En fait l’Uruguay c’est l’Europe australe. Voilà un petit pays, à l’aune des grands espaces d’Amérique du Sud, coincé entre les deux mastodontes que sont l’Argentine et le Brésil avec à peine trois millions d’habitants, un pays dont on ne parle que rarement et encore faut-il les frasques sympathiques de son ancien président. Un pays qu’on connaît peu. Et pourtant il gagne à être connu.

 

Rapidement résumé l’Uruguay ce sont des plaines à perte de vue, le plus haut sommet culmine à 500m, des troupeaux immenses, des plages grandioses, quelques villes coloniales, une capitale imitant Rome, Madrid et Paris. Qualifié de “Suisse“ localement l’Uruguay fait des envieux. Il n’y a qu’à voir le nombre d’Argentins qui y possèdent une résidence et profitent du moindre week-end pour franchir le rio de la Plata, venant goûter à la tranquillité, la sécurité et la bonhommie du voisin.

C’est un pays où près des deux tiers des habitants vivent dans l’agglomération de Montevideo. Le peuple s’est constitué par immigration d’Espagnols, d’Italiens, dans une moindre mesure de Français ; ajoutez quelques nations d’Europe de l’Est et des Levantins. Pas la trace d’un Amérindien : ils sont tous morts exterminés. Les trois derniers étaient exposés en 1830 au Jardin des Plantes à Paris où ils sont décédés ! Pas de Noirs non plus, car l’esclavage n’a pas sévi dans le pays. Peuple sympathique, les Uruguayens sourient volontiers. Chaleureux comme peuvent l’être les Latins, éduqués, le niveau scolaire est élevé, grandes écoles et universités réputées, avec un environnement artistique important et audacieux voici des gens qui méritent le détour. Ici on a gardé la coutume italienne des titres. Pour peu que vous ayez l’air éduqué –lire le journal suffit- on vous donnera du Doctor, les instits auront le droit à un respectueux Profesor et es scientifiques -déboguer un PC suffit- à Ingeniero. Affirmez rapidement que vous êtes français et vous ne serez pas confondu avec un Gringo dont les sbires de la CIA ont laissé un souvenir mitigé, c’est un euphémisme. Le pays est une démocratie. Les femmes votent depuis 1927 (France: 1944), les droits sociaux sont élevés. On boit l’eau du robinet sauf à la campagne. Le climat est tempéré ce qui sous-entend de rares coups de froid en hiver austral, jamais de gel ou de neige. En été on peut étouffer pour autant la température moyenne annuelle est autour de 25°. Il n’y a pas de souci pour obtenir de l’argent, les distributeurs de billets sont partout en ville. Rouler en Uruguay ne pose pas de problèmes à partir du moment où l’on a intégré la notion de latinité dans la conduite, parfois virile mais correcte. Comme au rugby très populaire localement mais moins que le foot le sport roi. L’ennemi juré de la Celeste étant l’Argentine voisine. Les riches pratiquent le polo, la classe moyenne les sports nautiques. Il faut du sport pour éliminer les steaks gargantuesques que tout le monde ingurgite à tout bout de champ. La portion va chercher dans les 1kg… par personne. Il y a bien du poisson mais ce n’est pas dans les mœurs. À preuve les droits de pêche ont été concédés moyennant finances aux Coréens. Ascendance italienne oblige on mange aussi des pâtes souvent délicieuses. Quant aux desserts ils sont sucrés de chez sucré, essayez quand même le Dulce de leche. Buvez un bon maté qu’on sert avec soin dans une calebasse. Pensez à dire “merci“ sans quoi on vous en resservira constamment. La boisson nationale est la bière et la grappa, Italie encore. Le pays produit du vin mais laissons aux voisins chiliens et argentins la primauté. Vous l’avez compris : voici un pays intéressant, agréable dont l’atout majeur est une grande civilité. Il y fait bon vivre. Cela valait bien que vous traversiez l’Atlantique Sud.

Très beau voyage !