Liban

A vivre absolument au Liban

A vivre absolument au Liban

Au Liban, peut-être parce que la guerre est encore trop proche, on veut vivre aujourd'hui – et croire en un demain rutilant. On veut faire la fête , on construit des hôtels fastueux, des centres commerciaux de luxe, des boîtes de nuit qui scintillent.

 

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La grotte aux pigeons

C'est un des endroits emblématiques de la ville, cet arc de triomphe naturel qui enjambe la mer face à Beyrouth. Ici, on l'appelle Raouché, une déformation du mot rocher. En soi, ce n'est pas le Rocher qui est en péril – quoi qu'un peu de toilette ne serait pas de trop – lorsqu'on décide s'y accoster, il est maintenant jonché de détritus. C'est tout le quartier qui est en danger, l'accès à la mer étant de plus en plus limité par les nouvelles constructions. Le rocher, situé en face de la corniche, cette longue route qui longe la mer d'un bout à l'autre de Beyrouth, est situé dans le coin des plages populaires, les gamins viennent y faire les mariolles, gonfler les muscles, plonger depuis les falaises en faisant de l'oeil aux jeunes belles à côté, une ambiance bon enfant, délicieuse et unique, menacée par l'embourgeoisement de la ville.

 

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Souks traditionnels de Byblos

A Beyrouth, ils ont disparu, remplacés par des boutiques chics et des centres commerciaux. Ici, les souks serpentent dans les ruelles de la vieille ville, charmants, parfois couverts d'une toile blanche pour nous protéger du soleil. On tombera ça et là sur une ancien chapiteau romain ou un passage voûté. On y traînera sans trop savoir ce qu'on va y trouver – les épices voisinent avec les petits jouets,  les vêtements avec les articles de plage, les ustensiles de fer blanc avec un petit café. Cela fait partie du plaisir.

 

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Les forêts de cèdres du Liban

Les majestueux cèdres du Liban font partie du Patrimoine national, à tel point que le Cèdre figure au centre du drapeau national. Mais dans la nature, il se fait rare. Recouvrant autrefois de grandes zones du territoire libanais les forêts de cèdres se limitent aujourd'hui à des îlots discontinus, conséquences de la déforestation massive liée aux actions humaines et aux modifications climatiques. On peut voir une des dernières forêts survivantes, qui compte deux arbres tri-millénaires, dans le lieu joliment nommé Cèdres de Dieu - une forêt qui couvrait autrefois tout le Mont-Liban - , classé au Patrimoine mondial par l'UNESCO.   

 

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Le palais Heneine à Beyrouth

Les tours poussent à Beyrouth, toujours plus hautes, symboles de l'énergie de la ville, mais aussi d'une spéculation à tout-va. Souvent ici, les promoteurs sont juges et parti, parfois au détriment du Patrimoine. Pour prendre un café à la Brasserie du Levant, l'une des plus anciennes brasseries du Moyen-Orient, fondée en 1930, c'est trop tard ! Les bulldozers viennent de démarrer sa démolition. Elle fera place à un complexe résidentiel de luxe. Le Palais Heneine, une bâtisse du XIXe siècle,  l’un des exemples les plus remarquables d’architecture de palais de la période Ottomane, avec ses innombrables pièces, grands halls de réception, vestibules, couloirs, escaliers, galeries à arcades, aux styles incroyablement somptueux et complexes, est toujours debout, mais en danger. Son propriétaire le laisse se dégrader, alors qu'il est classé monument historique depuis plus de vingt ans. Fin 2015 ; il a rejoint la liste des monuments menacés du  World Monuments Fund (Fond Mondial pour les Monuments), tant pour ses caractéristiques historiques exceptionnels que pour son terrible état de détérioration.

 

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Les quartiers historiques de Beyrouth

Et de manière générale, c'est toute la ville historique de Beyrouth qui est en danger !  A tel point que la société civile libanaise commence à se mobiliser pour sauver le patrimoine de Beyrouth. En témoigne par exemple l’initiative du « Beirut Watch Day », destinée à attirer l'attention du public et des autorités. Les militants pour la conservation du patrimoine libanais déplorent notamment la construction de nouveaux immeubles en hauteur aux dépens d'anciennes bâtisses et de la qualité de vie de la capitale. Les demeures traditionnelles de Beyrouth, déjà largement mises à mal par la guerre civile,  sont en voie de disparition : en 1995, on en dénombrait 1200, elles sont aujourd'hui moins de 400.

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