Malaisie

A vivre absolument en Malaisie

A vivre absolument en Malaisie

Des forêts qui disparaissent, les coraux qui blanchissent, les animaux en danger, des pans entiers de la culture traditionnelle menaces, la Malaisie n'échappe pas aux pressions qui pèsent sur la planète.

 

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Marcher dans les grandes forêts primaires

La déforestation s'intensifie en Malaisie. Il n'y a pas si longtemps, presque l'ensemble du pays était couvert de forêts – une bonne partie étant de la forêt primaire, parfois vieille de plus de 100 millions d'années. Aujourd'hui, elle ne couvre moins de soixante pour cent du territoire. Sur une durée de 20 ans seulement, au tournant du nouveau millénaire, près de 5 millions d'hectares de forêts ont disparu. Et cela continue. A Bornéo, l'île aux jungles mythiques, la situation est particulièrement désastreuse : la forêt ne couvre plus que 8% du territoire dans l’État de Sabah et 6% à Sarawak, les zones de forêt étant remplacées par de gigantesques exploitations de palmiers à huile , qui continuent de s'étendre.  Alors, vite, allez marcher dans ces forêts aux arbres immenses, regarder l'envol des chauve-souris à la tombée de la nuit, écouter les éléphants barrir.

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Se balader dans l’île de Penang

Penang, c'est un univers particulier en Malaisie : ce fut  l'un des ports d'attache des Anglais sur la route de l'Asie, leurs navires chargés de thé et d'opium y faisaient escale. Chinois, indiens, s'y sont établis, et ont fait de sa capitale, Georgetown, une incroyable mosaïque culturelle, où l'on verra des bâtiments coloniaux anglais, des temples chinois et hindouistes, et, avec un peu de chance, un opéra chinois de rue... Mais l'urbanisation, souvent chaotique, est en train d'étouffer l'île, les forets qui entourant Georgetown sont en train de disparaître, et avec elle les poumons de  la ville. Au delà de la dégradation du paysage de l'île, ces constructions pourraient, selon  certains experts, détruire des zones de captage d’eau et provoquer une érosion des sols, des glissements de terrain, des inondations, la pollution des cours d’eau, voire, à plus long terme, un changement climatique.

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Voir un pangolin de Malaisie

Il est trop chou, avec sa robe d'écailles. Mais il est un peu bêta, avec sa façon de faire l'autruche : en cas de danger, il se roule en boule, et celui qui veut sa peau, ou plutôt ses précieuses écailles,  n'a plus qu'à le ramasser. Depuis 2002, plus d’un million de pangolins auraient été braconnés. Manis javanica, le pangolin de Malaisie, est aujourd’hui classé par l’UICN en danger critique d’extinction. La chair du pangolin est en effet un mets de choix pour les Chinois et Vietnamiens, mais surtout, en médecine traditionnelle chinoise, ses écailles seraient dotées de grandes vertus thérapeutiques. Une fois réduites en poudre, elles amélioreraient la production de lait des jeunes mères, renforceraient le cœur, soigneraient l’asthme, guériraient de certains cancers... et stimuleraient la virilité, à l'instar de la poudre de corne de rhinocéros, qui se fait rare elle aussi. Bien  qu'aucune étude, pas plus pour le pangolin que pour le rhino, ne vienne confirmer ces vertus supposées, le prix des écailles de pangolins continue d'augmenter, et peut dépasser 1000 euros le kilo.  

 

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Plonger près des coraux vivants

 Le blanchiment des coraux n'épargne pas la Malaisie, même si le pays, pour tenter d'inverser les choses, ferment parfois certains sites pendant plusieurs mois pour tenter de renverser la vapeur. Que ce soit en plongée bouteilles ou avec masque et tuba, les fonds marins de Malaisie, sur les chapelets d'îles au large de la côte est, ou sur des sites à Bornéo, et la faune variée qui y vivent, sont aujourd'hui l'un des moments forts des voyageurs en Malaisie. Alors, aux Perenthian, à Tioman, à Layang Layang  ou Lankayan près de Bornéo, ou dans le Parc Marin de Redang, mettez vite la tête sous l'eau.

Tourism Malaysia

 

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Rencontrer des orang asli

Ce sont les aborigènes de Malaisie, toute une mosaïque de peuples, traditionnellement nomades,  pratiquant la chasse-cueillette, qui vivent de la forêt et se déplaçaient selon des périodes rituelles. Ils peuplaient le pays bien avant les Malais. D'ailleurs leur nom le décrit bien : « Orang », homme, « asli », les premiers. Ils sont aujourd'hui représentés par 18 ethnies, dont certaines en voie de disparition. Aujourd'hui largement minoritaires dans leur pays - 150 000 individus au total, à comparer aux 31 millions de Malaisiens -, ils se sont majoritairement sédentarisés. En voir d'acculturation, voire de déculturation, ils forment les communautés les plus pauvres du territoire et leur mode de vie et leur culture sont en péril. Un tourisme intelligent et responsable peut, peut-être, aider à préserver tout ou partie de cette culture en voie de disparition.

Numéro Printemps-Été 2019

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