Malaisie

A la découverte de la Malaisie

A la découverte de la Malaisie

À la fois moderne et ancestrale, Asie teintée d’influences coloniales variées, la péninsule Malaise cumule les atouts à commencer par un climat agréable toute l’année planant sur une nature exceptionnelle mariant plages paradisiaques et jungle impénétrable. Par Baptiste Briand, rédacteur Voyageurs


La petite concession minière du XIXe a bien changé. Aujourd’hui à Kuala la futuriste, on se laisse chatouiller les pieds par les Garra rufa d’un fish spa, puis les oreilles lorsque David Guetta mixe en ouverture du Grand Prix moto de Sepang, et enfin les papilles par un satay en terrasse du noctambule quartier Bintang. Pourtant à quelques rues de là, attablé devant une soupe de nouilles sur le marché nocturne du quartier chinois, ou un cari dans les rues parfumées d’épices de Little India éclairé de mille bougies pour la fête des lumières, devant la façade victorienne de la gare : Kuala Lumpur se conjugue au passé. Un melting-pot de culture malaise, chinoise, indienne empreint de colonisation portugaise, anglaise et hollandaise. Pour prolonger ce voyage dans le temps, direction Malacca, ancien sultanat fondé en 1403 par un prince hindou de Sumatra, devenu le plus important comptoir commercial de l’époque où s’échangeaient étain, épices et soie. ATown Square, autour de l’église Saint Paul, on surprend encore des conversations en cristão, un ancien créole portugais. La présence chinoise, elle, est marquée par l’importante communauté Baba Nyonya, née de l’union des premiers immigrants du Fujian aux Malais. Dans l’état de Penang, à George Town, au charme british se lie celui des Kongsi, maisons des clans chinois dont la célèbre Khoo Kongsi. Puis loin : la Cheong Fatt Tze (maison bleue) vue dans le film Indochine. Malgré ses richesses architecturales, Penang a choisi d’afficher sur son drapeau, un palmier. Signe indéniable que les plus beaux trésors de la Malaisie sont ailleurs, dans sa nature.


DES PLAGES DE LEGENDE


À un tir d’ailes de là, tout au nord, l’archipel de Langkawi plonge ses pinacles de calcaire dans la mer d’Andaman. Selon une légende (nombreuses en Malaisie) c’est ici que le Garuda, oiseau mythologique, y a son nid. Un choix judicieux que suivront les amoureux. Mer émeraude, colliers d’ivoire surplombés de jungle, criques secrètes, cascades et piscines naturelles : un véritable éden. Au Bon Ton Resort, Adam et Eve croquent la vie et la mangue fraîche, testent leur swing, s’échappent dans la mangrove, et goûtent au fruit défendu sous baldaquin. La côte ouest du pays, idéale de novembre à avril, collectionne ainsi les perles rares. Dans le détroit de Malacca, on joue les Robinson (de luxe) sur l’île privée de Pangkor. Villages de pêcheurs bordés de jungle, baie paradisiaque, et noix de coco sur le gâteau : le Pangkor Laut et son spa merveilleux. Pour les actifs: yoga, tai-chi, trek, pêche au gros et bien sûr, snorkeling. Cependant, les plus beaux fonds se cachent sur la côte est de la péninsule, à visiter d’avril à octobre. Des îles baignées de mer de Chine, telles Tioman et ses eaux émeraude, Kapas, maternité pour tortues et enfin les îles du Nord-Est : Lang Tengah et les Perhentian, paradis pour plongeurs débutants et confirmés, où s’épanouissent les dendrophyllias sous le regard rond des carangues et des requins-marteaux.

Plage de Redang en Malaisie

Getty Images/iStockphoto 

 

UNE NATURE EXCEPTIONNELLE


À terre aussi, la nature malaise est prolifique. 70 % de la péninsule et 85% du Sarawak et du Sabah, sur Bornéo, sont couverts de forêt primitive. Au centre du pays, le parc Taman Negara  est un véritable livre des records de la jungle : on y croise l’arbre tropical le plus haut (80 m) et la plus grosse fleur (carnivore) du monde, la rafflesia : jusqu’à un mètre de diamètre pour 7 kilos ! Orchidées sauvages, hibiscus rouges (l’emblème national), fougères bicolores : un total de 800 espèces. Marchant sous les arbres fruitiers, on s’applique à distinguer les différents types de papillons (900 au total) lorsque retentit un trille puissant.

Parc national de Taman Negara

Getty Images/iStockphoto 

C’est le calao bicorne, mascotte nationale au bec incurvé surmonté d’un casque rouge pompier. À ses cotés piaillent bulbuls, roulous couronnés, toucans : la Malaisie compte plus de 600 espèces d’oiseaux. Reptiles, chauve-souris, tapirs, éléphants, rhinocéros et singes peuplent également cette forêt dans laquelle on glisse en silence, en bateau. Pour l’immersion totale : cap sur Bornéo. Le Sabah et le Sarawak, les deux états situés au nord de l’île, sont un véritable centre d’études de la nature et son évolution. Des secrets bien gardés au cœur de la forêt et des grottes. Dans le parc national de Bako on tombe nez à (gros) nez avec le singe nasique et à Sepilok, on salue son cousin l’orang-outang. Après quelques heures en pirogue sur la rivière Lemanak, on entre sur le territoire du peuple Iban. Ces ex-coupeurs de têtes accueillent aujourd’hui volontiers le visiteur dans leurs long houses, lui expliquent chasse à la sarbacane et rites avant de le laisser repartir vers la péninsule, la tête sur les épaules. Néanmoins étourdi de jungle, on prend la route des Cameron Highlands, région d’altitude qu’appréciaient déjà les colons anglais. Dans la brume matinale, une cabine téléphonique rouge mais surtout d’infinies collines vertes de théiers sont là pour le rappeler.

« Kuala Lumpur se conjugue au passé. Un melting-pot de culture malaise, chinoise, indienne empreint de colonisation portugaise, anglaise et hollandaise.  » 

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