Population

255 273 habitants (estimation 2011).

Langues officielles

Bichelamar, français et anglais.

Langues parlées

Selon les linguistes, on compte de 106 à 120 langues et dialectes autochtones (famille austronésienne), ce qui place le Vanuatu au premier rang mondial pour la densité linguistique. Parce qu’ils n’ont que très peu de locuteurs, certains de ces idiomes sont condamnés à terme. Les communautés immigrées conservent en général une certaine pratique de leurs langues (vietnamien, chinois hakka…). C’est un dérivé du pidgin-english répandu dans le Pacifique sud, le bichelamar, qui sert de langue de communication. Par un bout, le bichelamar contribue dans une certaine mesure à l’érosion des langues autochtones, en « colonisant » leur vocabulaire en particulier ; par l’autre bout et selon un processus analogue, lui-même s’anglicise toujours plus. Le français et l’anglais ont un statut officiel et administratif et ne sont les langues maternelles que d’une infime minorité ; on estime que deux tiers des Vanuatais pratiquent l’anglais, pour lequel le bichelamar est une efficace courroie de transmission, à des degrés divers et un tiers le français.

Peuple

La population du pays est mélanésienne et polynésienne (immigration ancienne) à près de 98%. Les 2% restant se composent d’Européens (1% environ), d’Asiatiques et de Polynésiens récemment installés.

Religion

La liberté religieuse est garantie par la constitution. Les Vanuatais sont chrétiens à plus de 80%. C’est l’église presbytérienne qui compte le plus de fidèles (30% des croyants environ), puis viennent les catholiques et les anglicans (les uns et les autres se situant autour de 15%), les adventistes du septième jour (11%)… D’autres confessions chrétiennes encore sont présentes, mais aussi des bouddhistes, des musulmans, des adeptes du bahaïsme. Sur l’île de Tanna, le culte de Jon Frum ou celui du prince Philip marquent le survie des cargo cults, qui ont été une interprétation religieuse mélanésienne de la logistique coloniale.

Fête Nationale

30 juillet (anniversaire de l’Indépendance - 1980).

Calendrier des Fêtes

1er janvier : jour de l’an.

21 février : anniversaire de la mort de Walter Lini, le père de l’Indépendance.

Mars ou avril : Pâques.

5 mars : jour des chefs coutumiers.

Mai : Ascension.

1er mai : fête du travail.

24 juillet : jour des enfants.

30 juillet : fête nationale.

15 août : Assomption.

5 octobre : fête de la Constitution.

29 novembre : jour de l’Unité.

25 décembre : Noël.

26 décembre : jour des familles.

Histoire

Lorsque, le 1er mai 1606, le Portugais Pedro Fernandes de Queiros prend pied sur l’île qu’il va appeler Austrialia del Espiritu Santo et qu’il pense être une partie de la Terra Australis, il y découvre des populations installées là depuis fort longtemps (d’origine austronésienne sans doute et venues de Nouvelle-Guinée - culture Lapita, que des Polynésiens auraient rejointes entre le XIe et le XIVe siècle). Celles-ci se montrent résolument hostiles aux projets du navigateur de fonder chez elles une Nouvelle Jérusalem. Queiros s’en va. Bougainville passe dans le coin en 1768, sans s’attarder. Six ans plus tard, James Cook fait le tour de l’archipel, qu’il nomme New Hebrides. En 1825, après qu’un Ecossais eût découvert du bois de santal sur Erromango, les Européens commencent à s’intéresser vraiment à la région. Ils commercent avec les indigènes, toujours farouches et volontiers anthropophages. Les premiers missionnaires protestants débarquent (le révérend Watt, de la Reformed Presbyterian Church of Scotland en 1866 ; le révérend Milne, de la Free Church of Scotland en 1870). Dans le même temps, le développement colonial de l’Australie et des Fidji réclamant de la main d’œuvre, on vient en chercher dans les Nouvelles-Hébrides, c’est le blackbirding, dont les méthodes ne sont pas à l’honneur des employeurs : tromperies, kidnapping, mauvais traitements et conditions de travail déplorables (on notera que, considéré le sort des ouvriers européens à la même époque, ces façons de faire ne font que rehausser d’une touche d’exotisme le statut de damné de la terre). La dénonciation des abus les plus criants et l’arrivée de travailleurs indiens dans les plantations mettent un frein à ces pratiques à la fin des années 1870.

C’est pendant cette décennie que les premiers colons s’installent, anglais d’abord puis français. Les deux nations européennes, peu désireuses d’avoir à charge des îles mal connues, au peuplement complexe, considèrent les choses de leurs positions d’Australie et de Nouvelle-Calédonie. Pourtant les terres sont fertiles et, après le coton, le café, le cacao, le maïs permettent de réaliser des profits. Avec la Compagnie calédonienne des Nouvelles-Hébrides, les Français marquent un certain dynamisme qui inquiète les colons anglo-australiens (appuyés par les missionnaires presbytériens, qui ont vu arriver le père mariste François-Xavier Gaudet en 1887). Les premiers seront deux fois plus nombreux au début du XXe siècle que les seconds. Le développement de Franceville/Port-Vila est un autre signe de cette montée en puissance. Devant l’aggravation des tensions entre les différentes parties, la France et l’Angleterre signent, le 24 octobre 1887, un accord instituant une commission navale mixte chargée d’une mission de maintien de l’ordre. En fait, il s’agit surtout de contrer la percée allemande en Mélanésie. Sur place, la commission mixte n’arrange rien ; c’est son impuissance qui mènera à la création d’un condominium franco-britannique et donc d’une colonie en cogestion (1906). Les trois quarts du XXe siècle se passent dans les plis conjoints du drapeau tricolore et de l’Union Jack. Tout n’est pas rose, la situation faite aux indigènes provoque des révoltes et la double administration de la confusion. Mais on ne s’étonnera pas que les Nouvelles-Hébrides aient tôt rallié la France libre (22 juillet 1940) et fourni des soldats au Bataillon du Pacifique, qui s’est illustré en Afrique du Nord, en Italie et en France (intégré au Bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique). La guerre du Pacifique amène les troupes américaines et leur matériel. Après la guerre, les cargo cults, celui de Jon Frum en particulier, se teintent d’aspirations à l’indépendance pour les Mélanésiens.

Les années soixante voient prospérer ces idées (mouvement Nagriamel, autour notamment de questions relatives à la propriété de la terre). En 1971, Walter Lini fonde le New Hebrides National Party, qui devient Vanua’aku en 1974. Ce parti d’inspiration socialiste emporte les élections de novembre 1979 et fixe à l’été suivant la proclamation de l’indépendance. Le pays est alors menacé d’effritement. Sur Espiritu Santo, les partisans de Nagriamel opposent des conceptions fédéralistes à la perspective centralisatrice du Vanua’aku et mettent leur propre Etat sur les rails, le Vemarana. La France soutient. Mais une fois l’indépendance du Vanuatu acquise (30 juillet 1980), Walter Lini fait appel à l’armée de Papouasie-Nouvelle-Guinée et reprend la main (Coconut War). Il faudra quelque temps pour que les relations franco-vanuataises se normalisent.

Personnalités

Roymata (XVIIe siècle). La tombe de ce monarque, dont l’autorité s’étendait à plusieurs îles du Vanuatu central, contenait aussi les dépouilles d’une cinquantaine de membres de sa suite. Ça ne semble peut-être pas aussi imposant que le mausolée de Qin Shi Huangdi mais, reporté aux volumes respectifs des populations… Trois sites liés à cette importante figure historique sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO : sa résidence d'Efaté, son lieu de décès à Lelepa et sa tombe à Eretoka.

Walter Lini (1942-1999). D’aucuns pourraient voir en ce pasteur passé à la politique une espèce de Castro mélanésien, mais le Vanuatu n’est pas Cuba. Reste qu’il a fallu engager l’indépendance pendant une période dominée par une logique de blocs.

Première Vanuataise diplomée de l’université, Grace Mera Molisa (1946-2002) est une figure culturelle de premier plan. Sa poésie autant que son activité politique en faveur des femmes mélanésiennes ont forcé le respect de ses contemporains au-delà des frontières de l’archipel.

Vanessa Quai (née en 1988) est le rossignol vanuatais. Ses compatriotes (et tout le Pacifique sud) la tiennent en grande estime. Si la tonalité de ses chansons est fondamentalement gospel, elle sait aussi leur donner une légèreté pop et les parer de couleurs mélanésiennes…

 Jon Frum est la figure centrale d’un cargo cult apparu sur Tanna à la fin des années trente. Il annonçait une ère de prospérité pour les habitants des îles (sur le modèle de l’approvisionnement colonial ou militaire) et le départ des Blancs. Ce mélange matois d’intérêt bien compris et de retour aux sources culturelles a mis de nombreux esprits sur les voies de l’indépendance.

Politique

Le Vanuatu est une république parlementaire. Le parlement assume le pouvoir législatif ; il est à 52 membres (mandat de quatre ans). Le président de la République, lui, est élu pour cinq ans par un collège constitué des députés et des présidents des conseils provinciaux. Le premier ministre (majorité parlementaire) est le véritable chef de l’exécutif. Le conseil des chefs (Malvatu Mauri) est une institution originale, qui pérennise l’organisation sociale traditionnelle et est investi d’un rôle consultatif, il intervient de façon décisive au plan national et provincial dans la définition de la politique culturelle. Le pouvoir judiciaire est indépendant ; des dispositions ont été prises pour que le droit coutumier ait ses instances propres (au niveau des villages ou des îles). Le pays est membre du Groupe mélanésien Fer de lance.

Savoir-vivre

Le pourboire n’est pas une pratique courante au Vanuatu ; on peut éventuellement marquer ainsi sa satisfaction d’un service exceptionnel, mais ce n’est pas attendu. Le marchandage n’est pas non plus dans les mœurs. Par contre, décence et tenue sont de rigueur : le maillot de bain est réservé à la plage, en ville on est habillé et chaussé (certains restaurants peuvent refuser de servir des clients trop négligés).

Achats

L’artisanat est varié : travail du bois (ustensiles, armes traditionnelles, statues), poterie, vannerie (nattes, paniers, corbeilles en feuilles de cocotier, en fibres de pandanus ou en more d’Hibiscus tiliaceus). Pour des raisons liées à la protection de l’environnement, il est préférable de ne pas acheter d’objets faits en corail, ni de masques décorés de plumes. Si vous transitez par l’Australie au retour du Vanuatu, attention aux restrictions sur l’importation de la nourriture, des bois et des végétaux.

Cuisine

Le Vanuatu est un archipel mélanésien, qui a été administré par des Français et des Anglais. Tout cela se retrouve à table. Poissons et fruits de mer (marlin, dorade coryphène, thon banane, langouste, surf clams, par exemple) sont très présents, mais aussi le porc et le poulet. Au nombre des produits de base, comptons le manioc, l’igname, le fruit de l’arbre à pain, la banane plantain, le taro, la patate douce… La noix de coco (lait, crème, pulpe) est de presque toutes les recettes. Le sel de mer fumé ou la racine de coriandre donnent leurs notes particulières. La tradition veut que les aliments soient cuits sous des pierres chaudes, mais on met aussi à bouillir, ou on grille. Le tuluk, petit pain de manioc farci de viande de porc cuit dans une feuille de bananier, ou le lap-lap, racines et viandes au lait de coco emballées dans des feuilles de bele (Hibiscus manihot) et cuites à l’étouffée dans une feuille de bananier, ont statut de plats nationaux. Mais les plus décidés pourront encore tâter du crabe de cocotier, des huîtres de palétuvier ou même de la chauve-souris roussette…

Boisson

En principe, l’eau est potable à Port-Vila et Luganville. Pour éviter tout désagrément, on préfèrera toutefois l’eau minérale (bouteilles capsulées), bouillie ou filtrée, les sodas, la bière (Tusker). Le thé étant ce qu’il est, il est recommandé. Les jus de fruit, non coupés d’eau, sont délicieux. Quant au kava, boisson traditionnelle préparée avec la racine de Piper methysticum, il a entre autres des propriétés euphorisantes et relaxantes. Autrefois, on le buvait entre hommes alliés dans le nakamal, la case de réunion des communautés villageoises ; aujourd’hui le terme désigne aussi des bars à kava beaucoup moins exclusifs. A consommer avec modération.

Utile

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