Population

23 069 345 habitants (2009).

Langue officielle

Le chinois « mandarin » ou guoyu. C’est la même langue officielle qu’en RPC (putonghua), à ceci près que Taïwan n’a pas reconnu la simplification des caractères introduite par les autorités de Pékin en 1956.

Langue parlée

Le chinois officiel n’est la langue maternelle que de 20,1% des Taïwanais. Il est toutefois la langue véhiculaire (avec l’anglais dans le milieu des affaires) de toute l’île. Le taïwanais, ou min nan, est parlé par 66,7% des habitants, il est issu du chinois du Fujian. La langue hakka a environ 10% de locuteurs. 100 000 personnes parlent encore le japonais, la dernière langue coloniale en date. Les langues aborigènes, d’origine proto-austronésienne, concernent 2% des Taïwanais. L’anglais est très largement pratiqué.

Peuple

Les Han représentent 97,8% de la population (« Taïwanais » descendants d’immigrants du Fujian et du Guangdong, Hakka, réfugiés de 1949). Les aborigènes (2% de la population), d’origine proto-malaise, se répartissent en 14 groupes ethniques, dont les principaux sont les Amis, Païwan, Ayatal, Bunun, Truku, Rukai, Puyuma.

Réligion

Plus de 25 institutions religieuses bénéficient d’un statut officiel. Le bouddhisme est le courant spirituel majoritaire (35,1% des Taïwanais religieux en 2005), sous des formes issues des traditions chinoise et japonaise. Plus ou moins intriqué au bouddhisme, le taoïsme peut revendiquer 33% des croyants. Mais, surtout, la « religion chinoise » traditionnelle mêle confucianisme, taoïsme et bouddhisme en un syncrétisme pratique conséquent. Bien que très minoritaire, le christianisme est, selon les points de vue, foisonnant ou atomisé. Il est, en fait, un concentré de l’histoire de l’évangélisation de la Chine : Portugais, Hollandais, Espagnols, Britanniques, Canadiens et Américains sont intervenus tour à tour et concurremment. Les 1,3% de catholiques ont une véritable influence dans les sphères dirigeantes. Les trois confessions protestantes principales sont les presbytériens (qui ont, en particulier, évangélisé les aborigènes de l’île) ; la Véritable Eglise de Jésus, d’origine pentecôtiste ; l’Eglise de la Sainteté, née au Japon. Quant à l’islam (0,3%), il réunit surtout les membres de la communauté indonésienne.

Fête Nationale

10 octobre : anniversaire de la fin de la dynastie mandchoue des Qing (1911).

Calendrier des Fêtes

Les fêtes traditionnelles chinoises suivent un calendrier lunaire. Le Nouvel An chinois (fin janvier ou début février) marque le début de l’année lunaire ; c’est la plus importante des fêtes annuelles. Quatre jours fériés. La fête de la Lune est célébrée deux semaines après le Nouvel An. La fête des Bateaux-Dragons a lieu le 5e jour du 5e mois lunaire. La fête de la Lune d’automne, le 15e jour du 8e mois lunaire. Certaines fêtes récemment adoptées relèvent du calendrier grégorien. 1er janvier : Jour de l’an. 28 février : jour de la Paix. 29 mars : jour de la Jeunesse. 28 septembre : jour des Professeurs (anniversaire de la naissance de Confucius). 10 octobre : fête nationale. 31 octobre : anniversaire de Tchang Kaï-chek. 12 novembre : anniversaire de Sun Yat-sen. 25 décembre : fête de la Constitution (1947) ; Noël.

Histoire

Les ancêtres austronésiens des actuels aborigènes de Taïwan, venant de Chine du sud, commencent à traverser le détroit environ 3 000 ans avant JC. Ce sont des cultivateurs de riz et de millet. Leur histoire est mal connue. Au XVIe siècle de notre ère, une caraque portugaise approche l’île. On trouve ça joli et on nomme formosa (belle) cette terre nouvelle. C’est beau, certes, mais farouche : les Tokugawa vont l’apprendre à leurs dépends au début du XVIIe siècle ; deux fois repoussés par les habitants, ils abandonnent. Les Hollandais, eux, sont des rugueux. Chassés des Pescadores par les Chinois (1622), ils fondent fort Zeelendia à l’emplacement de l’actuelle Tainan (1624). Rapidement, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales jette les bases d’une colonisation en bonne et due forme (évangélisation, mise en valeur des terres, « importation » de main d’œuvre, fiscalité…). Les tentatives espagnoles d’installation dans le nord de l’île sont étouffées. Mais les affaires continentales s’invitent à Formose ; le corsaire chinois Koxinga (Guo Xingye, 1624-1662) met le siège devant Zeelendia en 1662. Les Hollandais doivent se retirer. Le colonisateur change, la colonisation demeure : sinisation et défrichage. Fidèle aux Ming, les descendants de Koxinga font de Formose une place forte et la base d’où partent leurs attaques contre les Mandchous. En 1683 toutefois, les Qing reprennent la main. Le processus d’annexion de l’île à l’empire du Milieu est lancé. Le mouvement migratoire se poursuit envers et contre tout (il y aura 2 000 000 de Han à Taïwan en 1810). Les colons occupent les plaines ; les aborigènes sont repoussés dans les montagnes. Les conflits sont si fréquents que les autorités chinoises établissent une frontière entre parties basses et parties hautes, qui existera jusqu’en 1875. Bisbilles entre Chinois également. Et puis les étrangers passent par là : Anglais (1840), Japonais (1871), Français (1884)… Taïwan devient officiellement une province chinoise en 1885. Dix ans plus tard, le jeune Japon et la vieille Chine en viennent aux mains. Le traité de Shimonoseki (17 avril 1895) entérine la victoire des modernes et donne l’île au Japon. L’éphémère République de Taïwan de Tang Jingsong (1841-1903) ne pèse pas lourd face aux troupes nippones. Dans sa nouvelle colonie, le Japon reprend à son compte l’effort de modernisation : chemins de fer, doublement de la surface cultivable, irrigation, réforme agraire, industrialisation. Lorsque la guerre sino-japonaise éclate en 1937, la société taïwanaise est soumise à une politique d’assimilation culturelle rigoureuse. A la fin de la guerre, l’île est restituée à la République de Chine que dirige Tchang Kaï-chek (1887-1975). Mais l’administration KMT, peu respectueuse des particularités insulaires et polarisée par la lutte contre le PCC, heurte les Taïwanais. Des émeutes sont réprimées dans le sang. Un sentiment indépendantiste se fait jour. Il lui faudra faire comme le fleuve Alphée (occulter son cours) lorsque Tchang se repliera sur l’île en 1949 et décrètera la loi martiale. Les nouveaux venus imposent de nouvelles normes. La culture aborigène se détériore encore un peu. C’est la guerre de Corée qui rend à Tchang l’appui américain ; la 7e flotte s’interpose entre lui et Mao. Pourtant la République populaire s’installe dans les relations diplomatiques. Le 25 octobre 1971, pour lui faire de la place, l’ONU expulse les représentants de Taipei (résolution 2758). Après la mort de Tchang, l’idée d’autonomie taïwanaise refait surface. En 1979, le rétablissement des relations entre les USA et la Chine populaire entraine une révision dramatique des accords de défense passés par l’administration américaine avec la Chine « nationaliste ». Une aide minimale est accordée pour l’autodéfense de l’île. Pendant les années quatre-vingt-dix, le décollage économique aidant, la « taïwanisation » des esprits se précise ; l’idée de reconquête du continent et de solidarité politique essentielle s’efface. Si bien qu’en 2000, Pékin envisage officiellement l’option militaire en cas de séparation formelle de « l’autre Chine ».

Politique

Les instances nationales de l’Etat sont la présidence de la République, l’assemblée nationale et les cinq yuans : législatif, exécutif, judiciaire, des examens et de contrôle. Le président (élu au suffrage universel direct pour un mandat de 4 ans, renouvelable une fois) dispose de pouvoirs importants. Le premier ministre est à la tête du yuan exécutif. Le yuan législatif est composé de 225 députés, pour la plupart élus au suffrage universel direct (mandat de 3 ans). Cette assemblée légifère, examine les lois de finance et les rapports d’audit ; elle supervise le travail du yuan exécutif. Le yuan judiciaire a en charge la justice. L’assemblée nationale a 300 membres nommés, de telle façon qu’lis soient représentatifs de la composition politique du yuan législatif. Ses prérogatives principales sont l’amendement de la Constitution et la modification du tracé des frontières nationales. Taïwan, qui n’aspire plus réellement à la reconquête du continent, est tiraillée entre son indépendance de fait et la politique de la Chine unique mise en avant par Pékin et par une partie du personnel politique taïwanais. L’influence grandissante de la RPC sur la scène internationale ne cesse d’accentuer l’isolement diplomatique de l’île, ou, plutôt, de prendre en otage ses relations internationales. Malgré certains rapprochements économiques (Taipei est le premier investisseur étranger en République populaire) et symboliques, les solutions de droit à cette question divergent encore largement de part de d’autre du détroit.

Célébrité

Sun Yat-sen (1866-1925) fut la référence idéologique suprême de la République de Chine. Les Trois principes du peuple (nationalisme, démocratie, bien-être du peuple), formulés par Sun au moment du renversement de l’empire des Qing, ont été systématiquement et fermement opposés au marxisme version Mao. Hou Hsiao-hsien (né en 1947 au Guangdong) est la figure de proue du nouveau cinéma taïwanais. La manière dont il met en scène l’impact de l’histoire sur quelques personnages doit sans aucun doute beaucoup à la situation singulière de son pays dans l’Asie contemporaine. Chang Yung-fa (né en 1927 dans les Pescadores), président d’Evergreen Group (transport maritime et aérien, logistique, hôtellerie), est une figure du « miracle taïwanais ». Et un exemple de ce que les contraintes politiques peuvent susciter de détermination et de vista industrielle. Yin Shun (1905-2005) est l’un de ceux dont l’exil à Taïwan après 1949 a permis qu’y soit réimplantée la grande tradition du bouddhisme mahayana chinois. Promoteur d’un bouddhisme humanisant, il devint, au fil des ans, un maître respecté et l’inspirateur de nombreuses fondations charitables. Liu Mingchuan (1836-1896) était un officier de l’armée mandchoue ; à ce titre, il participa à la répression de la révolte des Taiping et à la défense de Taïwan contre les Français. En 1885, il devint le premier gouverneur impérial de l’île, qu’il dota d’équipements up to date : chemin de fer, télégraphe, éclairage public électrique…

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service. Pour les chauffeurs, nous vous conseillons l´équivalent de 2 à 3 euros par jour et par personne. Nous vous conseillons 4 à 5 euros par jour et par personne pour les guides. En ce qui concerne le personnel local (porteurs, serveurs…) les usages sont variables. Le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie du lieu : les prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant.

Achat

Les objets de marbre, de bambou, de laque, de cuivre ou de rotin, le mobilier incrusté de nacre, les cloisonnés, les tapis, les broderies sont au nombre des réalisations de l’artisanat (ou de la petite industrie) taïwanais. On trouve également des vêtements de belle facture et des entrepôts entiers d’électronique. Certains thés sont remarquables et méritent d’être rapportés ; les divers ustensiles qui vont avec également.

Cuisine

C’est un lieu commun de dire que la cuisine est déterminée par la géographie et l’histoire. C’est vrai à Taïwan, comme ailleurs. L’histoire de la Chine nationaliste sert pourtant tout particulièrement le gastronome : l’immigration de 1949 a fait que toutes les cuisines chinoises (produits et techniques) se sont télescopées ici et qu’un même quartier vous permet parfois de faire le tour d’un continent : raviolis et nouilles de blé, comme au nord ; tofu, viandes grillées et piment, comme dans l’ouest ; sweet and sour, comme au sud ; huoguo, fondues, comme dans l’est... La géographie, quant à elle, met tout de même une touche méridionale et marine (poissons, crustacés) à l’ensemble. Au quotidien, avec le riz, le porc, le poulet, le canard, le chou, l’ail et la ciboule dominent. Les soupes de nouilles lyophilisées, les pizzas et les hamburgers sont, eux aussi, inscrits dans le paysage. La petite cuisine des rues et des marchés de nuit mérite qu’on s’y arrête : soupe de tofu puant et sang de canard, calamar grillé, baozi (brioches fourrées à la viande), crêpes farcies taïwanaises, omelette aux huitres…

Boisson

L’eau du robinet n’est pas potable ; on boira donc de l’eau minérale en bouteille (capsulée). On s’abstiendra également de prendre des glaçons ou des « sorbets » à la glace pilée. Les sodas sont partout. La bière aussi (blonde, légère et désaltérante). On boit du thé un peu tout le temps, en changeant de variété au fil de la journée (le Oolong, semi-fermenté, est toutefois une spécialité taïwanaise, tout comme les thés fumés). Le thé aux perles est une invention de l’île : thé au lait parfumé additionné de billes de tapioca au caramel. Le tord-boyau de base est l’alcool de kaoliang (un sorgho).
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