Population

10 446 157 habitants (2008).

Langue officielle

Le tchèque. C’est une langue slave, qui s’écrit avec l’alphabet latin.

Langue parlée

Le tchèque, à 95,8%. Un peu de slovaque (2,3%) et le reste est résiduel : polonais, allemand, tzigane… L’anglais a le vent en poupe depuis 1989, mais la pratique de l’allemand (comme langue « étrangère ») reste solide. On ne peut pas en dire autant du français…

Peuple

Les Tchèques sont donc à peu près 95% de la population (la Moravie a ses particularismes, mais on y parle le tchèque, et même le meilleur tchèque, au dire de certains). Les Tziganes seraient entre 250 et 300 000 (autour de 2,5%). Laissés pour compte du nouveau cours, en bute à l’hostilité de leurs compatriotes, ils constituent une importante marginalité. Une communauté immigrée récente fait son trou : les Vietnamiens sont arrivés dans le cadre des échanges entre pays socialistes ; ils se sont installés et font fonction d’ « arabe du coin » dans de nombreux quartiers.

Réligion

Pris dans leur ensemble, les Tchèques sont peu religieux : plus de 40% d’entre eux se déclareraient athées. Cela est peut-être dû à l’histoire heurtée du christianisme en Bohême et en Moravie. Les catholiques sont la première communauté religieuse du pays (40%). Les protestants viennent ensuite (Eglise évangélique des Frères tchèques, Eglise tchécoslovaque hussite, Eglise baptiste, Eglise pentecôtiste…). Deux figures dominent les représentations religieuses en République Tchèque : Jean Népomucène et Jan Hus. Le premier est le saint de la contreréforme catholique, bien qu’il ait vécu au XIVe siècle ; on trouve sa statue sur un grand nombre de ponts (dont il est le protecteur). Le XIXe siècle a identifié la figure du second à celle de la nation tchèque, opprimée par les Habsbourg catholiques. Le judaïsme a énormément souffert de la Seconde Guerre mondiale, puis du communisme ; aujourd’hui, des organisations américaines essaient de lui rendre un peu de souffle.

Fête Nationale

28 octobre : anniversaire de la naissance de l'Etat tchécoslovaque, en 1918.

Calendrier des Fêtes

1er janvier : Jour de l’an. Mars - avril : Pâques. 1er mai : Fête du travail. 8 mai : anniversaire de la libération (1945). 5 juillet : Fête des saints Cyrille et Méthode. 6 juillet : anniversaire de la mort de Jan Hus (1415). 28 septembre : Fête de l'Etat tchèque. 17 novembre : Fête de la lutte pour la liberté et la démocratie (1989). 25 décembre : Noël (les 24, 25 et 26 sont chômés).

Histoire

Au VIIe siècle, la prophétesse Libuse installe les Tchèques dans une boucle de la Vltava et leur donne un souverain, le laboureur Premysl (ancêtre légendaire de la dynastie des Premyslides). Les émissaires de Libuse auraient découvert le paysan taillant un seuil - prah - à sa maison. De là viendrait le nom de Prague (Praha). Le choix de Premysl était judicieux : ses descendants règneront jusqu´au XIVe siècle, ayant, chemin faisant, transformé les Tchèques en Européens : romains romans, paysans et bagarreurs. Entre temps, la Grande-Moravie aura fleuri et se sera fanée. Le christianisme d’inspiration byzantine de Cyrille et Méthode aura été remplacé par le christianisme romain des évêques bavarois. Les princes tchèques auront facilité l’installation de marchands et de paysans allemands. 935 : assassinat du roi Venceslas par son frère Boleslav. La Bohême y gagne un saint patron (la victime) et un roi très capable, qui parachève l´édification de l´Etat (l´assassin). Passage de témoin en 1310 : les Luxembourg remplacent les Premyslides. 1346-1378 : règne francophile de Charles IV (fils de Jean de Luxembourg et de la dernière princesse premyslide), roi et empereur. Grandes réalisations gothiques, dont la cathédrale Saint-Guy ; le pont « Charles » est terminé à temps pour qu´y passe le catafalque du roi... Prague est alors la capitale du Saint-Empire (romain et germanique, l´héritage de Charlemagne) et le roi de Bohême, premier des électeurs laïcs à l´Empire (Bulle d´or de 1356), est un cador. La situation se dégrade sous le règne de son fils, Venceslas IV (1378-1419). Jan Nepomucky (Jean Népomucène), chanoine de Vysehrad est martyrisé en 1393 (il sera canonisé en 1729). Neuf ans plus tard, maître Jan Hus (1371-1415) commence à prêcher à la chapelle de Bethléem, dans la nouvelle ville de Prague. Ses prédications, qui mêlent réforme morale et thèses aventureuses sur l’eucharistie et l´Eglise, mobilisent les foules et une partie du clergé. Il se montre également un défenseur ardent de la langue tchèque. Les désordres que suscite la dénonciation de la simonie du clergé de Prague mettent Hus dans une position difficile. Il est invité à défendre ses thèses devant le Concile de Constance (1414-1418). Le 6 juillet 1415, Hus est brûlé sur le bûcher. Les affaires tchèques ont été expédiées en hors-d´œuvre par les pères conciliaires, surtout préoccupés de rétablir l´unité de la papauté. Les Tchèques voient désormais en Hus un héros national, dont le destin emblématique se précisera au cours du XIXe siècle. A la suite de son supplice, les guerres « hussites » ravagent la Bohême (jusqu’en 1435). Mélange de revendications religieuses (dans l´esprit du cercle de Hus) et sociales, l´idéologie hussite trouve en Jan Zizka son bras armé et maints succès militaires (il faut dire que le bon Jan avait appris le métier en cassant du Balte en Lituanie avec les Teutoniques). Les guerres ruinent les nantis et lassent le peuple : une alliance entre les catholiques et les hussites modérés y met fin. Suit une paix religieuse de compromis : les Compactats de Bâle de 1436 manifestent un utraquisme (il s´agit de la communion sous les deux espèces, symbole des revendications hussites) tempéré. Le règne (1458-1471) du roi utraquiste Georges Podebrad rétablit l´autorité royale. La dynastie des Jagellon prend la suite, mais, en 1526, le roi Louis Jagellon est tué à la bataille de Mohacs contre les Turcs. La couronne de Bohême passe alors aux Habsbourg d’Autriche, qui la conserveront jusqu’en 1918. La cour mi-lumières mi-ombres de Rodolphe II (1576-1611) est installée à Prague, elle mélange alchimistes et astronomes, génies et aigrefins. L´empereur constitue d´immenses collections d´art et d’histoire naturelle, qui font l´étonnement du temps et seront dispersées pendant la Guerre de Trente ans. L´œuvre politique de Rodolphe n´est pas sans intérêt, elle culmine dans la publication de la Lettre de majesté pour la liberté religieuse du 9 juillet 1609 ; on peut y voir une espèce de pendant à l´Edit de Nantes. C´est sous ce règne que se déroule l´épisode du Golem. Le 23 mai 1618, des lieutenants gouverneurs catholiques sont passés par les fenêtres du château de Prague par un parti protestant, c´est la défenestration et le début de la Guerre de Trente ans. Depuis le règne de Rodolphe, les querelles religieuses s´étaient envenimées et doublées de considérations politiques et nationales. La situation entre les Etats de Bohême et les Habsbourg était dégradée et tout était prêt pour une nouvelle guerre religieuse. 1619 : Ferdinand II de Habsbourg est détrôné par les Etats au profit de Frédéric de Palatinat. On se met en campagne. Les troupes des Etats de Bohême sont battues par les impériaux à la Montagne Blanche, non loin de Prague, le 8 novembre 1620. Fuite de Frédéric. Reprise et intensification de la reconquête catholique de la Bohême. Le XIXe siècle fera de cette défaite l´un des symboles de l´humiliation tchèque ; cette thèse sera défendue en France par le grand historien Ernest Denis. Lorsqu’en 1648 les Traités de Westphalie mettent fin à la guerre, les Etats de la couronne de Bohême ont bien fourni aux étals de cette grande boucherie. C´est le siècle de Jan Amos Komensky (1592-1670), théologien, philosophe, pédagogue, évêque de l´Union des frères (Frères moraves, confession rigoriste issue du hussitisme). L´une des grandes figures de l´humanisme tchèque. Le XVIIIe siècle est la pleine période de développement et d´apogée de l´art baroque. La figure actuelle de Prague se compose dans une large mesure à cette époque. Contrairement à la légende noire de la « nuit baroque », les Tchèques ont participé activement et à tous les niveaux à la vie de la société du temps et la renaissance de la culture tchèque du XIXe siècle pousse de profondes racines dans ce terreau. On se sent Bohême, que l´on soit tchèque ou allemand. Même si le pouvoir est à Vienne, la Bohême est de plain pied dans la civilisation européenne. Assez logiquement suit l’époque des Eveilleurs et de la renaissance nationale tchèque : de 1791 (Manifeste pour les droits de la langue tchèque, de Josef Dobrovsky) à 1848 (traduction tchèque de L´histoire de la Bohême, de Frantisek Palacky), efforts de réhabilitation de l´histoire et de la culture tchèques. L´idée Bohême commence à se défaire, laissant la place à des idéaux nationaux issus de la Révolution française et du romantisme. Le XIXe siècle est le siècle de l´histoire et chaque nation fait assaut de légitimité historique. Les Tchèques se sentent tenus au second rang par les Allemands et entreprennent de regagner le terrain perdu, entre panslavisme et tentation occidentale. Les grandes figures sont adaptées au goût du jour par les différentes sensibilités : Jean Népomucène, Jan Hus, Jan Zizka trouvent les formes sous lesquelles nous les connaissons aujourd´hui. Le Musée national (en haut de Vaclavske namesti) devient le symbole et le centre de la renaissance. Qui trouvera une illustration musicale tout au long du siècle, de Smetana (1824-1884) à Dvorak (1841-1904) et Janacek (1854-1928). Industrialisation de la Bohême et de la Moravie. Si l’aventure napoléonienne (la bataille d’Austerlitz eut lieu en Moravie) n’a pas ébranlé les Tchèques, la mise en place, en 1867, du régime de double monarchie (Autriche et Hongrie) suscitera de profondes frustrations parmi eux, le système n´offrant aucune ouverture au volet politique de la renaissance nationale. Les relations entre Tchèques, Autrichiens et Allemands vont en se dégradant. En revanche des liens sont noués entre nationalistes tchèques et slovaques, qui aboutiront, après bien des péripéties, à l´idée de Tchécoslovaquie. Le XXe siècle commence avec la Guerre de 14, à laquelle les Tchèques participent dans les deux camps : dans l´armée austro–hongroise (cadre des aventures grotesques et prophétiques du Brave soldat Svejk, de Jaroslav Hasek) et dans les armées françaises et russes (les légions nationales tchèques). La fin de la guerre voit le démantèlement de l´Empire austro-hongrois et la naissance, le 28 octobre 1918, de la Première République tchécoslovaque, avec Tomas Masaryk (1850-1937) pour président. La Première République est un âge d´or, qui symbolise l´esprit d´entreprise et de modernité des Tchèques. Prague est alors une capitale éruptive, qui secoue ses vieilles pierres avec véhémence à l´appel des mouvements d´avant-garde. Dans le domaine industriel, Bata (les chaussures !) jette les bases du marketing moderne, Skoda (mécanique) n´a rien à envier à ses concurrents allemands ou français. Mais ces réussites réelles masquent les faiblesses politiques et les déséquilibres sociaux de la jeune république ; le parti communiste y est le plus puissant de l´Europe centrale et la question allemande demeure (même si les services nazis devront œuvrer longtemps pour faire basculer les Sudètes dans leur camp). La faiblesse politique des démocraties est générale et dénouera vite les alliances bien intentionnées. 30 septembre 1938, accords de Munich, la Tchécoslovaquie est abandonnée par ses alliés français et anglais. Ensuite, les choses vont vite : le 14 mars 1939, la Slovaquie fait sécession ; le 15, les troupes allemandes entrent en Bohême ; le 16, un décret d’Hitler institue le protectorat de Bohême-Moravie. La période d´occupation est paradoxale. Le sort des Tchèques est bien meilleur que celui des Polonais par exemple, les ouvriers qualifiés tchèques et leurs usines ayant une importance cruciale pour le Reich. Cependant la résistance existe et mène quelques actions d´éclat en lien avec le gouvernement en exil à Londres : assassinat de Heydrich. La réaction allemande sera impitoyable (dévastation de Lidice). Le judaïsme du protectorat est presque entièrement liquidé. Prague est libérée par les soviétiques en 1945, les Sherman de Patton se sont arrêtés dans la région de Pilsen en respect des accords de Yalta ; la Tchécoslovaquie est reformée. Trois ans plus tard, après avoir truqué par habitude des élections qu´il avait gagnées régulièrement, le parti communiste s´installe au pouvoir dans le fauteuil que lui tendent les services spécialisés de l´URSS. Staline sourit aux peuples et la meilleure pâtisserie de Prague ferme. Les années cinquante sont une période difficile et brutale pour de larges portions de la population à « profils sociaux » inadéquats. Les Allemands ont été expulsés (2,6 millions, entre 1945 et 1947). Cette expulsion, jointe à la disparition des communautés juives, a marqué la fin de la Bohême-Moravie historique, que remplace ce que l´on peut appeler une « Tchéquie ». Mais l´heure est au socialisme réel. La déstalinisation sera longue à se faire sentir (les procès d´épuration n´ont pas laissé beaucoup de solutions alternatives), pourtant, le moment venu, elle sera radicale et menacera d´emporter le système ; cette période de « socialisme à visage humain », dont Alexander Dubcek (1921-1992) est la figure, amènera le Printemps à Prague. Le 21 août 1968, les armées du Pacte de Varsovie envahissent la Tchécoslovaquie. Ni l’Union Soviétique, ni l’ « Ouest », au fond, ne voulaient de ce socialisme-là. Suit une période de normalisation et de démoralisation de presque tous les secteurs de la société (communistes compris). C´est le brejnévisme à visage à peu près humain : dépression et trafics en tous genres. Un éclair : le 15 mars 1969, la Tchécoslovaquie bat l´URSS au championnat du monde de hockey sur glace ; la foule envahit les rues de Prague, le poids symbolique de cette victoire est considérable. La Charte 77 (1977) sera un mouvement de résistance civique. Les figures de proue en sont Vaclav Havel (né en 1936) et le philosophe Jan Patocka (1907-1977), qui succombera à un interrogatoire de la police d´Etat. En 1989, la Révolution de velours voit s’effondrer le régime communiste. 1er janvier 1993, fin de la République fédérative tchécoslovaque. Naissance de la République Tchèque (Vaclav Havel président, réélu en 1998 ; depuis 2003, Vaclav Klaus président). Le pays est devenu membre de l’Otan le 12 mars 1999 et membre de l’Union Européenne, le 1er mai 2004.

Politique

République parlementaire à deux chambres : la Chambre des députés (200 membres, élus pour 4 ans) et le Sénat (81 membres, élus pour 6 ans). Le premier ministre et son gouvernement sont responsables devant le Parlement. Le Président, dont la fonction est surtout honorifique et morale, est élu par le Parlement pour un mandat de 5 ans, renouvelable une fois.

Célébrité

Karel Gott (né en 1939) : la « voix d’or de Prague » et immortel créateur de Maya l’abeille a tout chanté, en tchèque et en allemand, depuis quarante ans. Les ménagères de Prague, de Karl-Marx-Stadt ou de Mannheim lui en savent gré. Mais pas seules. Car on a du style ou on n’en a pas. Et Gott a du style. Jan Zelezny (né en 1966) : il a donné une dimension épique à une discipline austère, le lancer du javelot. Trois titres olympiques, trois titres mondiaux et le record du monde (98,48 m). A classer entre Emil Zatopek et Dominik Hasek. Olga Havlova, née Splichalova (1933-1996) : la femme au côté de Vaclav Havel (1936-2011) pendant les années grises. C’est Olga qui faisait le lien entre le rejeton de la bourgeoisie pragoise, poursuivi par la police d’Etat, et le peuple tchèque. Elle en était le garant. Marie Jana Korbelova (née en 1937) : Madeleine Albright. On n’est pas peu fier, au pays, que la fille d’un diplomate tchèque, émigré en 1948, soit devenue la première femme Secrétaire d’Etat aux USA. « Madlenka » a fait la politique étrangère de Jimmy Carter et Bill Clinton. Franz Kafka (1883-1924) : en dehors d’une exploitation commerciale sans scrupule et de pas mal de malentendus, il ne reste pas grand-chose de la Prague de Kafka. Une « république tchèque » eut été pour lui un cauchemar de plus. Josef Svejk (né autour de 1920). Le héros des Aventures du brave soldat Svejk de Jaroslav Hasek (1883-1923) a été élevé au rang de symbole de l’âme populaire tchèque. A cela ont bien contribué les illustrations que Josef Lada (1887-1957) a données pour le roman. La Panenka. C’est au milieu de terrain des Bohemians de Prague Antonin Panenka (né en 1948) que l’on doit cette façon de tirer les penalties, qui s’apparente un peu à la tactique de Sun Tzu : brouiller l’information et profiter, sans épuiser ses forces, de l’élan fourvoyé de l’adversaire. Du football subtil.

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service. Pour les chauffeurs, nous vous conseillons l´équivalent de 5 euros par jour et par personne (transferts, de 1 à 3 euros). Nous vous conseillons le double pour les guides. Au restaurant, 10 à 15% du montant de l’addition sont dans la norme. En règle générale, le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie locale : les prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant. Les Tchèques ne sont pas très démonstratifs, aussi pas de grandes embrassades, on se serre la main sobrement. Lorsque l’on est invité, il est d’usage d’apporter un petit cadeau. On laisse fréquemment ses chaussures dans l’entrée, pour utiliser des chaussons mis à disposition. Une certaine courtoisie à l’égard de la gent féminine est encore de mise : tenir la porte, laisser sa place, aider à mettre un manteau… Ce qui n’est pas contradictoire avec un machisme éhonté, dès que monsieur est assis dans son canapé, la bière à la main. Les Tchèques s’habillent pour aller au spectacle ; des hôtes seraient embêtés d’avoir à vous y emmener en jean... Les repas sont pris tôt. Dans certaines auberges, on peut vous annoncer qu’il n’y a pas de place, alors que plusieurs tables sont inoccupées : ce sont des tables d’habitués (le volume de bière qu’on y écluse chaque jour justifie cette chasse gardée). N’insistez pas. Les serveurs sont ombrageux, cela fait partie de leur personnage, n’en attendez pas d’affabilité à la Pagnol.

Achat

Cristal (plutôt demi-cristal), grenats (plutôt de synthèse) ou porcelaine sont à foison dans les centres touristiques (à Prague et Karlovy Vary, en particulier), en plus des teeshirts et des faux uniformes de l’armée russe. Cristal ou grenats de bonne qualité ne sont pas donnés : il n’y a pas de miracle. Objets et jouets en bois sont souvent pleins de charme et d’humour. On peut ajouter, pour qui pourrait les transporter, la bière, les vins, les alcools et les charcuteries.

Cuisine

Le knedlik caractérise la cuisine tchèque. C’est, dans sa forme commune, une préparation de farine et de pain cuite à l’eau, qui sert de base à de nombreux plats de viande en sauce. A cela, on ajoute volontiers du chou aigre. Le knedlik est servi en tranches (les knedliky), qui permettent d’éponger la sauce et la bière. Les plus fréquents de ces plats à knedliky sont le canard rôti avec du chou (kachna se zelim), le bœuf rôti à la crème (svickova na smetane), la poitrine de porc (veprovy bucek) ou le goulasch (nombreuses formules). Le jarret est souvent au menu, rôti, fumé ou non (bouilli, en famille au nouvel an). Condiments habituels : raifort et moutarde. Côté poisson, la carpe est reine (spécialité du pays depuis le XIVe siècle et plat de Noël traditionnel) ; à quoi on peut ajouter la truite ou le sandre. Le pain est bon (et souvent facturé au restaurant). Dans les auberges, nombreuses charcuteries fumées à manger sur le pouce (goûtez au fameux jambon de Prague – prazska sunka). En hiver, les boudins sont bienvenus. Autres snacks : les chlebicky, canapés (au jambon, à l’œuf, à l’anchois, au roastbeef…) dont on fait une grande consommation entre collègues. Les soupes sont souvent servies en début de repas, mais elles sont aussi prises rapidement au coin d’un comptoir : bouillon de bœuf ou de poulet, soupe de lentilles ou de pommes de terre, soupe de tripes, soupe aux champignons. Plus la gamelle a servi, meilleur c’est. On trempe dedans des petits pains (rohliky). Peu de fromages. Signalons cependant pivni syr (fromage à la bière) : on vous l’apporte dans une assiette avec de la moutarde, de l’oignon et du paprika ; vous versez dessus une rasade de votre bière et vous réduisez le tout en une bouillie à tartiner. Fameux ! Les pâtisseries sont très variées (les cuisinières tchèques, employées dans les familles de la bourgeoisie autrichienne, seraient à l’origine des pâtisseries viennoises) et généralement crémeuses. On confectionne force biscuits pour Noël. Ajoutons à tout ça les crêpes et les coupes de fruits à la crème.

Boisson

La bière accompagne la vie tchèque depuis le moyen âge. N’essayez pas d’y échapper, laissez-vous porter par le flot. Les auberges ne servent, d’habitude, qu’une seule marque (Plzen, Gambrinus, Staropramen, Budvar…), au demi-litre. On privilégiera les établissements qui disposent d’une cuve (tank, c’est souvent annoncé en devanture), la bière, livrée tous les jours, non pasteurisée, y est meilleure. Le % indiqué ne correspond pas au degré d’alcool, mais à la teneur en sucre du moût (dont dépend, certes, le degré d’alcool : 10% de sucre dans le moût correspondent à environ 4° d’alcool dans la bière). Si la bière règne sur la Bohême, la Moravie en pince plutôt pour le vin. Les Moraves sont vignerons comme les Tchèques brasseurs. Les blancs sont de très bonne venue et parfois vraiment étonnants ; jamais meilleurs que bus sur place, avec une bonne assiette de charcuterie. On distille aussi l’abricot (merunkovice) et la prune (slivovice). Karlovy Vary (Karlsbad), la ville d’eau de Bohême occidentale, produit une liqueur célèbre : la Becherovka. De là provient aussi une très bonne eau minérale gazeuse (qui était sur la table de l’empereur François-Joseph) : Mattoni.

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