Population

406 771 habitants (2010).

Langue officielle

Le maltais et l’anglais.

Langue parlée

Le maltais est la langue maternelle de 95,4% des habitants (arabe classique, 1,8% ; anglais, 1,5% ; italien, 1,2%). C’est une langue arabe, parente des arabes maghrébins, écrite avec l’alphabet latin. Son vocabulaire comporte de nombreux emprunts à l’italien, au sicilien ou à l’anglais. Relativement isolé de ses sources et de leur évolution, il a aussi conservé des traces lexicales importantes d’arabe médiéval. L’anglais a une fonction pratique évidente, mais il a hérité de la présence britannique un statut de marqueur social tenace.

Peuple

Les origines anciennes avérées des Maltais sont italiennes. L’est méditerranéen et le Maghreb ont, dans une moindre mesure, contribué à établir leur profil génétique. L’ascendance phénicienne est, elle, sans doute fantasmatique. La législation n’a établi aucun statut de minorité, la langue est le fondement de l’identité. Les Britanniques sont la communauté étrangère la plus importante. Différents facteurs ont été à l’origine d’une immigration nord-africaine récente.

Réligion

Le catholicisme romain est religion d’Etat (ce qui n’empêche pas la constitution de garantir la liberté de conscience). Dans leur très grande majorité (97%), les Maltais adhèrent : la paroisse est l’institution de référence, foi personnelle ou pas. Les fêtes paroissiales, dont la figure centrale est le saint-patron local, sont l’occasion de réjouissances populaires ferventes. Les autres ? Orthodoxes, musulmans…

Fête Nationale

Le 21 septembre (anniversaire de l’indépendance - 1964).

Calendrier des Fêtes

1er janvier : jour de l’an. 10 février : fête du Naufrage de saint Paul. 19 mars : fête de saint Joseph. 31 mars : jour de la Liberté (1979 : départ des derniers soldats britanniques). Mars-avril : semaine sainte. 1er mai : fête du Travail. 7 juin : anniversaire de l’insurrection du 7 juin 1919 (contre les Britanniques). 29 juin : fête de saint Pierre et saint Paul. 15 août : Assomption. 8 septembre : jour de la Victoire (des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem sur les Ottomans - 1565). 21 septembre : fête nationale. 8 décembre : fête de l’Immaculée Conception. 13 décembre : jour de la République (1974). 25 décembre : Noël.

Histoire

Les fouilles ont révélé une riche préhistoire. Les temples mégalithiques de Ggantija, Mnajdra, Hagar Qin, Tarxien, Ta Hagrat, Skorba et l’hypogée de Hal Saflieni sont classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Le peuplement de l’archipel, en plusieurs vagues, est d’origine sicilienne. Au Xe siècle avant JC, les Phéniciens prennent pied sur les îles. Ils y introduisent l’écriture et inaugurent l’ère des dominations. Tous les marins de la Méditerranée vont passer par là. Les ports naturels maltais les y invitent. A partir du VIIe siècle, voilà les Grecs et la démocratie. Et puis, en 480, les Carthaginois font de Melita un pivot de leur commerce. Au début de la Deuxième Guerre punique, les Romains s’emparent de l’île. Ça pourra toujours servir. Et, de fait, ça sert : en 146, Carthage est détruite. Rome va garder la main jusqu’en 395 après JC. Après quoi Byzance défendra l’archipel contre les Goths et les Vandales. Le christianisme est implanté (Paul de Tarse, en voyage missionnaire, aurait fait naufrage dans le coin vers 60). Bientôt, la poussée arabe secoue le vieux monde méditerranéen. Byzance résiste vaille que vaille. En 870 pourtant, les Aghlabides partis à la conquête de la Sicile s’emparent de Malte (supplantés par les Fatimides en 909). Avec l’émirat, arrivent de nouvelles techniques d’irrigation et une langue nouvelle, sur laquelle est fondé le malti moderne. Les chrétiens paient l’impôt, mais ils sont libres de pratiquer leur religion (c’est ce qui détermine leur régime fiscal). Le calife se montre plus percepteur que prédicateur. Et voilà que, partis à la conquête de la Sicile, les Normands s’emparent de Malte (fin du XIe siècle). Ils rétablissent le christianisme dans sa primauté et bâtissent. Tancrède de Sicile crée un comté de Malte féal du royaume. De 1194 à 1266, changement d’ambiance, la maison de Hohenstaufen remplace les Normands. L’île est transformée en caserne. Le commerce s’effondre. Ce qu’il reste d’islam maltais est liquidé sous Frédéric II. Un intermède angevin plus tard, commence la période aragonaise (1282). Elle est marquée par des conflits d’intérêt autour du titre de comte. Néanmoins, la fidélité maltaise au royaume de Sicile est solide. En 1529, le pape sollicite Charles Quint en faveur des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, chassés de Rhodes par les Ottomans. L’année suivante, l’empereur donne Malte et Gozo à l’Ordre en fief perpétuel. Les Chevaliers s’installent à Birgu, qu’ils fortifient. En 1565, ils soutiennent un siège héroïque contre les forces de Lala Mustafa Pacha. Six ans plus tard, ils s’illustrent à Lépante où la flotte ottomane est détruite. C’est ensuite la guerre de course contre les corsaires barbaresques. Business et contrôle de la Méditerranée occidentale vont de pair. A cette époque, La Valette est une importante plaque tournante du commerce des esclaves. Avec la Révolution, l’Ordre de Malte voit disparaître l’essentiel de ses revenus français. Aussi, lorsque Bonaparte, en route vers l’Egypte (1798), se présente devant La Valette, il est reçu avec de fortes réticences, qu’il décide de surmonter en s’emparant de l’île et en réformant son administration. Las, la garnison est bientôt prise entre l’hostilité des habitants et la flotte anglaise ; elle capitule le 5 septembre 1800. Et l’Angleterre is here to stay. Elle ne rendra pas Malte à l’Ordre. Au contraire, elle annexera celle-là à l’empire en 1816. L’ouverture du canal de Suez lui donne bientôt un rôle nouveau sur la route de l’Inde, dont elle va grandement profiter. Cela fait passer la pilule coloniale. Pas toujours toutefois : le 7 juin 1919, une émeute fiscale est réprimée dans le sang. Durant la Seconde Guerre mondiale, une résistance acharnée aux attaques aériennes combinées de la Luftwaffe et de la Regia Aeronautica valut à Malte une exceptionnelle George Cross collective. Ce second siège eut sa part dans la défaite italo-allemande en Afrique du Nord. Le 21 septembre 1964, Malte obtient l’indépendance (la reine Elizabeth demeurant souveraine de l’archipel). L’ère des dominations s’achève. Et, dix ans après l’indépendance, nait la République de Malte.

Politique

L’organisation institutionnelle maltaise est, pour une large part, modelée sur le système de Westminster. La constitution date de 1964. Le parlement, la Chambre des Représentants, est monocaméral, à 69 membres élus pour cinq ans à la proportionnelle. Il détient le pouvoir législatif. Le président de la République est élu pour cinq ans par le parlement. Il nomme le premier ministre (majorité parlementaire) et le gouvernement sur proposition du premier ministre. Celui-ci est le véritable chef de l’exécutif, le rôle du président étant surtout symbolique. L’indépendance du pouvoir judiciaire est garantie. La cour constitutionnelle est appelée à évaluer la constitutionnalité des lois, mais également à traiter de questions relatives aux droits de l’homme. Malte est membre de l’Union Européenne depuis 2004, de l’espace Schengen depuis 2007 et de la zone euro depuis 2008.

Célébrité

Philippe de Villiers de L’Isle-Adam (1464-1534). « Croyants, apprenez d’un infidèle comment on accomplit son devoir, jusqu’à être admiré et honoré de ses ennemis. » C’est ce que Soliman le Magnifique fit publier à la mort du grand maître qui, après la perte de Rhodes, avait pu installer à Malte les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Dun Karm Psaila (1871-1961), prêtre catholique et grand intellectuel, est le poète maltais de référence. On lui doit le texte de l’hymne national : « Accorde, mon Dieu, de la sagesse à ceux qui gouvernent ; l’indulgence aux maîtres, la force à ceux qui travaillent ; assure l’unité des Maltais et la paix ! » Edward de Bono (né en 1933) est médecin, psychologue et promoteur de la pensée latérale. Celle-ci, qui s’oppose à la pensée verticale, est une méthode d’approche des problèmes qui se fonde sur une part de discontinuité, potentiellement féconde et innovante. Le cartésianisme, voilà l’ennemi ! Corto Maltese (né en 1887). Le personnage romantique d’Hugo Pratt serait né à La Valette des amours d’un marin anglais avec une Gitane andalouse et devrait son éducation à un rabbin maltais. Il est ainsi une métaphore de l’archipel, de sa diversité, de sa nécessaire ouverture aux voyageurs et aux aventuriers, de son identité complexe. Ira Losco (née en 1981) est la pop star maison. Pour la situer, disons qu’elle a fait des premières parties pour Elton John, Rod Stewart ou Tokio Hotel… Elle a été 2e du Concours Eurovision de la chanson 2002 avec 7th Wonder. Les Maltais, eux, s’en souviennent.

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l’assurance qu’il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d’usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l’on a été satisfait du service. Pour les guides, nous vous conseillons 4 à 5 euros par jour et par personne. En ce qui concerne le personnel de service, les usages sont très variables. Le mieux est d'aligner votre pourboire sur l’économie locale : les prix d’une bière ou d’un thé, d’un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d'estimer son montant. A Malte, on a l'habitude de laisser aux serveurs, ou aux chauffeurs de taxi, 10 à 15% du prix à payer. Les Maltais ont de la tenue. Le maillot de bain est pour la plage ou la piscine (et là, on n’en enlève pas la moitié), en ville il n’est pas convenable. Il l’est encore moins dans les églises (où les dames ont les épaules couvertes). Idem pour les chemises : boutons et boutonnières sont faits pour les porter fermées dès lors que l’on n’a plus les pieds dans le sable. Et puis la Grande-Bretagne a laissé sa marque dans la bonne société, on s’habille correctement pour dîner. Les touristes sont les bienvenus. Ils sont parfois un peu encombrants, mais ne remettent pas en question les institutions fondamentales de la société maltaise que sont la famille et l’Eglise. En conséquence, les contacts sont généralement aisés et amicaux et l’on n’hésitera pas à vous ouvrir les portes par lesquelles découvrir les petits secrets de l’île. L’été, les festi, les fêtes paroissiales, sont l’occasion de processions, de célébrations et de réjouissances auxquelles les hôtes de passage sont cordialement conviés. Les photographes polis se voient rarement opposer un refus. Deux sujets sensibles : la chasse et la Libye. Les Maltais ont une passion pour la première. Quant à la seconde, puisque les temps changent…

Achat

Les modèles réduits de luzzu, le canot de pêche traditionnel et coloré, avec deux yeux à la proue, sont sans doute les plus évidents souvenirs de Malte. On peut aussi opter pour une armure de chevalier… Les marteaux de porte, en forme de dauphin, de main ou de croix de Malte, sont typiques de l’habitat ancien ; les boutiques en vendent de jolies répliques ; elles vendent aussi les figures religieuses en porcelaine ou en émail dont les Maltais décorent leurs maisons. Les orfèvres de l’archipel se sont acquis une solide réputation pour leurs filigranes. Particuliers à Gozo sont la dentelle (de soie ou de coton, au fuseau ou au crochet) et le verre soufflé. En ce qui concerne les produits de bouche, le miel d’abord, puis le nougat, le fromage de brebis, l’huile d’olive, les liqueurs…

Cuisine

La cuisine est marquée par le caractère insulaire du pays, par les échanges dont il a été le lieu, par une terre un peu revêche, par l’Eglise et par les cultures de ceux qui l’ont occupé. Cela signifie du poisson, l’Italie et les Arabes, le pain et le vin, le fish and chips et le roastbeef. Quelques exemples. C’est sans doute à la règle qui autorisait les Chevaliers à manger du lapin toute l’année que ce dernier doit son statut éminent : la fenkata, lapin braisé servi avec des pommes de terre et des pâtes, est le plat national. Pour les plats traditionnels de base, on peut retenir, côté mer, l’aljotta, la soupe de poissons à l’ail, et, côté terre, la kawlata, la potée : potiron, pommes de terre, carottes, navets, tomates, courgettes, chou-fleur plus lard. Aux deux grands colonisateurs, rattachons la timpana, les macaronis en abaisse (avec un hachis de viande de bœuf, de cervelle de porc et de foie de volaille), et la zalza tal-laham, la sauce à la viande. A l’influence nord-africaine, on doit sans doute ful bit-tewm, les fèves cuites à l’ail et au persil. La mer fournit la dorade coryphène, qui se cuisine en sauce tomate piquante ; le poulpe, qui se fait à l’étouffée ; le thon, qui se met en paupiettes… Pour manger sur le pouce, il y a les pastizzi, friands à la ricotta ou aux petits pois. Des spécialités de Gozo ? Le fromage de brebis et fitra ghawdxija, le pain farci (pommes de terre, tomates, olives, anchois).

Boisson

En principe, l’eau du robinet est potable mais, pour éviter tout tracas, nous vous conseillons de boire de l’eau minérale en bouteille. Sinon, Kinnie est le David-Cola maltais qui affronte le Coca-Goliath américain, et qui ne s’en sort pas si mal. Bulles toujours, avec Cisk et Hopleaf, les bières locales. La viticulture maltaise existe, depuis longtemps. Les Britanniques ont voulu un temps remplacer les vignes par le coton et le vin par la bière. Le coton s’est effondré, la bière est restée mais les ceps sont revenus. Aujourd’hui, les raisins les plus typiques de l’archipel sont le ghirgentina, avec lequel on fait des blancs, et le gellewza, avec lequel on fait des rouges ou des rosés. Une vinification à l’ancienne donne des vins souples et peu concentrés. Le café se boit nature ou arrangé avec de la cannelle, de la fleur d’oranger, du clou de girofle, de l’anis… L’été, la ruggata, lait d’amandes dilué à l’eau fraîche, est délicieuse.
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