Population

56 370 habitants (2013).

Langue officielle

Le groenlandais (de l’ouest) et le danois.

Langue parlée

Le groenlandais (inuktitut, langue agglutinante de la famille eskimo-aléoute) est parlé par 87% de la population. Il connait trois dialectes principaux : le groenlandais de l’ouest, le groenlandais du district de Thulé et le groenlandais de l’est (région d’Ammassalik). Le danois est toujours très pratiqué et l’anglais est commun.

Peuple

Les Inuits (Eskimos) représentent 87% de la population. Les Danois sont de moins en moins nombreux (8,5%). Quant aux Américains ou aux Canadiens, leur présence est liée à celle de la base de Thulé ; leur contingent est stable (3,5%).

Réligion

L'église groenlandaise est membre de l'église nationale danoise (protestante). Les villes ont un temple, les agglomérations de moindre importance ne disposant que de salles, où l'on célèbre les services religieux. Il y a une église catholique à Nuuk.

Fête Nationale

21 juin : solstice d’été.

Calendrier des Fêtes

1er janvier : Jour de l’an. 30 avril : Jour de la Reine (de Danemark). 25 décembre : Noël.

Histoire

L’histoire ancienne du Groenland est celle de vagues d’immigration en provenance d’Amérique (cultures Saqqaq, Indépendance I et II, Dorset) et de disparitions. Au début du Xe siècle, le Viking Gunnbjorn Ulfsson aperçoit la côte de la région d’Ammassalik. Un peu plus tard (982), Erik le Rouge explore et colonise le sud de l’île. Les établissements vikings se déploient sur la côte est. Un premier évêque est nommé au XIIe siècle. Au siècle suivant, les vikings groenlandais reconnaissent la souveraineté du roi de Norvège. Cent ans plus tard, la colonie avait vécu et l’Europe l’oubliait. Pendant ce temps, les Inuits « thuléiens » s’étaient installés sur la côte ouest (XIIIe siècle). Ils devaient se montrer plus résistants que les Européens. Le Royaume de Danemark et Norvège se réveille en 1721, une expédition est montée afin de convertir au protestantisme d’éventuels survivants catholiques. Nul papiste, mais des Eskimos et des opportunités commerciales. La colonie est relancée et s’établit à Godthab (« Bon espoir », fondée en 1729), au sud-ouest de l’île. Elle vit de pêche et de luthérianisme. En 1815, le Danemark, séparé de la Norvège, conserve le Groenland. Les derniers immigrants inuits arrivent d’Amérique en 1864. A cette période, l’ouest prend le pas sur l’est. En 1910, Knud Rasmussen fonde Thulé. Le pays voit se succéder les expéditions scientifiques (jusqu’à celles de Paul-Emile Victor et Jean Malaurie, dans les années cinquante). En 1933, la Cour internationale de justice de La Haye, tranche un conflit de souveraineté entre le Danemark et la Norvège : le Groenland est danois. Mais la Seconde Guerre mondiale l’attire dans l’orbite nord-américaine. En 1941, les Etats-Unis obtiennent l’autorisation d’y installer deux bases militaires (Thulé et Ammassalik). En 1951, l’accord est redéfini et Thulé devient une base importante pour les bombardiers stratégiques nucléaires. C’est l’un des haut-lieux de la guerre… froide. Le statut de la colonie évolue, elle devient Comté d’outre-mer en 1953. Pour les Inuits, cela signifie adopter la culture danoise, bon gré mal gré. En 1972, les Groenlandais votent contre l’adhésion à l’Union Européenne, mais, puisque les Danois de Danemark votent pour… ils en seront quand même. Bientôt apparait un parti nationaliste, le Siumut. 1979 : l’autonomie interne est acquise. Le referendum sur l’Union Européenne de 1982 aboutit au retrait de 1985. Le Groenland demeurant toutefois l’un des Pays et Territoires d’outre-mer de l’Union (2002).

Politique

Le 1er mai 1979, le Groenland est devenu autonome dans le cadre de la communauté avec le Danemark. L'ancien Conseil national a été supprimé et remplacé par un gouvernement et un parlement nationaux, dont la compétence s'étend aux domaines sociaux, éducatifs et culturels. Le parlement danois compte deux députés groenlandais.

Célébrité

Hans Egede (1686-1758) : pasteur luthérien norvégien ; parti à la recherche de la « colonie perdue », il fut à l’origine de la seconde colonisation du Groenland et fondateur de Godthab (Nuuk). Il devint évêque de l’île en 1741. Minik (autour de 1890 - 1918), « Minik Wallace ». Inuit du nord-Groenland, emmené aux USA par l’explorateur Robert Peary, sa vie déchirée met au jour les difficultés du déphasage culturel. Knud Johan Victor Rasmussen (1879-1933), explorateur et anthropologue danois, né à Ilulissat (Jakobshavn) au Groenland. Ses explorations, ses collectes de récits et de traditions, sa conception « participante » de l’ethnographie, en ont fait le père des études inuit. Jean Malaurie (né en 1922), illustre la fécondité de la recherche polaire française ; de la géomorphologie à l’ethnologie, il a travaillé à démêler la complexité des réalités groenlandaises. Très impliqué dans la défense des droits des peuples arctiques. On lui doit un maître livre sur les Inuits du Groenland, Les derniers rois de Thulé (1955).

Savoir-vivre

De façon générale, le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service ; sachez cependant, qu’au Groenland, en dehors des croisières, cette pratique est encore très peu répandue : mieux vaut le plus souvent « échanger » (une photo, un objet…). Vous pouvez également utiliser pour repères les chiffres suivants : un guide français au Groenland touche dans les 675 couronnes danoises net (90 euro environ) par jour de travail ; un guide groenlandais, lui, sera payé l’équivalent d’une journée de pêche, dans les 1 500 couronnes danoises (200 euro environ). Quant au petit personnel hôtelier, il touche dans les 79 couronnes de l’heure (11 euro environ). Si votre hôte vous propose de déguster du phoque avec lui, il faut considérer cela comme un honneur. N’en déplaise à une certaine sensibilité, cette chasse ancestrale est encore très répandue. Souvenez-vous qu’au Groenland il n’y a pas de bovins… et que la seule façon de consommer des protéines (sans dépendre d’importations), c’est de chasser. La plupart des Groenlandais possèdent encore un traineau et des chiens pour partir sur la banquise. Malgré sa sédentarisation, ce peuple de nomades a gardé intact son goût pour la vie en pleine nature. Il est à noter, encore une fois, que la chasse a une place centrale dans la culture groenlandaise : « Adaptés aux conditions extrêmes de la vie dans l’Arctique depuis au moins quatre mille ans, les Inuit ne sont même plus des chasseurs-cueilleurs. Les Inuit sont des chasseurs, purement et simplement. », ainsi que le rappelle le ministre H. Rasmussen. Les Inuit, ou plutôt les Groenlandais, jouissent donc de droits de chasse particuliers et le gibier est un pilier de l’hospitalité locale. Cela ne vous entrainera sans doute pas, toutefois, à goûter au kiviak, ce fleuron de la gastronomie d’honneur groenlandaise (encore consommé dans la région de Thulé), qui a coûté la vie à Knud Rasmussen : phoque farci aux mergules (Alle alle, un petit pingouin arctique) et faisandé pendant plusieurs mois. Attention à la cuite du samedi soir, qui peut être homérique et provoquer quelques… débordements. Dans tous les cas et afin d’éviter tout problème, n’introduisez pas d’alcool au Groenland.

Achat

Essentiellement des tupilaqs (ce sont des sculptures sur os), des pierres taillées, des bijoux en os et des articles de cuir. Sachez toutefois que les peaux achetées directement aux chasseurs ne sont pas toujours traitées pour affronter les chaleurs de nos appartements (il faudra, le cas échéant, les faire retraiter au retour).

Cuisine

La cuisine traditionnelle groenlandaise utilise le gibier (mammifères marins et terrestres, oiseaux, poissons et crustacés) et les baies. Elle répond aux impératifs du climat et du mode de vie qui va avec. On ajoute volontiers à ça de bonnes assiettes de pâtes ou de pommes de terre.