Russie

Volga et Carélie : sur des eaux bénies

Volga et Carélie : sur des eaux bénies

Voguer sur la Volga : quel meilleur moyen pour remonter le cours d’une Russie ancestrale ? Pour parfaire cette approche, explorer la Carélie et ses 60 000 lacs. Au fil de l’eau : des villes prospères, des immensités vierges et des églises en bois.

 

Lorsqu’à son embouchure, sur la mer Caspienne, Astrakhan voit éclore les premiers nénuphars, les collines de Valdai où elle prend sa source perdent à peine leur manteau blanc. Une différence de climat qui s’explique par les 3 700 kilomètres qui séparent la source et le delta du plus long fleuve d’Europe. Depuis l’Antiquité, la Volga, “Matouchka Volga”, la “Petite Mère Volga” comme le pays aime encore la surnommer, nourrit le réel et l’imaginaire russe.

La Volga

Sergey Yakovlev/Fotolia.com

Fouettée par Ivan le Terrible, enragé qu’un fleuve puisse oser mettre en ballottage la reconquête de Kazan face aux Mongols, louée par Pouchkine et tant d’autres maîtres de la littérature, de la peinture, de la musique, la Volga a façonné l’histoire de la Russie et avec elle de tout un continent. Voie commerciale majeure dès l’Antiquité, le fleuve a vu transiter entre l’Europe du Nord et l’Asie moult richesses, emmenées par des peuples nomades (dans le sillage des Vikings détroussant les galions arabes de leurs cargaisons d’ivoire et d’ambre). D’autres, suite aux grandes migrations – finnoise, avare, slave, bulgare, mongole, tatare – installèrent sur ses rives des villes florissantes. Le cours supérieur offre ainsi quelques chefs-d’œuvre architecturaux. Ouglitch, bâtie au Xe siècle, et Iaroslavl, iconique cité religieuse, s’abordent au départ de Moscou grâce à l’ouverture d’un canal, il y a moins d’un siècle. Une croisière mémorable qui alterne pure nature et culture, avec pour escale finale Saint-Pétersbourg.

Eglise en Carélie

Lordnviper/stock.adobe.com

De là, il est possible de prolonger son voyage (via Petrozavodsk, en train) en filant vers la Carélie et ses lacs, notamment l’Onega sur lequel se trouve l’île de Kiji, célèbre pour ses tours et ses coupoles d’églises en bois. La construction du plus ancien édifice (l’église de la Résurrection de Lazare) remonterait à la fin du XIVe siècle. À ce titre, l’île sacrée du Grand Nord russe a obtenu le statut de musée national d’architecture et d’histoire en 1966 et est classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1990. La visite en traîneau à chiens et motoneige s’impose.

 

Photographie de couverture : Thomas Owen/Fotolia.com

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