Ah! Le Brésil! Le soleil, les plages, les corps sublimés, la samba endiablée, la joie de vivre qui exhale de tous les pores! Le but de ce petit billet sans-gêne n’est pas de plomber l’ambiance mais oui, le Brésil c’est cela mais pas que…

Figurez-vous que les Brésiliens sont comme les autres : ils ont des soucis. La vie est chère, c’est d’ailleurs un sujet de conversation perpétuel, “on ne sait pas de quoi l’avenir sera fait” etc… Après tout ils sont comme nous. Seule différence: ils ne le montrent pas. À l’air grincheux du Parisien dans le métro ils opposent, devant les étrangers, le sourire enjoué du carioca de carte postale. C’est qu’il est nationaliste le Brésilien. Fier de son pays. Évitez d’ailleurs de le dénigrer devant eux, genre: c’est la pagaille, rien ne fonctionne etc… Vous vous feriez rembarrer très vite.

Il a de quoi être fier, un pays immense (15 fois la France!), plus de deux cents millions d’habitants, des ressources naturelles a gogo; et une malédiction qui s’acharne: chaque fois qu’on parle du Brésil comme “le futur très grand” arrive une catastrophe qui le renvoie au stade de pays émergent. En fait il n’émerge jamais le Brésil! À quoi cela peut tenir? Peut-être à ce défaut qu’un comique brésilien scandait à tout propos : “on n’est pas professionnels”.

Ceci étant, une fois que vous avez intégré que vos rendez-vous seront systématiquement en retard d’une bonne demi-heure, c’est plutôt cool. Les gens sont charmants, ils aiment plaire. Pas pour autant que l’on se fasse la bise entre hommes. On enchaine les hugs avec tapes dans le dos, l’abraço, viril, les femmes s’embrassent sur les deux joues à Sao Paulo, trois fois à Rio. On s’adressera à vous en vous appelant Senhor Robert (ou Jean). C’est le prénom qui compte. D’ailleurs les docteurs et autres diplômés se nomment Doutor Eduardo ou Doutora Isabel. (Hors de prix, pensez à prendre une excellente assurance de voyage.

Le service public des hôpitaux est catastrophique. Le privé est bon mais cher).

Vous vous faites des amis? Peu de chances qu’ils vous invitent chez eux. Plutôt dans leur club. Tout bon Brésilien est membre d’un club plus ou moins huppé. Évidemment révisez vos connaissances en football avant de partir. Ce sera le thème récurrent. Oubliez le 3-0 de 1998, plaie encore douloureuse. Sinon le temps qu’il fait est une valeur sûre. Il ne fait jamais le temps qu’on espérait. Évitez la politique (voir plus haut) sauf si on vous en parle.

La vie est facile pour vous de passage. Quelques petites précautions néanmoins. Ce pays est celui d’Ayrton Senna. Donc tout conducteur a sa filiation dans ses gènes. Il n’existe pas d’automobiliste brésilien: seulement des pilotes! La conduite est aléatoire, la signalisation relève d’un lointain concept. Par exemple on ne respecte plus les feux rouges passé minuit. Donc même et surtout si vous êtes piéton, méfiez-vous. Pour freiner l’enthousiasme sportif des conducteurs les routes sont truffées de “dos d’ânes”. Pas ou très peu signalés. On en voit même sur les autoroutes. Juste retour des choses : on y voit aussi parfois des ânes tout court. Spécificité du pays: les passages piétons sur autoroute: un bonheur… Ne conduisez pas après avoir bu. La police est intransigeante (enfin pas toujours, faut savoir présenter les choses): 0.30g pas plus. Amende élevée à la clé. Par contre admirez l’état d’usure des pneus. Le Brésilien considère que c’est une dépense facultative, la police ne verbalise pas, donc on attend le moment où le pneu rend l’âme pour le changer. Dès qu’il pleut ça devient très sportif, mais Senna était excellent sous la pluie donc les gènes encore…

Erreur à ne pas commettre: le topless. Impensable dans ce pays. Si les fesses (bumbum) sont largement mises en valeur (et souvent artificiellement) avec des string - ficelle, la poitrine reste totalement vêtue. C’est ainsi.

Vous voilà parés côté précautions. Évidemment on ne porte pas de bijoux précieux ni de montres de valeur. Mais c’est basique. Il n’y a pas plus de criminalité qu’ailleurs, faut juste pas provoquer.

Côté nourriture vous allez redécouvrir le goût des choses simples : les fruits et légumes (hors de prix vous dira-t-on, bon marché pour vos euros) sont délicieux. Cela commence avec le pan de queijo au petit déjeuner, idéal si vous aimez manger salé à cette heure. Ça continue avec les jus de fruits. Aimezvous les haricots? Vous serez servis, ils sont à la base de l’alimentation locale. Avec de la saucisse, de la viande et du manioc émietté. Ajoutez des poissons à tomber, même les poulets ont du goût. Honnêtement on doit avouer que c’est souvent un peu gras, la friture étant largement répandue. Mais “sem problemas” la bière, (choppe prononcez chopy) excellente, et la cachaca feront digérer. Évidemment vous ne passerez pas à côté de la capirinha, sauf en cas de conduite bien sûr. Le café est fort et pas spécialement bon. Le meilleur part à l’export, on vous l’offre avec des petits gâteaux en fin d’après-midi.

Petit détail qui a son importance: le pays parle portugais avec un délicieux accent, beaucoup moins anglais et pas du tout français. Même votre espagnol ne vous servira pas à grand-chose. Dans les grandes villes on est toujours sauvé par un jeune étudiant mais à la campagne il faudra communiquer souvent par gestes.

Le Brésil un pays très divers. Ainsi pour l’électricité. Ça va du 120 volts au 220 en fonction de la région, de la ville. Les prises sont à 3 branches mais nos prises 2 branches fonctionnent aussi. À condition qu’il ne pleuve pas trop car alors le courant est coupé. Pas de panique: les hôtels ont des générateurs.

On trouve des distributeurs de billets à peu près partout en ville. Les commerces acceptent souvent les cartes de crédit, de même que les restaurants (trop heureux de ne pas avoir à contrôler les serveurs…), la vie est finalement assez simple, surtout quand on prend les petites contrariétés avec le sourire. Pour rire un peu plus (ou pleurer c’est selon) n’hésitez pas à regarder la télévision brésilienne et les telenovelas , vous allez apprécier Derrick.

Dernière idée: le rythme endiablé de la samba ce n’est pas pour tout le monde. Vos interlocuteurs pourront vous apparaître parfois un peu mou du genou. Si vous demandez plusieurs fois la même chose sans succès abandonnez ou faites le vousmême. Vous garderez votre bonne humeur, eux aussi. Après tout c’est l’essentiel.

Un très beau voyage en perspective.

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