernissage en Iran

 

4

Spiritualité à Chiraz

C’est l’heure de la prière à Chiraz. Cette ville du Sud du pays est connue pour sa douceur de vivre. On dit des Chirazi qu’ils savourent l’existence et détiennent le secret de la lenteur. Ce qui leur vaut parfois d’être taxés de fainéantise par les autres Iraniens.

Spiritualité a Chiraz en Iran

 

5

Le nazri à Chiraz

Il est 5 heures du matin à Chiraz. Comme des centaines d’autres avant elle, cette femme est venue dans un parc de la ville chercher sa portion de nazri distribuée lors d’une célébration. Selon la croyance, cette soupe aux lentilles apporte force et santé… faut-il encore savoir se lever de bonne heure !

 /voyage-sur-mesure/img/mag/201602/Une femme à Shiraz en Iran

 

6

Le mausoléede l'Imam Zadeh Saleh

Le mausolée de l’imam Zadeh Saleh trône majestueusement sur les hauteurs de Téhéran. Ce lieu connu des chiites jouxte le vieux bazar de Tajrish, où les habitants de la capitale aiment se retrouver pour magasiner et s’attarder autour de repas savoureux.

Le mausoléede l'Imam Zadeh Saleh

 

7

Le désert de Kashan

Aller en Iran, c’est aussi découvrir des trésors de nature. C’est faire de longues marches en montagne sous la chaîne enneigée de l’Alborz, dégringoler des dunes du désert de Kashan, arpenter les rives apaisées de la mer Caspienne… c’est être bien, où que l’on soit.

Elbourz Iran par Jeremy Suyker

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