Italie

Tranches de vie napolitaine

Tranches de vie napolitaine

Bien des voyageurs ne connaissent de Naples que sa merveilleuse baie et ses îles synonymes de Dolce Vita. Pourtant cette ville unique mérite à elle seule le détour.

Naples a mauvaise presse. Etranglée par une réputation sulfureuse. On frémit devant les reportages sur la Camorra, on se pince le nez face aux images de montagnes d’ordures qui remplissent les rues. Pour finir, on préfère éviter cette métropole bouillonnante de 4 millions d’habitants et se presser vers la baie et ses îles, sublimes clichés. Dommage, car aux voyageurs qui osent, Naples réserve tout son or. Bien sûr, elle ne se livre pas facilement et il faudra dépasser ses premières impressions, aller au-delà des ruelles sombres et du tohu-bohu permanent, passer les façades pompéiennes décrépies et s’enfoncer dans un labyrinthe parfois inquiétant.  Alors seulement, la cité de la sirène Parthénope se laissera apprivoiser, dévoilant à travers son architecture et ses monuments, la richesse de son passé. grec, étrusque, romain, normand, anjou, aragon, bourbon : les règnes successifs ont laissé à la ville d’incroyables vestiges. Au dessus d’un théâtre romain : une église gothique devenue baroque. Eres et styles se superposent à la manière de cette fameuse tranche glacée qui n’a de napolitaine que le nom. Un délice multiculturel qui, à une époque, attirait artistes et intellectuels, faisant de Naples la plus grande capitale européenne.

Jolie façade de Naples

L’autre trésor de Naples est humain. Les Napolitains ont cette capacité à vivre chaque jour comme si c’était le dernier. Un épicurisme dicté par une menace permanente. Près de 2000 ans après la disparition sous les cendres de Pompéi et d’Herculanum, mais seulement trente après son dernier soubresaut, le Vésuve reste leur épée de Damoclès. Alors, pour conjurer le sort, il y a  les cornes, les piments, les photos de ses chers disparus à chaque coin de rue. Superstition, tradition païenne ou religieuse, métiers ancestraux : au final,  Naples tire de son passé une constante éruption de vie.

 

 

Les quartiers de Naples


Spaccanapoli

Cette artère antique fend littéralement la ville en deux et donne son nom au centre historique. Le découpage en damier date de l’époque gréco-romaine. A travers ce maillage on retrouve plus de 300 églises et palais. Ce quartier historique reste largement habité. 

 

Colline du Vomero

Dominant la ville, cette colline était jusqu’au XIXe siècle peuplé seulement de quelques fermes, de somptueuses villas et du Castel Sant’Emo. A partir de 1850, le percement de la via Tasso et du corso Vittorio Emanuele a contribué au développement d’un quartier résidentiel chic entouré de jardins.

 

Chiaia et Castel Nuevo

Contigu au centre historique, cette zone comprend d’imposants monuments historiques tel le Castel Nuevo et l’imposante galerie Umberto 1er. De l’autre coté de la piazza Trieste e Trento, se trouve le quartier chic de Chiaia dans lequel cohabitent boutiques de luxe, bonnes tables et petits artisans.

 

Front de mer

Coincée entre la colline et le golfe, la « route des vice-rois » invite à flâner entre l’agréable Riviera di Chiaia et ses villas cossues, le Castel dell’Ovo, témoin de nombreuses batailles historiques, les grands hôtels tel le Vesuvio, et le port de plaisance de Santa Lucia.

 

Scooter et ruelle typique de Naples

 

 

Les 9 bonnes raisons d’aimer Naples

 

Découvrir l’incroyable superposition de civilisations dans la basilique San Lorenzo Maggiore.

Respirer sur la colline de Capodimonte, et visiter le musée du Palais royal.

Rejoindre en vespa les collines de Posilippo et ses villas Art Nouveau.

Se promener dans le parc Virgiliano et profiter de la vue sur le golfe et ses îles.

Remonter le temps sur les champs Phlégréens.

Se baigner dans la crique cachée de la Gaïola.

Assister au miracle du sang, deux fois par an.

Fondre sous le goût de la mozzarella de Sorrente, d’un baba ou autres sfogliatelle.

Dîner au bord de l’eau à Marechiaro. 

 

Rue de Naples

 

 

Une ville, un auteur, un livre 

 

 « Le jour avant le bonheur », Erri De Luca, Gallimard, 2010

Le grand écrivain italien Erri de Luca a un parcours singulier.  Né en 1950 dans une famille bourgeoise de Naples, il renonce à une carrière de diplomate souhaitée par son père pour s’engager dans l’action politique, au sein du mouvement d’extrême-gauche Lotta Continua, dont il devient l’un des dirigeants. A partir de 1978, il choisit de travailler comme ouvrier chez  Fiat, où il participe à toutes les luttes ouvrières. Il sera également ouvrier dans le bâtiment en Italie et en France, en banlieue parisienne. Athée, il étudie l'hébreu pendant toute sa vie d’ouvrier, se levant chaque jour à 5 heures du matin, afin de mieux s'imprégner des textes sacrés de l'Ancien Testament avant sa journée de travail. Pendant la guerre en Bosnie-Herzégovine, il est chauffeur de camions dans des convois humanitaires destinés à la population bosniaque.

Détail d'un monument de Naples

Erri de Luca dit de ses différents romans qu’ils se ressemblent tous parce qu’ils ont tous pour personnage central la ville de Naples.

Son dernier livre, paru en 2010 est un récit initiatique, qui met en scène un gosse de 13 ans, orphelin, livré aux ruelles grouillantes du Naples de l’immédiate après-guerre. A travers le récit du parcours de ce jeune garçon,  Erri De Luca  nous livre une véritable déclaration d’amour à sa ville natale.

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Photographies

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