Population

46 162 805 habitants (2009).

Langue officielle

L’ukrainien.

Langue parlée

L’ukrainien est la langue maternelle de 67,5% des gens ; pour le russe, cela se situe autour de 29,6% (0,6% pour le biélorusse ; 0,5% pour le moldave ; 0,5% pour le tatar…). En faisant simple, disons que l’ouest du pays parle l’ukrainien et l’est (et le sud, la Crimée), le russe. Dans le centre, les pratiques sont moins nettes. Héritage de l’URSS, le russe est très implanté dans les centres urbains ou industriels, d’où un nécessaire bilinguisme russe-ukrainien. L’une et l’autre langue appartiennent au groupe slave et s’écrivent avec l’alphabet cyrillique.

Peuple

77,8% des habitants du pays sont des Ukrainiens. Les Russes sont 17,3%. Viennent ensuite les Biélorusses (0,6%), les Moldaves (0,5%), les Tatars de Crimée (0,5%). Dans l’ensemble, la population de l’Ukraine a diminué depuis 1989 : faible taux de natalité, mortalité importante, départs (les Juifs, par exemple, passent de 0,9% à 0,2%).

Réligion

Avec environ 26 millions de fidèles déclarés, les églises orthodoxes dominent largement : Eglise orthodoxe du patriarcat de Moscou, Eglise orthodoxe du patriarcat de Kiev, Eglise autocéphale ukrainienne. Les gréco-catholiques (5 millions) sont rattachés à Rome (synode de Brest-Litovsk, 1596) ; ils ont conservé les rites et la discipline de la tradition orientale, mais ont adopté la théologie romaine (son ecclésiologie, en particulier) ; l’église gréco-catholique est dite « uniate » par les orthodoxes. Les catholiques romains sont moins d’1 million ; les protestants, dans les 500 000. Les Tatars sont des musulmans sunnites. Le XXe siècle aura vu la quasi-disparition du judaïsme en Ukraine.

Fête Nationale

24 août : anniversaire de la déclaration d’indépendance (1991).

Calendrier des Fêtes

1er janvier : Jour de l’an. 7 janvier : Noël orthodoxe. 13 janvier : Nouvel An orthodoxe. Mars-avril : Pâques. 9 mai : anniversaire de la victoire de 1945. 28 juin : jour de la Constitution. 24 août : fête nationale. 25 décembre : Noël romain.

Histoire

Pendant le premier millénaire avant JC, on repère des peuples de langue iranienne, Cimmériens, Scythes, Sarmates... Pendant le premier millénaire après JC, ce sont les Goths et les Antes, une population protoslave. Le littoral de la mer Noire voit passer, d’est en ouest, des cavaliers turcs ou finno-ougriens. Kiev est vraisemblablement fondée par les Khazars turcs au Ve siècle. A partir du VIe siècle, les slaves peuplent l’actuelle Ukraine centrale, occidentale et septentrionale. Au IXe siècle, des Vikings commerçants et guerriers, les Varègues, s’emparent de Kiev (bien située sur les routes commerciales) et en font le cœur d’un Etat puissant, la Rus ou Ruthénie. L’aristocratie kiévienne adopte bientôt le christianisme byzantin. Sous Iaroslav le Sage (978-1054), la Rus de Kiev s’étend de la Baltique à la mer Noire et du confluent de l’Okra avec la Volga au nord des Carpates. C’est beaucoup. Trop pour un contrôle efficace, d’autant que les règles d’accession aux dignités n’arrangent rien. André 1er Bogolioubski, grand prince de Vladimir-Souzdal, s’empare de Kiev en 1169. C’est est fini de l’empire ruthène. La Russie de Vladimir prend les rênes. En Ruthénie, les Coumans passent et pillent. Puis les Tatars passent et pillent. Puis les Mongols imposent leur suzeraineté (XIIIe siècle). Les principautés ruthènes plient, cherchant toutefois des appuis extérieurs (russes, lithuaniens). La Galicie-Volhynie entre, la dernière, dans la vassalité mongole. Au XIVe siècle, Polonais et Lithuaniens montent en puissance. Ils repoussent les Mongols, annexent Kiev en 1362 et s’installent. Les Tatars sont cantonnés au littoral de la mer Noire. Pendant l’union polono-lithuanienne (à partir de 1385), la Ruthénie voit arriver des Allemands, des Arméniens, des Juifs, pour repeupler et mettre en valeur. La polonisation des élites se fait rapidement. On passe au catholicisme. Des tensions entre Kiev et Constantinople poussent le haut-clergé orthodoxe à rallier Rome (1596, synode de Brest-Litovsk). Mais les paysans fidèles à l’orthodoxie demeurent nombreux. Dès le XVe siècle, certains d’entre eux ont rejoint les compagnies aventurières et pillardes de la steppe, ils se sont fait « Cosaques ». La noblesse polonaise a recours à eux contre les Tatars. Les Cosaques s’organisent. Aux XVIe et au XVIIe siècle, ils mènent plusieurs soulèvements contre les Polonais. En mai 1648, l’hetman Bohdan Khmelnytsky, allié aux Tatars et aux Russes les bat deux fois. Quelques années plus tard, l’Ukraine (« marche » en ruthène) est née, c’est un territoire cosaque situé dans le bassin du Dniepr, entre la Pologne et la Russie. Pour assoir leur autonomie, les Cosaques s’allient aux Russes contre les Polonais (1654), puis aux Suédois contre les Russes (1708). En fin de compte, ils sont vassalisés par Moscou, puis, sous Catherine II (1762-1796), leur autonomie est supprimée. Les Russes annexent les trois-quarts du territoire de l’Ukraine (la Crimée sera enlevée aux Ottomans en 1783). A l’ouest, la Galicie est autrichienne depuis le premier partage de la Pologne (1772). La Bessarabie demeurera turque jusqu’en 1812. Au XIXe siècle, portée par le romantisme politique, l’intelligentsia ukrainienne s’emploie à recréer les conditions d’un Etat national. En réponse, Moscou interdit l’usage de la langue ukrainienne dans les écoles, la presse et la littérature. Après la Révolution russe, dans les derniers soubresauts de la Première Guerre mondiale, l’Ukraine se ménage une brève et mouvementée « indépendance » (1918-1920). L’Armée rouge met fin sans ménagements à l’expérience. L’Ukraine est ainsi l’un des membres fondateurs de l’URSS (30 décembre 1922). Le nationalisme ukrainien est prestement muselé (les grandes purges de 1937-1939 viseront à l’anéantir). L’industrialisation de la République va s’appuyer sur le bassin houiller du Donbass et sur l’important complexe hydraulique établi sur le Dniepr. La famine de 1932 tue plusieurs millions d’Ukrainiens. La politique soviétique de collectivisation de l’agriculture et de dékoulakisation est en partie responsable de cette catastrophe. En 1939, Staline récupère sur la Pologne, puis sur la Roumanie l’année suivante, des régions où vivent d’importantes communautés ukrainiennes. Lorsque l’Allemagne attaque l’Union soviétique (1941), elle rencontre un soutien hésitant en Ukraine ; des nationalistes comme Stepan Bandera (1909-1959) pensent l’instrumentaliser à leur profit. En vain. Si l’Allemagne parvient à enrôler plus de 200 000 Ukrainiens, elle doit s’employer contre une rude guerre de partisans. 1 300 000 soldats ukrainiens sont tués en combattant l’armée allemande ; Odessa, Kertch, Sébastopol et Kiev sont faites villes héros de l’URSS. A la fin de la guerre, la Tchécoslovaquie doit céder la Ruthénie subcarpathique au Petit Père des peuples, qui la rattache à la RSS d’Ukraine. Khrouchtchev y ajoute la Crimée en 1954. La période khrouchtchévienne, puis l’ère brejnévienne voient les dirigeants communistes ukrainiens se donner des objectifs « nationaux ». Sous Mikhaïl Gorbatchev la tendance s’affirme. Et se confirme lorsque l’Union des républiques socialistes soviétiques entre en décomposition. L’Ukraine déclare son indépendance le 24 août. Indépendance confirmée par référendum le 1er décembre. Le 12, Leonid Kravtchouk est élu président de la République.

Politique

La République d’Ukraine est une démocratie à régime semi-présidentiel. Le président est élu au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans renouvelable une fois. Le pouvoir législatif est détenu par le parlement (Verkhovna Rada). Celui-ci est unicaméral, à 450 députés élus pour un mandat de 4 ans (scrutin mixte proportionnel-majoritaire). Le premier ministre, nommé par le président, est issu de la majorité parlementaire. Une cour constitutionnelle contrôle la compatibilité des lois avec la Constitution de 1996.

Célébrité

Lev Davidovitch Bronstein, Léon Trotski (1879-1940) était le fils de paysans juifs du gouvernement de Kherson. Lorsque le piolet de Ramon Mercader mit fin à sa carrière révolutionnaire, il était devenu le prophète de la révolution permanente et l’un des battus de marque de la lutte pour le pouvoir en Russie soviétique. Ioulia Tymochenko (née en 1960) fut l’icône de la Révolution orange. Elle travaille depuis à placer l’Ukraine dans l’orbite des pays « occidentaux ». Deux fois premier ministre, elle a su mener une action anticorruption efficace… que ses détracteurs présentent comme le fruit d’une bonne connaissance du système. Elle est en tout cas emblématique de la récente période de transition. David Oistrakh (1908-1974), né à Odessa, fut un immense violoniste et un homme délicieux. Dmitri Chostakovitch lui a dédié ses deux premiers concertos pour violon et sa sonate pour violon ; Serge Prokofiev, sa sonate pour violon n° 1 ; Nikolaï Miaskovski son concerto pour violon… Sa collaboration avec Sviatoslav Richter (né à Jytomyr, Ukraine occidentale - 1915-1997) est entrée dans la légende. Andriï Chevtchenko (né en 1976 à Dvirkivchtchyna) est joueur de football. Il est l’un des meilleurs attaquants de sa génération : ballon d’or 2004 ; 175 buts pour le Milan AC, plus de 100 pour le Dynamo Kiev, 22 pour Chelsea… Il est le seul Ukrainien à avoir gagné la Ligue des Champions (en 2003, avec Milan). Pilier de l’équipe nationale. Bohdan Khmelnytsky (1596-1657), hetman des Cosaques Zaporogues, n’était pas un simple traineur de sabre. Elève des Jésuites de Lviv, il parlait le turc et le tatar et fut un chef de guerre pugnace et efficace qui parvint à ébranler la puissance polonaise. Un personnage de légende, taillé pour le romantisme politique et la vénération populaire.

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service. Pour les chauffeurs, nous vous conseillons, au minimum, l´équivalent de 1,5 ou 2 euro par jour et par personne. Nous vous conseillons le double pour les guides. En ce qui concerne le personnel local (porteurs, serveurs…) les usages sont très variables. Le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie du lieu : le prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant.

Achat

Poupées, œufs peints, objets de bois sculpté, tapis et broderies, tableaux naïfs, produits de bouche… Il y a de quoi faire.

Cuisine

S’il fallait, pour la situer toute, ne retenir qu’une chose dans la cuisine ukrainienne, ce serait sans doute salo, le lard fumé, que l’on mange saupoudré d’ail. Voilà. Une cuisine de paysans qui ont besoin de se conforter. D’ailleurs, la caricature veut que les Ukrainiens soient des « mangeurs de lard ». Mais il y a bien sûr des soupes, à la betterave (bortsch), à l’oseille, à l’ortie, au chou aigre… Des pains, dont les pampushki, qui accompagnent le bortsch, des galettes de blé, la kasha (le gruau de sarrasin). Les viandes sont ordinairement bouillies, même si les Ukrainiens sont aussi grands amateurs de chachliks (brochettes de poulet ou de porc). Des légumes ? Pommes de terre, betteraves, choux (les golubtsi sont des feuilles de chou farcies à la viande), champignons… Dans la catégorie ravioles rangeons les pelmini (à la viande, aux champignons, au fromage…) et les vareniki (au fromage blanc et aux fruits, que l’on mange avec de la crème fraiche). Les kholodets (ou studinets) sont des aspics… On apprécie les poissons d’eau douce : carpe, anguille, tanche, brochet, goujon… Au dessert, essayez les fruits en gelée ou les gâteaux au miel. En Crimée, les Tatars ont rapporté de leur exil en Asie centrale des habitudes culinaires prises là-bas : le plov (mouton et riz), les samossas, les nouilles (laghman), le naan (pain plat)… Et puis, sur tout le littoral de la mer Noire, on mange des fruits de mer et du poisson.

Boisson

Il n’est pas recommandé de boire l’eau du robinet, d’autant moins que l’eau minérale est bonne et bon marché. N’était la vodka, le thé pourrait faire office de boisson nationale : noir ou vert, on en boit un peu partout et un peu tout le temps. Signalons également à toutes fins utiles que les Ukrainiens brassent des bières très correctes. Quant aux vins de Crimée, liquoreux ou mutés pour la plupart (le mutage consiste à ajouter de l’alcool au vin pour en bloquer la fermentation ; le pineau, le banyuls ou le xérès sont différents types de vins mutés), il y en a de bons : s’en tenir au haut de gamme, le tout venant est bassement trafiqué.

Utile

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