Vous avez peut être connu chez vos grand-parents les toilettes tapissées de titres de la Compagnie universelle du canal interocéanique de Panama. Papier peint onéreux pour nombre de petits épargnants pensant à l’époque ré-éditer le bon coup du canal de Suez. Car c’est nous Français qui avons initié le percement du canal avec Ferdinand de Lesseps à la fin du XIXe.


Avouons qu’il est l’heure de revenir et de visiter ce pays qui fascina tant nos aïeux au point qu’ils en perdirent la tête et leurs économies. Aujourd’hui le Panama est un pays riche, le plus riche, ou le moins pauvre, d’Amérique centrale. Depuis la récupération du canal par l’état panaméen (autrefois il était exploité par les Américains), le pays se développe à vitesse grand V. C’est d’ailleurs d’une fulgurance parfois surprenante. Le pays est riche touristiquement : imaginer qu’en un seul voyage on trouve Dubaï, l’Amazonie, les Maldives et le Mexique semble prétentieux. C’est pourtant le cas dans ce territoire grand comme un sixième de la France. Côté Dubaï vous allez tout de suite comprendre : le centre ville de Panama City est un nouveau Manhattan où les plus grands architectes mondiaux se défient à coups de constructions hardies et parfois de couleurs étonnantes, merci Frank Gehry.

Panama City et son aéroport de Tocumen sera votre point d’entrée. Il n’y a pas de problèmes majeurs de sécurité en ville, sauf la conduite sportive (c’est un euphé- misme) des locaux. Les taxis sont jaunes. En tous cas ce seront les seuls que vous prendrez. On négocie le prix avant de monter. Il est à la tête du client. Gageons que le chauffeur vous trouvera spontanément bonne mine. Demandez auparavant au concierge de l’hôtel le prix de la course, histoire de remettre les pendules à l’heure.

L’hôtellerie est américaine donc les lits sont King size (180cm voire 2 mètres de large), ou Queen (150). Des “gringos“ le pays a adopté le système des pourboires. Les taxes ne sont jamais incluses dans les prix des restaurants (7%) et on laisse entre 10 et 20 % de service bien que celui-ci soit extrêmement lent. Prévoyez du temps. On mange de tout à Panama City, la mode étant aux restaurants thaïlandais. La vie n’est pas chère pour un Européen néanmoins les prix ont tendance à se rapprocher des nôtres dans la capitale. Sitôt sorti du centre ville et des quartiers touristiques on retrouve des niveaux de prix bas. Un repas coûtera entre 3 et 5 dollars dans une gargote appelée ici “fonda“. Le plat du jour est la “comida corriente“ et le menu “del ejecutivo“ est le business lunch “ local, toujours copieux et bon marché.

La monnaie officielle est le balboa, nom du premier président du pays. I l n’y a pas de billets “balboa“, uniquement des pièces. Le dollar amé- ricain assure la version papier. On trouve des dollars aux distributeurs des banques ou mieux on l’amène. Il est important d’avoir du liquide, si possible en billets de 10 ou 20 USD car une fois sorti des villes oubliez les distributeurs. Par exemple dans les îles où vous irez sans nul doute (Version Maldives de notre argumentaire). Pensez à voyager léger à cet égard car les bagages sur les vols intérieurs sont limités à 13 ou 14kg . Le kilo supplémentaire à payer est d’environ 2 USD.

Pour information il y a plus de 1500 îles au Panama et 3000kms de côtes. De quoi trouver la plage de rêve absolue. Puisque nous voilà dans les îles sachez que dans les San Blas il est normalement interdit de photographier les indiens Kunas. Merci donc de respecter leurs coutumes et de leur demander la permission avant de shooter.

Voyageurs du Monde soutient l’ONG “SOS Albinos“ fondée par Salif Keita. Les Kunas sont victimes d’albinisme à taux élevé. Vous pouvez les aider en offrant via notre équipe locale des lunettes de soleil, des crèmes solaires, des chapeaux.

Le Panama est un pays tropical. Il y pleut d’Avril à Novembre. Soleil aidant on y trouve une végétation exceptionnelle. Vous naviguerez sur des canaux dans la touffeur de la jungle, (version Amazonie), crocodiles sur les rives, splendide. La bonne idée serait de prendre des répulsifs contre les moustiques, et d’avoir des manches et des pantalons longs.

Les Panaméens, bien que place forte financière (le nombre de banques est juste incroyable ! ) ne sont pas des Suisses. Un retard de 2 heures à un rendez-vous est acceptable. En effet le dit rendez-vous aurait pu tout simplement être annulé sans prévenir. Le téléphone mobile (excellent réseau dans tout le pays) a beaucoup fait pour limiter les ennuis de la ponctualité défaillante. Intéressant à savoir : le pays a mis en place une politique en faveur des retraités. Il faut dire que le Costa Rica voisin est déjà un havre de pensionnés américains.

Une cordillère partage le pays dans sa partie Nord avec des sommets au dessus de 3000m, dont le fameux volcan Baru, 3475m, immense cratère heureusement éteint. Des hauts plateaux à 1500m d’altitude offrent le printemps éternel : 23° toute l’année et des jardins d’Éden. (version Mexique) C’est là que des villes entières sont devenues des refuges de retraités venus du monde entier profiter du climat, des paysages exceptionnels et de prix modérés. Senior on a 25 % de réduction dans les restaurants et fast foods ! Sans compter les avantages sur les transports intérieurs et les impôts. Car le Panama est un paradis fiscal avec impôts : tranche maximale à 25 %.

Vous quitterez à regret ce petit pays étonnant, tellement divers, fort d’une longue histoire coloniale et forcément sympathique puisqu’il a abandonné toute idée d’avoir une armée au profit de la protection de l’environnement. N’oubliez pas la taxe de sortie du territoire : 40usd juste avant de partir. En billets de l’oncle Sam s’il vous plaît.

Une dernière information et vous saurez tout : le panama, malgré son nom, est un chapeau équatorien. Mieux vaut apporter le sien.

Très beau voyage.

 

INFO +

• Les taxis à Panama city : Uber fonctionne au Panama, les paiements se font uniquement par carte bancaire. Si vous souhaitez emprunter un taxi, sélectionnez les jaunes avec la ligne en damiers noir et blanc. Indiquer la destination et accordez vous avec le chauffeur sur le montant de la course avant de monter à bord. Précisez aussi que vous ne souhaitez pas partager le taxi car c’est une pratique courante au Panama.