Population

7 379 339 habitants (2009).

Langue officielle

Le serbe (une langue slave, que l’on écrit avec l’alphabet cyrillique).

Langue parlée

80% des habitants ont le serbe pour langue maternelle, mais on parle aussi le hongrois (4,8%), le bosniaque (1,7%), le macédonien (1,4%), l’albanais guègue (1,4%), le croate (1,4%)… Serbe, bosniaque, macédonien et croate sont des langues slaves (les Bosniaques revendiquent une langue propre, écrite avec l’alphabet latin, que les autorités serbes refusent de reconnaitre). Le hongrois est une langue ouralienne ; l’albanais, une langue thraco-illyrienne.

Peuple

Majorité et minorités linguistiques correspondent à la majorité et aux minorités « ethniques ». Les Hongrois sont établis en Voïvodine, tout comme les Croates. Les Bosniaques (ex-« musulmans » de l’ère yougoslave), dans le Sandjak. Les Albanais habitent, pour la plupart, la région de Belgrade… Les Tziganes se rencontrent un peu partout et rencontrent, eux, les mêmes difficultés que partout ailleurs.

Réligion

Les orthodoxes sont très majoritaires (90%) et le Patriarcat de Serbie est un puissant symbole national. Les Bosniaques confessent un islam sunnite traditionnellement modéré (mais auquel les guerres de Yougoslavie ont, ici et là, donné du tranchant). L’Eglise catholique trouve ses fidèles parmi les Hongrois et les Croates ; les Slovaques et les Allemands de Voïvodine fournissent l’essentiel des protestants de Serbie. Quant au judaïsme, implanté très tôt, il est désormais, après les brutalités du XXe siècle, résiduel.

Fête Nationale

15 février : commémore la révolte de 1804-1813 contre les Turcs.

Calendrier des Fêtes

1er et 2 janvier : Nouvel an. 7 janvier : Noël orthodoxe. 15 février : fête nationale. Avril ou mai : Pâques. 1er et 2 mai : fête du travail. 9 mai : jour de la Victoire (1945).

Histoire

Entre 1200 et 500, les Illyriens installent la civilisation du fer dans la région (cultures de Hallstatt, de La Tène). Puis viennent les Celtes, le long du Danube ; les Scordisques fondent Singidunum, qui deviendra Belgrade. Au début de l’ère chrétienne, les Romains ont soumis et pacifié l’Illyrie. La roue tourne et Rome se divise. A la fin du IVe siècle, c’est l’empire romain d’Orient qui prend les rênes en Pannonie-Dalmatie. Les Barbares viennent en visite de pillage : Huns, Avars, Ostrogoths, Gépides. Byzance administre comme elle peut. Au VIIe siècle, les Avars turlupinent l’empereur Héraclius, qui fait appel à des tribus Slaves pour les combattre. Ces Slaves viennent d’une région sise entre l’Elbe et la Saale, la Serbie blanche. On les laisse s’installer dans la vallée de la Morava. Belliqueux et solidement organisés, ils étendent bientôt leur domination sur les peuples avoisinants. Les Illyriens (les Valaques) trouvent refuge dans les montagnes. Et, peu à peu, les Serbes s’émancipent de la tutelle byzantine. Au VIIIe siècle, le prince Vojislav règne de facto sur la Morava. Quelques décennies plus tard, sous Mutimir Vlastimirovic, qui occupe le trône de 860 à 891, les Serbes passent au christianisme (oriental). Pour repousser, ou pas, Bulgares et Hongrois, ils s’appuient sur Byzance. Le vieil empire en profite et, au Xe siècle, les Etats serbes centraux retombent dans son escarcelle. Les territoires situés à l’ouest de la Drina (actuelle Bosnie) continuent à jouir d’une relative autonomie ; au sud-ouest, la Dioclée (actuel Monténégro) louvoie un temps entre Grecs et Bulgares, puis rejoint le thème de Serbie dans l’orbite byzantine. Le XIe siècle voit décliner Byzance. Les Serbes reprennent leurs affaires en main, avec plusieurs fers au feu. On reconnait la suzeraineté de l’empereur oriental, mais on noue des liens avec Rome : en 1077, Mihailo Vojislavljevic se fait couronner roi des Slaves de Dioclée par le pape Grégoire VII. Mihailo, qui se dit lui-même roi des Serbes, n’en favorise pas pour autant le christianisme latin sur ses terres. Puis la Dioclée faiblit et la Serbie centrale réaffirme sa primauté. La vague byzantine revient au XIIe siècle, qui submerge un temps les Balkans. Pourtant, en 1185, Etienne Nemanja contraint Byzance à reconnaitre l’indépendance de la Serbie. L’un de ses fils, Stefan 1er Nemanjic, reçoit du pape Honorius III la couronne de roi de Serbie (1217). Saint Sava (un autre fils d’Etienne), fondateur de l’église serbe autocéphale, consacre son frère quatre ans plus tard selon le rite orthodoxe. Sous la dynastie des Nemanjic, la Serbie médiévale atteint son apogée ; elle contrôle le Kosovo et la Dioclée. Pendant le second XIVe siècle, l’empire ottoman vient contrarier ce bel essor : en 1389, la défaite serbe de Kosovo Polje (au « champ des merles ») clôt la période. Les déchirements turcs permettent encore la brillante résistance du despote Stefan Lazarevic (1374-1427), qui installe sa capitale à Belgrade, la « ville blanche », dont il fait un centre commercial et culturel important. Mais la puissance serbe décline inexorablement et, en 1459, le pays est intégré à l’empire ottoman. Les Turcs installent des garnisons et des percepteurs. Les Serbes eux se réfugient nombreux dans les montagnes ou fuient vers le nord (Krajina, Slavonie, Voïvodine). Ils tiendront les avant-postes de l’Autriche dans ses guerres contre la Sublime Porte. D’autres encore se convertissent à l’islam : il y a des opportunités de carrière dans l’administration de l’empire. Le devchirmé, système de réquisition de jeunes gens chrétiens à former et à convertir, permet au sultan de constituer d’importantes unités de janissaires et de disposer de hauts-fonctionnaires sûrs, dont certains auront rang de grand vizir. Dans les montagnes de Serbie, les haïdouks conjuguent brigandage de grand chemin et résistance à l’occupant. Les choses vont ainsi et au gré des conflits européens jusqu’aux grandes révoltes serbes de 1804-1813 et 1815, qui arrachent aux Ottomans la reconnaissance de l’autonomie d’une « principauté de Serbie ». Les tensions restent vives. La Russie intervient. La porte plie. La France romantique (Lamartine, Hugo…) s’enflamme pour la Serbie. Le Congrès de Berlin, qui rabote quelque peu les possessions turques, reconnait son indépendance (1878). De la principauté nait le royaume (1882). On se castagne un brin entre Obrenovic et Karageorgévitch. En 1903, un Saint-Cyrien, Pierre 1er (Pierre Karageorgévitch) monte sur le trône et dote le pays d’une constitution des plus avancées (écoles publiques, liberté de la presse, liberté syndicale…). Du coup, les Slaves de l’empire austro-hongrois louchent vers Belgrade. Au grand dam de Vienne. La guerre de Macédoine éclate en 1912, qui oppose une coalition menée par la Serbie et la Bulgarie à l’empire ottoman. Lequel recule. Les coalisés en viennent aux mains, seconde guerre balkanique, dont la Bulgarie fait les frais. On n’a pas le temps de souffler que commence la Première Guerre mondiale. Les puissances centrales envahissent la Serbie (1815). Il faut trois ans aux forces serbes, soutenues par les Alliés, pour libérer le pays. Entre les deux guerres, le Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes (1918) devient le Royaume de Yougoslavie (1929). L’influence française y suscite une centralisation grandissante au « profit » de Belgrade. Aux abords de la nouvelle guerre, on ménage la chèvre et le chou : neutralité dans le cadre du pacte tripartite (Italie, Allemagne, Japon). Tout cela vole en éclats en 1941. L’Allemagne envahit le pays (il faut aller donner un coup de main à Mussolini qui patauge en Grèce). En dehors de la Wehrmacht, les trois éléments majeurs de la période d’occupation en Serbie sont le gouvernement collaborateur de Milan Nedic (1878-1946), les partisans communistes et les Tchetniks royalistes de Draza Mihailovic (Armée yougoslave de la patrie). Ces derniers subissent le sort de beaucoup de résistants conservateurs : ils passent par profits et pertes. A la fin de la guerre, les communistes sont maîtres du jeu et mettent en selle une Yougoslavie fédérale et socialiste. Lorsqu’il meurt en 1980, Tito a arraché l’autonomie qu’il pouvait à la logique des blocs, mais n’a pu empêcher la fermentation nationaliste des composantes yougoslaves. En même temps que le communisme, la Yougoslavie se décompose. Avec pertes et fracas. En 1995, elle est réduite à la Serbie et au Monténégro. Et les Albanais de la province autonome du Kosovo réclament à leur tour l’indépendance. En 1999, le régime de Slobodan Milosevic (1941-2006) intervient brutalement contre l’UCK (Armée de libération du Kosovo) ; nouvelle guerre et Operation Allied Force de l’OTAN. L’année suivante Milosevic est renversé. En 2003, la Serbie-et-Monténégro remplace la Yougoslavie ; trois ans plus tard, le Monténégro devient à son tour une république indépendante. Le 17 février 2008, les nationalistes Kosovars rompent unilatéralement avec la Serbie, ce que refusent de reconnaitre les nationalistes serbes, ce sur quoi se partage la communauté internationale.

Politique

La République de Serbie est régie par la Constitution de 2006. Le président est élu au suffrage universel pour un mandat de 5 ans renouvelable une fois. Le pouvoir législatif est détenu par l’Assemblée nationale de la République de Serbie, une chambre à 250 députés élus pour 4 ans. Le premier ministre, chef de l’exécutif, est issu de la majorité parlementaire. Le pouvoir judiciaire est indépendant. Le multipartisme est respecté. Le processus d’intégration de la Serbie à l’Union Européenne est lancé : adhésion au Conseil de l’Europe en 2003, accord d’association en 2008 et candidature officielle en 2009.

Célébrité

Ivo Andric (1892-1975) était né dans une famille croate, mais il se disait serbe et situait ses livres en Bosnie. En fait, il était surtout yougoslave. Il est désormais la figure littéraire de mondes qui ont été ou qui auraient pu être, le remord du monde qui est. On lira La chronique de Travnik ou Le pont sur la Drina. Prix Nobel de littérature 1961. Emir Kusturica (né en 1954) est un cinéaste majeur (Le temps des gitans, Arizona Dream, Underground…) et une page d’histoire à lui seul : « musulman » de Bosnie, de nationalité Serbe, converti à l’orthodoxie et maire autoproclamé du village altermondialiste de Küstendorf dans les monts Zlatibor. Il est également l’un des piliers du No Smoking Orchestra. Mehmed Pacha Sokolovic (1506-1579) est né dans une famille serbe orthodoxe. Il fut envoyé en Turquie au titre du devchirmé et fit une remarquable carrière dans l’armée et l’administration impériale ; grand vizir des sultans Soliman le Magnifique, Selim II et Murad III. On lui doit le rétablissement du patriarcat serbe de Pec. Goran Bregovic est né à Sarajevo (1950), dans une famille serbo-croate. Ses musiques sont indissociables de certain films d’Emir Kusturica ou Patrice Chéreau. A la tête de l’Orchestre pour les mariages et les enterrements, il promeut avec flamme une musique « balkanique » à la fois savante et populaire, traditionnelle et contemporaine. Draza Mihailovic (1893-1946) était monarchiste, résistant, antifasciste et anticommuniste, il eut donc à peu près tout le monde sur le dos et Tito le fit exécuter avec la bénédiction des démocraties. On se débarrassait ainsi d’un passé réputé sans avenir. Voire… Novak Djokovic (né en 1987), tennisman, fut le premier Serbe à remporter un tournoi du Grand Chelem (Open d’Australie 2008) ; il continue depuis à bastonner sur les cours, à la grande satisfaction de ses compatriotes. Et au grand désagrément des Français, il faut bien le dire...

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service. Pour les chauffeurs, nous vous conseillons, au minimum, l´équivalent de 1,5 ou 2 euros par jour et par personne. Nous vous conseillons le double pour les guides. En ce qui concerne le personnel local (porteurs, serveurs…) les usages sont très variables. Le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie du lieu : le prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant. Attention ! les séquelles des conflits récents sont encore présentes ici et là ; la vallée de Presevo, par exemple, dans le sud du pays, n’est pas encore débarrassée de toutes les mines antipersonnel qui y ont été dispersées. On sera, dans tous les cas, attentif aux recommandations des autorités ou des populations locales.

Achat

Les eaux de vie sont des achats tout à fait classiques. A cela, on peut ajouter les salaisons, les confitures, le miel. L’artisanat fournit aussi de beaux objets de bois ou des céramiques, des broderies…

Cuisine

La cuisine serbe est un patchwork. Il y a le vieux fonds balkanique (chou, cochon, volailles, champignons, miel), puis les influences méditerranéennes (grecques, italiennes) et turques (les böreks, la sarma - feuille de chou farcie, le baklava, entre autres…), puis austro-hongroises (goulasch, Wiener Schnitzel, strudel, langos…), puis les formules mondialisées (hamburgers, pizzas, kebabs, soupes de nouilles…). Le « plat national » est la pljeskavica, le serbian burger, un mélange d’agneau et de bœuf grillé, servi dans du pain avec des oignons (les cevapcici, roulés de viande hachée, se pratiquent de la même façon). A cela, ajoutons la corba, soupe épaisse de viande et de légumes. Un peu partout dans le pays, on trouve une roborative charcuterie, assez souvent fumée. C’est que, dans l’ensemble, les Serbes sont carnivores : les plats de légumes accompagnent les viandes grillées, rôties, mijotées… Et on ne peut finir sans mentionner l’ajvar, une purée de poivrons rouges et d’ail, dont il est fait grand cas dans toute la région.

Boisson

Afin de parer à toute éventualité, on boira de l’eau minérale en bouteille. Ou de la bière (elle irrigue toute la république), du lait fermenté, des jus de fruit, des sodas… Les Serbes sont grands buveurs de café, servi à la manière turque : avec le marc dedans qu’il faut laisser descendre. Les vins sont solides et simples (Prokupac, Krstac, Vranac et le rare Krokan, sont des cépages locaux) ; à qualité égale, les blancs ont plus de tenue que les rouges. Les eaux de vie (rakija) de fruits (prune, pomme, abricot, cerise…) se boivent dès que les relations sociales l’imposent, c'est-à-dire souvent.

Utile

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