Population

5 410 371 habitants (2008).

Langue officielle

Le slovaque (une langue slave, que l‘on écrit avec l’alphabet latin).

Langue parlée

85% des habitants ont le slovaque pour langue maternelle. La forte minorité hongroise parle sa langue, à laquelle elle voudrait voir accorder un statut de co-officialité. Parmi les langues parlées en Slovaquie, citons le tchèque (1% de locuteurs, mais tous les Slovaques comprennent la langue du frère-ennemi), le ruthène (1%), le romani, l’allemand, le yiddish…

Peuple

Selon le recensement de 1991, les Slovaques représentent 85,7% des habitants, puis viennent les Hongrois (10,6%), les Tsiganes (2,6% - dans l’est surtout), les Tchèques (1,1%), les Ruthènes (0,3% - au nord-est)… Les Hongrois sont installés le long de la frontière sud du pays. L’indépendance de la Slovaquie leur a donné un poids nouveau, qu’ils entendent traduire dans les faits administratifs et politiques. Jusqu’ici, la question a été traitée avec un certain doigté par les autorités (l’attitude de la Hongrie et celle de l’Union Européenne seront toutefois déterminantes dans la gestion à long terme de cette question).

Réligion

Très majoritaires (68,9%) sont les catholiques. Il y a d’ailleurs dans le pays un « climat » catholique, un peu comme en Pologne. A cela, on peut ajouter encore 4,1% de gréco-catholiques (les uniates) et une pincée d’orthodoxes. Les protestants luthériens sont 6,9% et les calvinistes, autour de 2%. 2 000 juifs environ témoignent encore de la longue histoire du judaïsme dans le pays.

Fête Nationale

1er septembre : jour de la Constitution.

Calendrier des Fêtes

1er janvier : Jour de l’an ; naissance de la République. Mars ou avril : Pâques. 1er mai : fête du Travail. 8 mai : fête de la Victoire sur le nazisme. 5 juillet : jour de saints Cyrille et Méthode. 29 août : jour anniversaire du soulèvement national de 1944. 1er septembre : fête nationale. 15 septembre : fête de Notre-Dame des Sept Douleurs. 1er novembre : Toussaint. 17 novembre : jour de la lutte pour la Liberté et la Démocratie. 24 au 26 décembre : Noël.

Histoire

Les Celtes furent les premiers à frapper monnaie dans la région (un point de départ qui en vaut un autre). C’était au IIe siècle avant JC. Et puis ils étaient installés pas loin de Bratislava. Avant, c’était la préhistoire européenne, dont les traces sont nombreuses en Slovaquie. Au premier siècle, les Celtes sont pris en tenaille entre les Germains et les Romains. Exit. La suite se joue autour du Danube et du limes, où Marcomans, Quades, Daces, Vandales commercent ou échangent des horions avec les Romains. Aux IVe et Ve siècles, les Grandes Invasions amènent de nouveaux peuples dans le coin. Les Huns d’Attila, en particulier, dans les années 440. Et puis, au début du VIe siècle, les Gépides, les Lombards, les Slaves, les Avars… Ces derniers prennent les choses en main et vont dominer les débats jusqu’à la fin du VIIIe siècle. Le royaume slave du marchand franc Samo ne fut qu’un intermède (623-658). En 791, les Francs de Charlemagne, épaulés de Bavarois et de Lombards, attaquent les Avars, qui sont soumis ou exterminés en quinze ans. Les Slaves s’ébrouent, la Grande-Moravie leur donne une première expression politique solide. Le christianisme est adopté pendant cette période. Mais, voilà les Hongrois/Magyars, qui s’établissent dans le bassin du Danube (Xe siècle). Au siècle suivant, la Slovaquie actuelle appartient au royaume de Hongrie. Ce qui n’empêche pas les convoitises polonaises de se faire jour à travers les Carpates. Les Tatars viennent en visite de meurtre et de pillage en 1241. 1467, le roi Matthias Corvin crée une université à Bratislava. Entre 1490 et 1526, deux rois Jagellon réunissent les couronnes de Bohême et de Hongrie. Le second, Louis, a épousé Marie de Habsbourg ; lorsqu’il est tué à la bataille de Mohacs, ses couronnes passent à sa belle famille. Pendant l’occupation de la Hongrie par les Ottomans (chute de Buda en 1541), la Slovaquie/Haute-Hongrie est le bastion de la résistance. Bratislava a rang de capitale, où sont sacrés les rois hongrois. Et les Slovaques ? Ils suivent le mouvement, sous la domination de seigneurs hongrois. Bien obligés. Au terme de la domination turque (fin du XVIIe siècle), les Habsbourg tiennent les rênes. Au cours des deux siècles suivants, la Hongrie connait un double mouvement : les Hongrois cherchent à secouer la tutelle autrichienne et les Slovaques, la tutelle hongroise. Ces derniers deviennent donc des alliés objectifs de l’Autriche (1848) et subissent une magyarisation rigoureuse. Lors de la réorganisation de l’empire et de la création de la double monarchie (1867), ils seront mal payés de retour : maintenus dans la Hongrie. Dans l’ensemble, d’ailleurs, les Slaves s’estiment lésés par l’arrangement austro-hongrois et les Slovaques se rapprochent des Tchèques. En 1847, Ludovit Stur (1815-1856), la grande figure du patriotisme romantique slovaque, propose une codification de la langue qui trouve grâce tant auprès des catholiques que des luthériens. Le destin des empires verse les peuples dans la guerre. A la fin du premier conflit mondial, l’empire danubien se décompose. La Tchécoslovaquie est créée avec la Bohême-Moravie et la Slovaquie. Mariage de la carpe et du lapin diront certains. Mariage de raison diront d’autres. Disons que la nouvelle république répondait à une certaine logique (qui donnait au même moment la Yougoslavie). Il n’en demeure pas moins qu’un net déséquilibre existait entre des pays tchèques industrialisés et un pays slovaque à l’agriculture encore traditionnelle, entre des pays tchèques au statut religieux des plus flou et un pays slovaque très catholique, entre des pays tchèques regardant à l’ouest et un pays slovaque ne sachant trop où regarder… L’administration tchécoslovaque fut rapidement perçue comme tchèque et abusive par beaucoup de Slovaques. Peut-être était-ce le prix à payer pour la modernisation. Toujours est-il que les accords de Munich (septembre 1938) sonnent le glas de la Tchécoslovaquie première formule. Le pays se rompt sous la poussée allemande : en mars 1939, une République slovaque voit le jour sous l’aile allemande, avec à sa tête le prêtre catholique nationaliste Jozef Tiso (1887-1947). Pendant la crise, la Hongrie s’est servie au sud et à l’est (Hitler ne s’est pas fait faute de menacer les Slovaques de les abandonner à Miklos Horty). Le paradoxe de cette période est que l’Allemagne nazie aura sans doute été plus exigeante avec la Slovaquie autonome qu’avec les pays tchèques sous protectorat. Conséquence d’un mauvais ou impossible choix. En revanche, les pressions du Vatican sur le gouvernement slovaque ont sans doute permis que les juifs de Slovaquie ne soient pas complètement anéantis. A la fin de la guerre, la Tchécoslovaquie est reconstituée, amputée de la Ruthénie par Staline. L’année 48 voit les communistes prendre le pouvoir. Les problèmes tchéco-slovaques réapparaissent dans un contexte nouveau. Les années cinquante sont austères, les années soixante se terminent tragiquement (écrasement du Printemps de Prague en 1968), les années soixante-dix et quatre-vingt sont marquées par la démoralisation et les petits trafics. Pendant toutes ces années, comme en Pologne, l’église catholique est le pôle de ralliement des sentiments nationaux et des espoirs de changement. Lorsque s’effondre le système soviétique (1989), Slovaques et Tchèques se regardent en chiens de faïence. Mais on sait que la partition du pays répond, autant que sa constitution en 1918, à une logique des temps. Et les choses se passent sans casse. La Slovaquie accède à l’indépendance le 1er janvier 1993. Onze ans plus tard, elle est membre de l’OTAN et de l’Union Européenne.

Politique

La République slovaque (Slovenska Republika) est une république parlementaire régie par la Constitution de 1992. Le président est chef de l’Etat, élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Ses pouvoirs sont restreints. Il nomme le premier ministre (majorité parlementaire), puis les membres du gouvernement, sur proposition du premier ministre. Celui-ci est le véritable chef de l’exécutif. Le pouvoir législatif est assumé par le parlement (Narodna Rada Slovenskej Republiky, ou Conseil national de la République slovaque), monocaméral, à 150 membres élus pour quatre ans à la proportionnelle. La Cour suprême couronne l’appareil judiciaire ; la Cour constitutionnelle veille à la constitutionnalité des lois.

Célébrité

Milan Rastislav Stefanik (1880-1919) fut l’un des meilleurs esprits du tchécoslovaquisme. Astronome, voyageur, diplomate, aviateur, créateur du service météo de l’armée française pendant la Première Guerre mondiale, ministre de la Guerre du premier gouvernement tchécoslovaque, il est le pendant slovaque et francophile de Thomas G. Masaryk, tchèque et anglophile. Alexandre Dubcek (1921-1992). Le Premier Secrétaire du PC tchécoslovaque du Printemps de Prague était slovaque. Pour lui apprendre à propager l’hérésie du socialisme à visage humain, son successeur, Gustav Husak (1913-1991), tout aussi slovaque, l’envoie balayer les feuilles mortes à Bratislava. En 1989, Vaclav Havel ramène Dubcek à Prague et le Parti, décidément ingrat, exclut Husak. Andrew Warhola (1928-1987). Si Andy Warhol se rendait régulièrement à l’église uniate de son quartier, c’est qu’il renouait là avec les racines familiales. Il était né à Pittsburgh, mais ses parents eux avaient vu le jour à Mikova en Ruthénie slovaque. Et d’ailleurs, en y regardant bien, il y a quelque chose de ça disséminé dans son œuvre. Cristina Adriana Sklenarikova (né en 1971). Dame Adriana est née en Slovaquie de parents tchéco-slovaques. Elle a les plus longues jambes du milieu de la mode (1,26 m), elle a également à son actif certaines campagnes Wonderbra et une tête bien faite par-dessus. Elle eut aussi un mari, Christian Karembeu. Juraj Janosik (1688-1713) fut une espèce de Mandrin slovaque, dont le réveil national du XIXe siècle fit un héros. Il est désormais paré des toutes les vertus chevaleresques, d’une fibre sociale à la Robin des Bois et d’un patriotisme en acier trempé. C’est l’une des ces figures dont la plasticité idéologique se joue des régimes et dont le flambeau se rallume à chaque tempête. Michal Martikan (né en 1979) est un céiste slalomeur, et un bon ! Deux titres olympiques, quatre titres de champion du monde et deux de champion d’Europe. On vous épargne les médailles d’argent et de bronze. Ce garçon turbulent est un héros de son pays. Un céiste ? C’est quelqu’un qui pratique le canoë-kayak.

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service. Pour les chauffeurs, nous vous conseillons, au minimum, l´équivalent de 1,5 ou 2 euros par jour et par personne. Nous vous conseillons le double pour les guides. En ce qui concerne le personnel local (porteurs, serveurs…) les usages sont très variables. Le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie du lieu : le prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant. Attention ! dans certains restaurants, l’eau, le pain et, parfois, les couverts sont payants et peuvent alourdir la note si l’on n’y prend garde. Lorsque le service n’est pas inclus, un pourboire de 5 à 10% du montant de l’addition est dans la norme.

Achat

La céramique à motifs colorés peut être ravissante, les broderies aussi. La forêt fournit la matière première de beaucoup d’objets et de statuettes : des crèches, le crpak (pot à boire), la valaska, tout à la fois hache et bâton de marche... La vannerie a encore de très bons artisans. Et puis, les alcools, les vins, les charcuteries…

Cuisine

Bryndzove halusky peut être considéré comme le plat national, c’est une préparation de petits gnocchis, de fromage de brebis (bryndza) et de lard : ça tient au corps. On peut ajouter à cela les galettes de pomme de terre (placky) et la soupe au chou de Noël (kapustnica), à laquelle on ajoute du lard et des charcuteries fumées. Le goulasch et le paprika ont également une place importante sur la table de l’ancienne Haute-Hongrie. L’été, les poivrons, frais et piquants, sont délicieux avec du pain et de la charcuterie.

Boisson

L’eau du robinet est théoriquement potable mais, pour éviter tout tracas, on boira de l’eau minérale en bouteille. Ou du thé. On trouve aussi partout de la bière et des sodas. L’essentiel des vignobles occupe la partie sud-ouest du pays. On y produit surtout des vins blancs (cépages Valtelin vert, Riesling italien, Müller-Thurgau…) ; quelques rouges cependant (cépages Frankovka, Svatovavrinecke…). La frange septentrionale du vignoble de Tokaj se trouve en Slovaquie, on fait donc là des vins blancs liquoreux (qui sont commercialisés sous le nom de Tokaj dans l’Union européenne par la Hongrie). Mais, si les Tchèques de Bohême sont des buveurs de bière, les Moraves et les Hongrois, des buveurs de vin, les Slovaques sont surtout des buveurs d’alcools forts, aux premiers rangs desquels slivovica (l’alcool de prune) et borovicka (l’alcool « de pin », de genévrier, en fait).

Utile

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