Japon

La naissance des sens, premiers pas au Japon

La naissance des sens, premiers pas au Japon

Un premier voyage au Japon passe par des étapes essentielles. Exercice dont le voyageur néophyte s’acquitte allègrement car c’est bien pour vérifier ses rêves : la démesure de Tokyo, l’influence culturelle de Kyoto et l’art de vivre japonais dans son ensemble, que l’on embarque vers cette destination.

Carte du japon ©Voyageurs du Monde

La réalité rattrape parfois l’imaginaire. Des dizaines d’années (en fait depuis ses premiers dessins animés aux héros ébouriffés) que l’on rêve de cette fourmilière futuriste, et soudain, on se tient au carrefour de Shibuya. Abasourdi par le ballet silencieux des milliers de piétons qui se croisent avec fluidité sous les écrans géants. Un peu plus tôt, premier choc sur la ligne Yamanote. Pas un mot plus haut que l’autre, pas un détritus. Les Tokyoites s’isolent en fermant les yeux, nous les ouvrons grands. Direction Harajuku, temple de la mode nipponne. Jeunes créateurs et grandes marques se disputent le pavé, Cat Street est leur laboratoire de street style. À l’entrée du parc Yoyogi, les adeptes du cosplay incarnent à la ville, les héros de leurs mangas. Nouvelle collision avec le virtuel. Plus loin, des danseurs de rockabilly s’échauffent. On les imagine en ouverture des JO de 2020. Pique-nique sur les pelouses, balade à la fraîcheur des allées coiffées de grands arbres, qui mènent au sanctuaire Meiji. Là, dans le jardin impérial, Tokyo redevient Edo. Le lendemain cette dérive vers le passé se poursuit dans le quartier d’Asakusa après un réveil iodé sur le marché de Tsukiji et avant de saluer le gigantesque mecha Gundam d’Odaiba, un robot de 18 mètres qui veille sur la ville.

 

PREMIER BAIN

À la vitre du train, le regard se perd dans un ciel pur, à la recherche du château de Miyazaki. Pas un nuage. Belle journée pour rejoindre Hakone, dans les Alpes Japonaises. Depuis le lac Ashi, le mont Fuji nous offre l’une de ses plus belles vues. Cône parfait, sorti d’un dessin d’enfant, il plonge son reflet dans l’eau. Lorsque plus tard on s‘apprête à son tour à glisser dans le bain de son premier onsen, l’art de vivre prend tout son sens.

©Jérôme Galland

L’esthétisme s’invite jusque dans les dizaines de petits plats, servis en chambre par l’hôtesse du ryokan. Cette ancienne résidence impériale éveille les sens. Saveurs de la table, vue sur le rotenburo (bain extérieur) taillé dans le roc, bruit léger d’une paroi en papier de riz, parfums d’encens, sensualité de l’eau et de la soie. Après une nuit sur futon, plus confortable qu’on ne l’imagine, le fil du rail reprend vers Takayama. La révérence des contrôleurs, l’échange avec son voisin sur le plaisir de voyager léger, les amuse-bouches des bentos, sont autant d’entractes à la lecture. On se replonge dans Kyoka Izumi et le Japon d’antan, sur les pas d’un moine bouddhiste. Avec ses toits de chaume pentus accrochés aux collines, Takayama ressemble étrangement aux villages imaginaires du roman. La « petite Kyoto » se découvre à vélo, du marché de Miyagawa aux rues pittoresques de San-machi Suji. Ce soir, on fond devant un steak d’Hida beef et trinque au saké, deux fiertés régionales.

 

KYOTO, L’AME DU PAYS

Malgré ses millions de visiteurs, l’ancienne capitale impériale ne se résume pas à sa carte postale. Kyoto surprend par sa capacité à mixer les époques. Dans la même journée, on passe d’un temple du XVIIe au phénoménal musée du manga ; croise une fashionista promenant son lapin et une maiko dans un karaoké. Pour autant, l’âme culturelle et esthétique du pays est omniprésente. Blottie à travers les machiya traditionnelles et les théâtres de Gion, elle resplendit dans chacun des temples et jardins bouddhistes, zen et shintoïstes (près de 2000 au total). Émotion particulière au sublime Temple des Mousses. Finalement, à la terrasse du Kyomizu-dera, suspendue au-dessus des érables rougissants, les lumières de la ville en toile de fond, on prend pleine mesure de l’attraction ancestrale de Kyoto.

Temple du Pavillon d'or - Kyoto - Japon

Temple du Pavillon d'or - Kyoto - Japon - ©Cyrus Cornut/Dolce Vita/Picturetank

 

FINAL SUR L’EAU

Au large d’Hiroshima, un autre Japon. Bercée par la calme mer intérieure de Seto, l’île de Miyajima se laisse aborder avec sérénité. Dans ce sanctuaire shintoïste, il est mal vu de naître ou de mourir… on s’en abstient donc, préférant profiter des sentiers de randonnées sous les érables cramoisis du temple Daisho-in et des cerfs shika du parc Momijidani qui gambadent en liberté, faisant vite oublier l’arrivée en ferry un peu trop téléguidée. En fin de journée, l’île retrouve son calme. Moment idéal pour observer l’iconique portail flottant, avant de rejoindre un ryokan centenaire. Osaka, terminus du voyage et autre visage. Moins organisée, plus décontractée, toujours ultra-sophistiquée. Une nouvelle réalité japonaise qui encore une fois, dépasse l’imaginaire.

©Ronan Guillou

 

DES IDÉES POUR PARTIR

LE JAPON ESSENTIEL

D’abord Tokyo, planète inimitable, que l’on prend le temps d’explorer avant de fi ler en train (la meilleure façon de voyager) vers les Alpes japonaises. Initiation à l’art du onsen et aux nuits en ryokan. Une belle introduction au berceau culturel du pays : Kyoto. On glisse alors vers la mer de Seto et l’île sanctuaire de Miyajima pour fi nir par l’originale Osaka. Un voyage essentiel.

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