Population

4 552 198 habitants (2007).

Langue officielle

Le bosniaque, le serbe et le croate (en fait, le bosniaque ou le serbe ou le croate).

Langue parlée

Quoi qu’en disent les nationalistes de tous bords, Bosniaques, Serbes et Croates, parlent des variantes d’une même langue (que les Serbes écrivent avec l’alphabet cyrillique et les autres avec l’alphabet romain). Mais les idéologies nationales ont la main et travaillent à approfondir les différences, au mépris d’une donnée de base : l’intercompréhension est (encore) complète malgré les particularités de surface. Les minorités tsigane et turque parlent toujours leurs propres langues.

Peuple

La Yougoslavie avait hérité du XIXe siècle une tripartition de la population de Bosnie-Herzégovine. Il y avait les Musulmans (Serbes ou Croates islamisés pendant la période ottomane), les Serbes et les Croates ; plus, bien sûr, quelques autres. Depuis la guerre civile, les Bosniens (citoyens de la Bosnie-Herzégovine) se répartissent en Bosniaques (ex-Musulmans ; 44%), Serbes (31%), Croates (17%) et Tsiganes, Turcs… Et la purification ethnique a eu en partie raison de la marquèterie de populations qui caractérisait la région jusque dans les années 1990.

Réligion

Les Bosniaques sont donc « musulmans ». En fait, si ces populations comptent dans leurs rangs de sincères disciples du Prophète (islam sunnite), il s’agit surtout désormais d’une détermination culturelle. La conversion à l’islam fut souvent une adaptation pratique à la domination turque ; on pourrait dire qu’à la fin de l’empire Mahomet n’a pas vraiment remplacé le calife ottoman. L’islam bosniaque est donc, dans l’ensemble très light. On ne saurait en dire autant de l’orthodoxie serbe ou du catholicisme croate.

Fête Nationale

La date de la fête nationale n’est pas encore fixée.

Calendrier des Fêtes

1er janvier : Jour de l’an. 7 janvier : Noël orthodoxe (25 décembre julien). 9 janvier : fête de la République (République serbe de Bosnie). 14 janvier : Nouvel An orthodoxe. 1er mars : jour de l’Indépendance (Fédération de Bosnie et Herzégovine). 8 mars : journée de la Femme. Mars-avril : Pâques. 1er mai : fête du Travail. 25 décembre : Noël. Les dates des fêtes musulmanes (fête du Sacrifice, Nouvel An, clôture du Ramadan, jour des Martyrs…), qui dépendent d’un calendrier lunaire, changent chaque année.

Histoire

Vers 1300 avant JC, les « Illyriens » commencent à occuper le pays. Sur les bords de la Save, ils sont concurrencés par les Celtes à partir du Ve siècle. Les Romains arrivent 300 ans plus tard. La région devient alors l’Illyricum. La Dalmatie, partie sud de cette Illyrie, comprenant l’actuelle Bosnie-Herzégovine, sera une province sénatoriale puis impériale. Pendant la période romaine, le christianisme est implanté. Vers 375 de notre ère, les Wisigoths, acculés au Danube par les Huns, sollicitent de l’empereur l’autorisation de s’installer au sud du fleuve. Accordé. Mais les Romains traitent mal ces Barbares, qui prennent la mouche, les armes et le pouvoir en Illyrie. Bientôt, ils entreront dans Rome (410). A la mort d’Attila (453), qui les avait vassalisés, les Ostrogoths s’émancipent et prennent la suite des Wisigoths dans les Balkans. En 535, le général romain Bélisaire (500-565) rend à Byzance le sud de la Dalmatie (actuelle Herzégovine). Quant au nord, il passe dans les mains des Lombards, puis des Avars. Dès le VIe siècle, des Slaves (Slavons, Sorabes, Crobates), alliés des Avars, se sont installés dans la région. Prenons le point de vue de Sirius (sans oublier que le résultat ne sera jamais une ligne de partage bien nette, mais une marquèterie de peuples et de pratiques) : certains seront christianisés par Rome et adopteront l’alphabet latin, d’autres le seront par Byzance et utiliseront l’alphabet cyrillique. Au IXe siècle, les Croates dominent la Dalmatie occidentale, les Bulgares, la Dalmatie orientale. Après l’an mille, l’ouest relève de la suzeraineté hongroise et l’est de la suzeraineté byzantine. Le Grand Schisme venu (1054), on sera donc plutôt catholique à l’ouest et plutôt orthodoxe à l’est et au sud. Sauf que… le moine bulgare Bogomil (Xe siècle) a prêché une réforme qui s’est répandue dans tous les Balkans et, particulièrement, en Bosnie. Le Bogomilisme est une hérésie évidente d’un point de vue catholique (et, au fond, orthodoxe) : dualisme, marcionisme, iconoclasme, abandon de la structure ecclésiale… Au cours du XIIe siècle, le banat de Bosnie devient une entité autonome dans l’espace que se disputent Hongrois et Byzantins. En 1203, le deuxième ban, Kulin (1163-1204), juge expédient d’abjurer le bogomilisme. L’Eglise « bogomile » de Bosnie est ébranlée, mais poursuivra son existence dans une espèce de demi-jour politico-religieux. La Hongrie garde un fer au feu en Bosnie. L’Herzégovine entre dans l’orbite de la Serbie. La féodalité bat son plein. Mais, dans la seconde moitié du XVe siècle, les Turcs y viennent mettre un terme. La Renaissance sera ottomane dans les Balkans. La mémoire de la crise bogomile, la fiscalité et les postes à pouvoir déterminent un certain nombre, puis un nombre certain, de Croates et de Serbes à embrasser l’islam. Ce nombre va croître pendant toute la période. Au XIXe siècle, Croates et Serbes de Bosnie sont touchés par les vents patriotiques et s’agitent. Les musulmans se montrent surtout préoccupés par le maintien de leurs prérogatives locales : ils s’opposent autant à l’administration centrale de l’empire ottoman qu’au nationalisme croate et serbe. Mais, le statut quo ne satisferait qu’eux. Lorsque l’Autriche s’empare du pays en 1878, ils sont la moitié de la population. Les « Musulmans » deviennent alors l’une des composantes « ethniques » de la population. Les orthodoxes réclament leur rattachement à la Serbie. La Bosnie-Herzégovine est officiellement rattachée à l’empire austro-hongrois en 1908. Le 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche (né en 1863) est assassiné à Sarajevo. Gavrilo Princip a ouvert la boîte de Pandore : l’Europe entière entre en guerre. Le 1er décembre 1918, le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (future Yougoslavie) est créé, dans lequel l’option centralisatrice l’emporte rapidement sur les aspirations fédéralistes. Là-dedans, la Bosnie-Herzégovine ne jouera pas un rôle moteur. Les musulmans restent à la remorque de cette Slavie du sud, qui ne les aime guère. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Yougoslavie est démembrée. Les Serbes de Bosnie-Herzégovine se rallient (dans la résistance) aux Serbes de Serbie, les Croates à l’Etat croate d’Ante Pavelic (1889-1959), auquel se joignent également les responsables musulmans. Bien entendu, tous les Croates n’étaient pas oustachis, il y eut des Serbes collaborateurs et les musulmans ne se sont pas enrôlés en masse dans la division Handschar ! Quant au parti communiste, il joue sa propre partition. Et tire les marrons du feu. En 1943, on a envisagé la création d’une République socialiste de Bosnie-Herzégovine, intégrée à une future Yougoslavie communiste. Ce qui fut fait en 1945. La période socialiste est marquée en Bosnie par une forte industrialisation. Les tensions intercommunautaires sont étouffées. La société socialiste favorise même un certain mélange. Mais elle se délite après la mort de Tito (1980). Et les nouvelles frustrations s’expriment selon le dessin des anciennes cicatrices : les nationalismes renaissent. Les élections parlementaires de 1990 se font sur des critères « ethniques ». La Slovénie et la Croatie deviennent indépendantes. En Bosnie, les Serbes entendent rester dans la fédération yougoslave, les Croates et les Musulmans-Bosniaques penchent pour l’indépendance. Le referendum de 1992 sur la souveraineté est boycotté par les Serbes. Le résultat (favorable) est donc bancal. Mais entériné par la communauté internationale. Les tensions montent. En avril la guerre civile éclate. On en a suivi le déroulement sanglant. En 1994, l’accord croato-bosniaque de Washington, porte sur la création d’une Fédération de Bosnie et Herzégovine. Le 21 novembre 1995, les accords de Dayton reconnaissent l’existence conjointe de deux entités politiques, la Fédération de Bosnie et Herzégovine (51% du territoire) et la République serbe de Bosnie (49% du territoire). L’ONU patronne le retour à la paix (IFOR, SFOR) et la réorganisation du pays, puis l’Europe prend le relai en 2004 (EUFOR). A La Haye, la Cour internationale de justice commence à juger les criminels de guerre…

Politique

La Bosnie-Herzégovine, Bosna i Hercegovina, est une entité républicaine composée de deux collectivités territoriales autonomes, la République serbe de Bosnie, Republika Srpska, qui n’est pas une république au sens du droit international, et la Fédération de Bosnie et Herzégovine, Federacija Bosne i Hercegovine, qui n’est pas non plus une fédération au sens plénier du terme. Seule la Bosnie-Herzégovine, que représente la Fédération de Bosnie et Herzégovine, est sujet de droit international. La présidence de la Fédération de Bosnie et Herzégovine est un triumvirat, avec un Bosniaque, un Croate (l’un et l’autre élus par la Fédération de Bosnie et Herzégovine) et un Serbe (élu par la République serbe). Ils ont un mandat de 4 ans et assurent la fonction présidentielle à tour de rôle par tranches de 8 mois. Le gouvernement est composé selon un système de quotas : 8 Bosniaques, 5 Croates, 3 Serbes. Le parlement est bicaméral : la chambre des Représentants (28 Bosniaques et Croates, 14 Serbes, tous élus pour 4 ans) ; la chambre des Peuples (5 Bosniaques, 5 Croates, 5 Serbes, tous nommés). Le pouvoir législatif est partagé entre le gouvernement fédéral et le parlement. Les hautes instances du pouvoir judiciaire sont la Cour constitutionnelle et le Conseil d’Etat. La République serbe a en propre présidence, parlement et gouvernement.

Célébrité

Ivo Andric (1892-1975) né à Travnik dans une famille croate et mort à Belgrade fut un diplomate et écrivain yougoslave. Ce qui ne l’a pas empêché de devenir le chantre de la Bosnie. Son œuvre conjoint histoires et Histoire avec une justesse dont on aurait souhaité qu’elle ait plus d’émules. Prix Nobel de littérature 1961. Miralem Pjanic (né en 1990) est un joueur de football bosnien (milieu offensif), né à Zvornik. Formé au FC Metz, il fait désormais les beaux soirs de l’Olympique lyonnais. Pas encore un cador ? Les fiches info pays Voyageurs vous donnent rendez-vous dans cinq ans… Kalmi Baruch (1896-1945), né à Sarajevo, fut l’un des intellectuels juifs les plus marquants de l’entre-deux-guerres. Ses travaux sur le judaïsme séfarade en Bosnie (linguistique, philologie, poétique) font toujours référence. Il a partagé le sort tragique de la plupart des juifs yougoslaves : assassiné (à Bergen-Belsen). Gavrilo Princip (1894-1918). C’est cet étudiant serbe, « nationaliste yougoslave », qui a tiré sur l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo. La Yougoslavie titiste en fit un héros ; la Bosnie-Herzégovine penche aujourd’hui pour ses victimes… Il eut l’un des gestes qui ont fait le XXe siècle en tout cas… Abdulah Sidran (né en 1944 à Sarajevo) est un poète important et une figure des lettres bosniennes. Il fut également le scénariste d’Emir Kusturica (né en 1954) pour Te souviens-tu de Dolly Bell ? et Papa est en voyage d’affaires. Ban Boric (règne 1154-1164) est le premier des bans de Bosnie. Il fut donc la première autorité à dégager des marches militaires de Hongrie une entité autonome légitime correspondant grosso modo à la Bosnie actuelle. Le « là » et le « pas là » de Boric sont donc les prémices du pays moderne.

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays du monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service. Pour les chauffeurs, nous vous conseillons, au minimum, l´équivalent de 1,5 ou 2 euro par jour et par personne. Nous vous conseillons le double pour les guides. En ce qui concerne le personnel local (porteurs, serveurs…) les usages sont très variables. Le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie du lieu : le prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant. Indiquons tout de même qu’au restaurant un pourboire de 5 à 10% du montant de l’addition est dans l’ordre des choses.

Achat

On trouvera de belles broderies ; le travail du bois (objets usuels ou statuettes) est très maîtrisé, tout comme la dinanderie (argent, cuivre, laiton martelés). Les produits de bouche (pâtisseries, eaux de vie, salaisons…) sont des options évidentes.

Cuisine

Les influences turque et austro-hongroise (méditerranéenne aussi, dans une moindre mesure) sont sensibles dans la cuisine bosnienne : kebabs (viande marinée grillée) et feuilletés (sirnica, au fromage ; zeljanica, aux épinards…) pour la première ; soupes de légumes, ragoûts, choux farci et pommes de terre pour la seconde. Idem en ce qui concerne les desserts, les pâtisseries orientales (au miel, au sésame) alternent avec les gâteaux crémeux, typiques des pays danubiens. Le « chacun chez soi » politique ne peut pas grand-chose contre ça, c’est heureux. Sur le pouce, on mange des cevapi, petits rouleaux de bœuf (ou agneau) haché grillés servis dans un pain rond, avec force oignon, ajvar (purée de poivron relevée) et fromage blanc. La viande grillée (agneau, chevreau, bœuf, porc - sauf chez les musulmans, bien sûr - poulet…) est un pilier de la convivialité bosnienne.

Boisson

En principe, l’eau du robinet est potable ; toutefois, on évitera d’en boire : les standards d’épuration ne sont pas encore tout à fait ceux de l’Union Européenne et un dérangement gastrique est vite attrapé. On trouve partout de l’eau minérale, des sodas, de la bière (Sarajevsko est une pils légère et désaltérante) et des jus de fruits. Le café traditionnel est turc (avec le marc dans la tasse) ; dans les bars, on le prépare de toutes les façons possibles. Des breuvages lactés (kéfir, yogourt) ou la boza (à base de céréales fermentées) accompagnent en général les repas. Enfin l’eau de vie (raki) est de toutes les festivités et de toutes les rencontres.

Utile

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