Chine

48 heures à Pékin

48 heures à Pékin

Il est 7h, Pékin s’éveille. Dans le quartier historique de Xuanwu, de vieux Pékinois avalent un bol de douzhi’r tiède et y trempent un jiaojuan croustillant. Lucile propose de partager cet héritage de la dynastie Liao, composé de lait de haricots mungo (fermenté dans sa version téméraire) et d’un beignet en anneau. On fait confiance à cette jeune française habituée à guider célébrités et anonymes, qui échange avec les anciens – dans un mandarin parfait– sur les secrets de leur longévité.

©Laurent Villeret

Vertus vérifiées dans le parc du Temple du Ciel, pièce maîtresse de la cosmogonie chinoise, où les retraités démontrent leur habilité au tai chi, au diabolo et aux danses orientales, entre pinède et roseraie. On file alors vers un Pékin rajeunissant à Dashilar, rendez-vous du design auquel une semaine désormais réputée est consacrée chaque automne. Aperçu des dernières tendances mode et accessoires chez Triple Major, caprice bijoux et céramiques à l’Ubi Gallery. Ces maisonnettes à deux étages abritent aussi des librairies de poche où trouver manuscrits anciens, et jolis carnets pour quelques dizaines de yuans.

©Ola Lundqvist

Déjeuner d’une soupe de nouilles du Shaanxi. Puis à vélo, on sillonne les hutongs du centre-ville, à la découverte de mini-galeries. Première halte chez Jiali, tenue par une Française qui expose de jeunes talents chinois, arrêt devant la vitrine de l’Arrow factory puis à l’Aotu où l’on profite d’une coupe de cheveux en pleine expo. Dans les usines désaffectées du centre, l’art contemporain pékinois prend un second souffle. À l’heure où l’iconique espace 798 devient un lieu avant tout commercial, les artistes ont élu résidence au Meridian Space et au Yishu 8. Respiration autour du Palais d’été avant un pastis entre expats dans l‘ilôt bobo de Fangjia, des tapas rythmés de swing au Modernista, et une immersion dans la faune hipster pékinoise au Dada. La soirée, se poursuit sur la terrasse du Dianke dianlai pour savourer une omelette aux fleurs de jasmin et la vue confrontant les hutongs sombres à l’architecture futuriste du Galaxy Soho.

 

UN NOUVEAU JOUR SE LEVE

En bon Pékinois, Raphaël a ses habitudes matinales. Installé dans la capitale depuis 2012, ce journaliste freelance aime flâner sur le marché de Gongti Xi Lu. Mangoustans et litchis réveillent les papilles. Dans le parc Ritan voisin, ancien jardin impérial, les grand-parents enseignent l’art du cerf-volant à leurs petits enfants. Thé glacé au bord du lac semé de lotus géants, visite du Temple du Soleil. À quelques rues et près de 500 ans d‘écart, le Parkview Green abrite le Pékin moderne, un bâtiment « éco-friendly » réunissant art, shopping, hôtellerie et gastronomie.

©Lucio Rossi

On succombe aux raviolis à la truffe noire de Din Tai Fung. Cap au Nord, et bain de couleurs : le pourpre du Temple de Confucius, le gris des toits, le vert des arbres qui abrite la promenade. Du haut de la Tour du Tambour, on s’offre une vision d’ensemble sur Pékin et son découpage historique. Fin de journée au rythme lent du tai chi sous les saules pleureurs et du pédalo sur le lac Qianhai où il est de coutume de se baigner même en plein hiver lorsqu’on n’y patine pas. Ce soir, on préférera le croustillant du canard laqué de Jingyatang et un cocktail dans l’ambiance retro-jazzy du Parlor à Sanlitun, avant d’aller danser sur la terrasse du Migas, histoire de voir un nouveau jour se lever sur Pékin.

 

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