Afrique du Sud

Un printemps africain – Art contemporain

Un printemps africain – Art contemporain

Depuis l’exposition Les magiciens de la terre au Centre Pompidou en 1989, et avec les biennales de Dakar, les rencontres de Bamako et de Johannesburg, la scène africaine s’est imposée dans le champ de l’art contemporain. Au cœur de cette scène - diverse comme l’est le continent africain - l’Afrique du Sud, particulièrement dynamique, occupe une place singulière, notamment en termes de photographie. Née avec l’apartheid, la photographie sud-africaine est une photographie de la nécessité, une lutte, un manifeste.

 

Une photographie dont le dynamisme tient aussi à l’existence au Cap et à Johannesburg d’institutions et galeries particulièrement impliquées, tel le Market Photo Worshop, fondé dès 1989 par le photographe David Golblatt, et qui a favorisé l’émergence de plusieurs générations de photographes. Le chef de file de la photographie sud-africaine, qui photographiait des « deux côtés » pendant l’apartheid, n’a jamais cessé d’être un observateur critique de son pays. Guy Tillim témoignait dans la série Job’urg de la transformation radicale de ville avec la fin de l’apartheid, et de la condition des oubliés de cette métamorphose ; Pieter Hugo fait le tableau d’une Afrique du Sud « schizophrène »  avec la série Kin : tous ont contribué à forger notre regard sur ce pays.

Les plus jeunes bénéficient de la renommée internationale de leurs aînés ; eux aussi témoignent, dans une pratique, toujours très militante, des évolutions et bouleversements de la société sud-africaine. Musa Nxumalo, par exemple, né en 1986, formé au Market Photo Worshop, et dont les travaux évoquent à la fois les photographies de Malick Sidibé et les films de Larry Clarck, documente la vie nocturne des « cools kids » de Soweto, les « born free », qui n’ont pas connu l’apartheid.

On assiste aussi à l’émergence plus récente d’une scène féminine et féministe, dont l’égérie est Zanele Muholi. Se définissant comme « activiste visuelle », elle met en lumière une communauté marginalisée, la communauté LGTB sud-africaine, ou ouvre une réflexion sur les discriminations de genre, à travers une série d’autoportraits où elle aborde des coiffures et accessoires qui renvoient aux stéréotypes attachés à la femme noire.

 

L’art contemporain africain est à l’honneur en France en ce printemps 2017

A Paris, la Fondation Vuitton expose jusque la fin de l’été la scène contemporaine africaine avec Art/Afrique. Point d’orgue de cette exposition magistrale, « Etre là » » propose un focus sur l’Afrique du Sud, pour mettre en lumière le positionnement d’artistes qui ont la conviction de pouvoir influer sur la situation économique et sociale de leur pays – vous y verrez notamment  les oeuvres de David Goldblatt, Zanele Muholi et Musa Nxumalo.  A Lille, « Vers le Cap de Bonne Espérance », deuxième volet de l’exposition Afriques Capitales entamé à la Villette, expose une trentaine d’artistes contemporains, du Maghreb à l’Afrique du Sud, sélectionnés par le curateur Simon Njami.

On peut préférer s’envoler pour l’Afrique du Sud. Pour visiter, à la source, The Market Photo Workshop  de Johannesburg – l’école abrite une galerie d’exposition – ou, au Cap, la Stevenson Gallery, qui représente Gui Tillim et Zanele Muholi.

 

A VOIR

 

A Paris :  « Etre là » », Afrique du Sud, une scène contemporaine, Fondation Louis Vuitton, Paris. Jusqu’au 28 août.

A Lille:  Afriques capitales. Vers le Cap de Bonne-Espérance. Gare Saint-Sauveur, Lille. Jusqu’au 3 septembre.

A Johannesburg:  The Market Photo Workshop. 138 Lilian Ngoyi Street, Newtown, Johannesburg.

Au Cap Stevenson gallery : Buchanan Building, 160 Sir Lowry Road, Woodstock 7925, Captown.

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