Population

9 099 035 habitants (2011).

Langue officielle

L’azéri.

Langue parlée

L’azéri (ou azerbaïdjanais dans la terminologie officielle) est une langue turcique, qui s’écrit aujourd’hui avec l’alphabet latin. C’est la langue maternelle de 90% des habitants. Les 10% restant parlent le lezguien (2,2%), le russe (1,8%), l’arménien (1,5%), le talish (1%), l’avar (0,6%), le turc (0,5%), le tatar (0,4%)… L’azéri et le russe sont les principales langues véhiculaires.

Peuple

Les évènements qui ont marqué les deux dernières décennies ont accru le poids démographique des Azéris (90% des Azerbaïdjanais). Les Lezguiens, les Russes et les Arméniens sont les minorités les plus fortes. Les premiers, peuple caucasien, sont installés dans le nord ; ils sont 178 000 environ. Les Russes (dans les 140 000) habitent plutôt les centres industriels. Pour la plupart, les Arméniens (autour de 120 000) sont regroupés dans le Haut-Karabagh (sud-ouest), ils sont toutefois encore présents à Bakou. D’autres minorités, comme les Talish (au sud), les Avars (au nord), les Tat (au nord-est) ou les Kurdes (dans le couloir qui sépare de Haut-Karabagh de l’Arménie), sont en nombre plus faible. Quant aux Khinalugh, aux Ingiloy, aux Haput ou aux Dzhek, ils sont en nombre beaucoup plus faible (entre 3 000 et 5 000 personnes).

Réligion

L’Azerbaïdjan est un état laïc qui reconnait la liberté de culte mais interdit le prosélytisme. Les musulmans sont largement majoritaires : 93% (dont 85% de chiites et 15% de sunnites). Le christianisme est surtout orthodoxe (Eglise orthodoxe russe) et arménien (Eglise apostolique arménienne). Quelques groupes moloques (issus d’une réforme russe au XVIe siècle), de petites communautés protestante et catholique. Le judaïsme est ancien dans le pays ; aujourd’hui, il se compose de Juifs de la montagne (Caucasiens), d’Ashkénazes et de Juifs géorgiens. Le zoroastrisme conserve une certaine importance culturelle. Dans l’ensemble, la pratique religieuse est peu assidue et se ressent de décennies d’athéisme officiel.

Fête Nationale

28 mai : anniversaire de la déclaration d’indépendance de 1918.

Calendrier des Fêtes

1er janvier : nouvel an. 8 mars : journée internationale de la femme. 21 mars : Novruz Bayramy, nouvel an zoroastrien. 31 mars : commémoration des massacres de 1918. 9 mai : fête de la Victoire (1945). 28 mai : fête nationale. 15 juin : fête du Salut national. 18 octobre : fête de l’Indépendance (1991). 17 novembre : fête de la Renaissance nationale. 31 décembre : fête de l’Unité azérie. Les fêtes religieuses musulmanes (fête du Sacrifice - Gurban Bayram, nouvel an, ramadan - Ramazan Bayram, clôture du ramadan…) ont leur calendrier propre, elles changent de date chaque année.

Histoire

On peut commencer par les Scythes, au IXe siècle avant JC. Ils sont toutefois assez rapidement submergés par les Mèdes. Au VIe siècle, ces derniers sont absorbés par l’empire achéménide, qui introduit le zoroastrisme dans la région. Puis Alexandre le Grand passe par là, avec les Séleucides à sa suite. L’Aghbanie (ou Albanie caucasienne : Azerbaïdjan actuel et sud du Daghestan) se constitue en royaume indépendant autour du IVe siècle. On passe, dans ce dispositif, à l’ère chrétienne. Le royaume est vassalisé par les Sassanides à partir de 252. Le christianisme est adopté au IVe siècle. Les Byzantins manifestent quelque appétit dans la région. Ni les Perses, ni les Grecs ne parviennent pourtant à réduire complètement l’autonomie des peuples caucasiens. Lorsque les Omeyades (661-750) débarquent, ils sont les nouveaux cadors. La résistance chrétienne s’effondre en 667. Puis les Abbassides prennent la main pour un temps. Occupés ailleurs, ils laissent se développer les pouvoirs locaux : Musafirides, Sajides, Cheddadides… Au XIe siècle, les Turcs oghouzes arrivent d’Asie centrale et s’imposent aux pouvoirs en place. Ils vont déterminer un important changement culturel. Les Aghbanais parlaient alors une langue iranienne : elle va être remplacée en cinq siècles par une langue turque. Administré par des atabegs, le pays est intégré à l’empire seldjoukide (1037-1194). Après un intermède mongol jalayiride, il passe sous la coupe de Tamerlan (1336-1405), qu’il appuie dans sa lutte contre la Horde d’Or. Après la mort du conquérant, les chirvanchahs caucasiens reviennent aux affaires et s’assurent une relative indépendance. Les Safavides d’Iran (1501-1722), aux prises avec les Ottomans, ne peuvent souffrir une entité sunnite dans leur domination, ils convertissent donc manu militari leurs vassaux nord-occidentaux au chiisme duodécimain. Au XVIIIe siècle, l’instabilité de l’autorité perse a pour conséquence la décomposition du pouvoir dans le Caucase en khanats concurrents. 1812, la Russie, qui occupe Bakou depuis six ans, entre en guerre contre la Perse dans cette zone mal contrôlée. L’année suivante, le traité de Golestan (aujourd’hui Goranboy Rayon en Azerbaïdjan) donne au tsar la plupart des khanats azéris, le Daghestan et l’est de la Géorgie. En 1828, le traité de Turkmentchaï établit la frontière entre l’empire russe et la Perse sur l’Araxe. A la fin du siècle, Bakou est premier producteur mondial de pétrole. La Première Guerre mondiale voit s’effondrer l’empire des tsars. L’Azerbaïdjan, l’Arménie et la Géorgie fondent alors la République démocratique fédérative transcaucasienne, rapidement décomposée. La République démocratique d’Azerbaïdjan voit le jour en 1918. Elle a à son actif le droit de vote pour les femmes (une première dans le monde musulman et une capacité que les Françaises n’acquerraient qu’en 1944). Mais le pouvoir des soviets estime indispensable de disposer à sa guise du pétrole de Bakou. La nouvelle république ne peut lui résister. Elle devient, après de rapides opérations militaires, la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan (1920). Le Nakhitchevan rejoint la RSS azérie avec un statut d’autonomie (traité de Kars avec la Turquie, 1921). Pendant la Seconde Guerre mondiale, le pétrole de la Caspienne est un enjeu capital. Les Russes le défendent avec acharnement contre la Wehrmacht, qui a lancé pour s’en emparer l’opération Edelweiss (1942). Dans les années 1980, la politique de glasnost permet l’expression de frustrations ethnico-politique dans tout le monde soviétique. Le Haut-Karabagh s’agite. En 1990, le Conseil suprême de la République socialiste soviétique abandonne « socialiste soviétique » et ressort le drapeau de 1918. Fin 1991, l’indépendance est proclamée. L’ethnicisme dominant provoque immédiatement trois années de guerre entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, qui se soldent par 30 000 morts, d’importants déplacements de population et la sécession du Haut-Karabagh. La tête de l’Etat passe par la case militaire avant qu’Heydar Aliyev ne prenne les rênes.

Politique

La constitution de la République d’Azerbaïdjan établit un régime présidentiel. Le président est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans. Chef de l’exécutif, il nomme le premier ministre et supervise la composition du gouvernement, qui doit obtenir la confiance du parlement. Ce dernier, une assemblée monocamérale, Milli Medjilis (125 membres élus pour cinq ans), assume en principe le pouvoir législatif. Le pouvoir judiciaire - que couronnent une cour constitutionnelle et une cour suprême - est indépendant. Dans les faits, l’exécutif est le seul pouvoir réel. La république arménienne autoproclamée du Haut-Karabagh (11 500 km² environ, capitale Stepanakert) n’est pas reconnue par la communauté internationale.

Célébrité

Heydar Aliyev (1923-2003), formé par le KGB, fut d’abord le patron du PC d’Azerbaïdjan, puis devint membre du Politburo sous Brejnev et vice-premier ministre de l’URSS sous Andropov. Ecarté sous Gorbatchev, il sut se recaser en nationaliste modéré après 1991 et prit place dans le fauteuil présidentiel de la République d’Azerbaïdjan pour dix ans, avant d’en laisser la jouissance à son fils. Une vie politique. Nizami Gandjavi (1141-1209) est né et mort à Gandja, au nord-ouest de l’Azerbaïdjan. Son œuvre poétique, religieuse, morale, philosophique eut une influence profonde sur la littérature persane. « Toute l’astronomie et le détail de toutes les sciences, je les ai appris. Et j’ai poursuivi dans toutes leurs pages leur mystère. » Mstislav Rostropovitch (1927-2007). Cet immense musicien, qui provoqua à lui seul un renouvellement du répertoire pour le violoncelle, est né à Bakou de parents russe et biélorusse. Ses prises de position déterminées en faveur de la liberté d’expression et de création furent à l’origine de son exil aux Etats-Unis dans les années 70. Il revint s’installer en Russie après que Mikhaïl Gorbatchev eut signé son décret de réhabilitation. Muslim Magomayev (1942-2008). Ce crooner, qui fit les beaux soirs de gala de l’Union Soviétique des années soixante et soixante-dix, était issu d’une lignée respectée de musiciens azerbaïdjanais. Résistant au chant des sirènes coquatrixiennes, il fit toute sa carrière côté Comecon et devint Artiste du Peuple de l’Union Soviétique, reçut l’Ordre du Drapeau Rouge du Travail, celui de l’Amitié entre les Peuples et, gage de flottabilité, l’Ordre d’Honneur de la Fédération de Russie. Garry Kasparov. Né Garik Kimovitch Vaïnstein en 1963, d’un père juif et d’une mère arménienne du Haut-Karabagh, il fut champion du monde d’échecs de 1985 à 2000. Entre 1989 et 2003, ses matchs contre des ordinateurs ont mis en évidence la montée en puissance des machines à calculer. Désormais, Kasparov se veut une épine dans le pied de Vladimir Poutine.

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l’assurance qu’il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d’usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l’on a été satisfait du service. Pour les chauffeurs, nous vous conseillons au minimum l’équivalent de 2 euros par jour et par personne. Pour les guides, 3 à 5 euros par jour et par personne. En ce qui concerne le personnel de service (porteurs, serveurs…), les usages sont très variables. Le mieux est d'aligner votre pourboire sur l’économie locale : les prix d’une bière ou d’un thé, d’un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d'estimer son montant. Si le cas se présente, on évitera en revanche d'encourager la mendicité, notamment celle des enfants, en faisant des distributions « sauvages » dans la rue. Si l'on souhaite apporter son aide en fournissant du matériel scolaire, des vêtements ou des médicaments, il est préférable de les remettre au directeur de l’école, au chef du village ou au dispensaire le plus proche, qui sauront en faire bénéficier les plus démunis.

Achat

Les tapis et le caviar (250 gr par personne à l’export.) sont les articles vedettes. De bonne qualité, ils sont chers, il n’y a pas de miracle. Autrement, on trouve tout l’assortiment du petit business « russe », des faux uniformes de l’armée rouge aux icônes, en passant par les poupées gigognes et la vodka. Les bijoux traditionnels parlent en faveur du savoir-faire des orfèvres azéris. Les brodeuses ne sont pas manchotes non plus.

Cuisine

Les Azéris sont plutôt carnivores, ovivores même : ils mangent du mouton. Qu’ils font griller (kebab) ou bouillir, qu’ils hachent pour faire des boulettes et des farces (le dolma est une feuille de vigne ou de chou farcie d’un mélange de riz, de mouton et d’épices) ou qu’ils servent en soupe (pili, avec des pois, par exemple). Les abats sont très appréciés des connaisseurs. Le riz traditionnel et les pommes de terre qu’ont apportées les Russes, la salade de tomates, les pâtes, sont les compléments ordinaires de la viande (qui peut être aussi du bœuf ou du poulet). Le plov, riz pilaf au mouton, a le statut de plat national ; les raviolis sont une spécialité de la péninsule d’Apchéron. Le poisson est l’autre grand classique de la table azerbaïdjanaise. De mer ou de rivière ; rôti, frit ou grillé. Mention spéciale pour l’esturgeon (quant au caviar, c’est un mets d’exception là-bas comme ici). Les desserts sont sous influence ottomane.

Boisson

L’eau du robinet n’est pas potable. Pour éviter toute mauvaise surprise, on boira donc de l’eau minérale en bouteille, ou des sodas, de la bière. Mais on boira surtout du thé, le breuvage national : il est sans risque et fait partie des rituels sociaux. Il est souvent accompagné de confiture. Le pays a une tradition viticole très ancienne. Aujourd’hui il produit des vins assez forts et sucrés et des alcools de type cognac. Les Russes ont implanté le kvas (boisson fermentée à base de pain) et la vodka (boisson distillée à base de grains).

Utile

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