Etats-Unis

Family Trip aux Etats-Unis

Family Trip aux Etats-Unis

En roi du monde au volant de sa voiture, en couple seul au monde, entre amis qui refont le monde, traverser les States d’est en ouest, c’est la quintessence du voyage, tout à la fois mythique, simple, étonnante, infinie, et chaque jour différente. Faisons la route en famille, pour découvrir le monde ensemble. 

 

A tout seigneur tout honneur. Mille fois vue, sur les affiches, dans les films, l’esthétique de la Grosse Pomme n’a étonné ni ma fille, ni moi. Nous nous étions baladées mille fois dans Harlem, Brooklyn Bridge ou Central Park, parfois avec Leonardo himself. A la fin du XIXème, nous avions débarqué, hagardes, d’un grand bateau chargé de migrants. Au 3ème millénaire, nous avions sauvé la ville de la destruction – qui aurait provoqué la fin du monde. D’une certaine façon, nous revenions chez nous. Arrivées jetlaguées de Paris-Charles de Gaulle, (à Paris il fait nuit, ici l’après-midi commence), j’ai peur qu’elle ne s’endorme, qu’elle ne « tienne » pas jusqu’au soir. Mais l’excitation, alliée à l’adrénaline de la ville qui ne dort jamais, agit. Time Square crépite de lumières, et le Blue Notes distille ses accords jazzy (elle s’endort parfois un peu pendant les morceaux plus doux). Et nous partons à la recherche de nos copains, le restaurant où dînerait le fils de Marlon, le club où Woody joue parfois de la clarinette (pas de chance, ils n’y sont pas). Pas de grosse surprise esthétique, mais aucune déception, Manhattan est bien conforme à son image. Juste quelques corrections d’échelle, on s’attend à la hauteur vertigineuse des buildings, mais la largueur des avenues, lorsqu’il s’agit de les traverser (en posant un pied devant l’autre en dehors de la pellicule), surprend. La vraie surprise est auditive : les films feutrent la ville. New York vit dans un brouhaha étonnant, qui ne s’arrête jamais. Le silence est inconnu.

Enfant sur le Brooklyn Bridge

Yi Chen/Fotolia

 

New York spécial kids : le magasin de jouets FAO Schwarz près de Time Square, le plus grand du monde, où chaque jouet est une pièce incroyable, comme ces  peluches de girafe, lion ou éléphant en taille réelle (un endroit magique où je vous recommande d’aller, en repérage, même si vous êtes sans enfant).New York spécial teens : Abercrombie, 720 Fifth Avenue, il y a la queue, mais vous n’y couperez pas (ou sinon dites-moi comment. Et puis, vous pourrez vous consoler au spectacle des bustes parfaits des vendeurs torse-nu). Pour gagner du temps car il y a moins de monde, tentez d’emmener vos ados dans la 2de boutique, moins surchargée, sur Water Street. 

enfant a Harlem New York

Samuel Zuder/LAIF-REA

 

Sur la route

 

On pourrait y rester, à New York. Mais l’appel de la route est trop fort. Et, selon les lieux, les films changent : road movies (route 66 et motels tout du long), conquête de l’Ouest (Monument Valley, où l’on s’attend à la tombée du jour à voir apparaître la silhouette d’un lonesome cowboy sur son cheval), nature sauvage (grands parcs du centre du Wyoming et du Montana, jusqu’en Alaska, et jusqu’aux paysages presque irréels de ses grands parcs. Allez vous prendre pour une star sur les collines de Berverly Hills, et faire péter la banque des casinos, à Las Vegas évidemment (il faudra laisser les enfants dans la chambre pour s’installer aux tables de poker, mais ils dormiront bien, avec ce qu’ils ont vu). 

Région de Cape Cod - Massachusetts - Etats-Unis

Laura Kleinhenz/Vault Archives-REA 

Quittons un peu les films, et revenons dans le monde réel : partons en famille à la chasse aux extra-terrestres, dans la ville de Roswell, lieu du plus célèbre crash d’OVNI de l’histoire de la planète, en 1947 (officiellement, il ne s’agirait que de débris de ballon, mais certains ufologues pensent que les autorités dissimulent des informations, et détiendraient la preuve certaine de la présence d'une civilisation extraterrestre avancée, dont ils auraient même capturé et étudié des créatures à la suite du crash). Quoiqu’il en soit, Roswell exploite le filon, et vous pourrez prendre un café à côté d’un Martien, et acheter le modèle réduit de son véhicule.Vous pourrez, aussi, suivre le trip d’un film précis. Aller voir par exemple Bodega Bay, à une heure de route de San Francisco : c'est là qu'Alfred Hitchcock a tourné "les Oiseaux". On reconnaît la baie, on peut s’y baigner si l’on ne craint pas trop l’eau fraîche, et l’on se balade dans le film.

Enfants sur la plage aux USA

Siri Stafford/Digital Vision/Getty Images 

On voit l’école, et la fameuse maison en bois, située tout au bout de l'anse. Et, comme s’ils étaient payés par le syndicat d’initiative, des oiseaux de toutes sortes envahissent les fils électriques.  Ou choisir un des lieux de The Shining. Même si vos enfants sont trop petits pour leur montrer le film, ils risquent d’apprécier d’aller dans un hôtel hanté ! Situé dans le Colorado, dans le Parc National des Rocheuses, l’hôtel Stanley, où Kubrick aurait eu l’idée de tourner The Shining, serait hanté suite à un événement du 25 juin 1911. Lors d’une violente tempête qui avait coupé l’électricité, Elizabeth Wilson, gouvernante en chef de l’hôtel, se trouvait dans la chambre 217 et allumait les lanternes à acétylène pour éclairer l'hôtel, lorsqu’une explosion la souffla, brisant ses chevilles. On dit qu’Elizabeth revient encore dans cette chambre pour faire le ménage (j’aimerais avoir la même à la maison), et que, dans les couloirs, on entend des enfants rire, ou Flora Stanley jouer du piano. La direction de l’hôtel précise cependant qu’on ne risque rien, car il n’y a que des fantômes heureux à l’hôtel Stanley. Mais, que vous croisiez les fantômes, ou pas, c’est un endroit exceptionnel, qui offre des promenades magnifiques, de la balade tranquille à l’escalade sportive, en passant par l’observation de la faune sauvage au cœur des montagnes. 

Petit garçon sur la plage aux USA

FotoMak/Fotolia 

Sur la route spécial kids : vous pourrez vous arrêter pour assister à un rodéo, un vrai, avec des cow-boys et leur chapeaux, des taureaux et des chevaux indomptés qui éjectent leurs cavaliers, et des stands où l’on vend des home-made cakes. Ou encore, fignoler votre itinéraire pour assister à un pow wow, avec chefs indiens aux parures de plumes, peintures corporelles et bijoux de turquoise.Sur la route spécial teens : assister, la dernière semaine d’août, avant de reprendre les cours, au festival Burning Man dans le désert de Black Rock, dans le Nevada. Créé à la fin des années 80 autour de la crémation festive d’une statue sur une plage près de San Francisco, l’événement prend d’année en année plus d’ampleur, et rassemble maintenant plus de 50 000 participants, dans une véritable ville éphémère où se regroupent, venant du monde entier dans un tohu-bohu éclectique, des œuvres d’art, des véhicules-mutants (seules voitures autorisées sur le site) d’une créativité débridée, des performances, des concerts… L’apothéose de ce festival alternatif reste la mise à feu de l’effigie du festival, de plus en plus haute (elle a dépassé les 30 mètres en 2010).

 

 

Motels et Diners.

 

Il y en a partout, dès que l’on sort des grandes villes. Tout autant que le Grand Canyon, les arbres géants de Sequoia Park ou les maisons pastel de Miami, les motels et les diners devraient figurer dans la liste des « lieux à visiter », tant ils sont codés et américains : le lobby un peu miteux avec le réceptionniste assis derrière le bureau, un mug à la main, un œil restant sur la télé pendant qu’il vous donne la clé, la voiture garée pile-poil devant la chambre, on peut checker qu’elle ne bouge pas par la fenêtre, partout ailleurs ce serait déprimant mais ici c’est jouissif, la moquette aux tons passés, la  petite lampe de chevet avec un abat-jour un peu de traviole, la chaise faux-style, le grand lit, et la tuyauterie bruyante de la baignoire.Les diners sont les lieux de pause, les plus beaux, assez rares, auront des bars en acier brossé, et des meubles colorés fifties. Mais tous auront des serveuses avenantes (car payées presqu’only au pourboire), avec tablier, brushing et cafetière transparente contenant une lavasse tiède et typique, bizarrement appelé café, mais que l’on arrive à trouver bonne parce que l’on est ici.

Petite fille dans un diner

Olivier Metzger

Diners spécial kids, teens et adultes : se faire le plaisir d’un gros burger,  avec du gras, sans vitamines, accompagné de frites et sauces chimiques. Et réapprendre les règles de l’équilibre alimentaire après le voyage. Enjoy !

 

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