Afrique du Sud

Gandhi et Mandela, deux icônes de l’Afrique du Sud

Gandhi et Mandela, deux icônes de l’Afrique du Sud

La date anniversaire de Gandhi offre l’occasion d’évoquer deux figures qui ont beaucoup en commun. Gandhi, leader d'une des premières grandes luttes anti-coloniales, admiré unanimement pour l'universalisme auquel son nom est attaché, et pour le message spirituel qu'il propose à l’humanité ; Nelson Mandela, leader de la lutte contre l’apartheid, auquel il mit fin en 1994, en devenant le premier président noir d’Afrique du Sud. Les deux grands hommes ne se sont jamais rencontrés, mais sont pourtant comme des compagnons de lutte – Mandela a puisé dans la parole, l’éthique et le parcours de Gandhi ; ils ont en commun leur formidable capacité de résistance, leur esprit de concorde, leur éthique universaliste, et aujourd’hui, leur statut d’icône.

GandhiServe

 

Gandhi

De Durban à Johannesburg, Gandhi lutte pendant 20 ans contre l’assujettissement des immigrés indiens en Afrique du Sud, et pour organiser la résistance de l’Inde face à la couronne britannique. Il refuse le soulèvement armé, prône la désobéissance civile. Il définit par un mot, satyâgraha, les modalités de ce combat – étymologiquement, le mot signifie étreinte (graha) de la vérité (satya) : chaque homme doit se consacrer à trouver sa vérité, ce qui suppose le renoncement à ses pulsions violentes. La parole de Gandhi a profondément influencé les leaders de l’ANC. Albert Luthuli, son premier président, base sa lutte pour la libération sur la satyâgraha et son impératif non-violent, à travers boycotts et manifestations pacifistes.

> Découvrez la Satyagraha House. Cette maison, située dans le quartier résidentiel d’Orchards à Johannesburg, a hébergé Mohandas Gandhi de 1908 à 1909. 

Manuel Zublena

 

Mandela

Avant son incarcération, Mandela ne croit pas dans l’efficacité de la désobéissance civile ; face à l’extrême brutalité de la répression policière, et à l’impossibilité de négocier avec un gouvernement qui se prévaut du droit pour enfermer et torturer des milliers d’hommes, il cherche à convaincre les caciques du parti de la nécessité de la lutte armée.

Marco Mantovani

Mais après 27 années de prison, dont il sort sans un mot de haine ou de vengeance, il appelle à la réconciliation et au pardon. Il parvient après des siècles de violence et d’humiliation, à préserver son pays de la guerre civile. Mandela aurait pu incarner la vengeance des Noirs sur les Blancs, mais dès sa sortie de prison, il prend le parti inverse pour incarner une conception universaliste de la citoyenneté en Afrique du Sud, et établir l’égalité des droits. 

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