Philippines

A vivre aux Philippines avant qu’il ne soit trop tard

A vivre aux Philippines avant qu’il ne soit trop tard

Changements humains, culturels, mutations économiques, problèmes écologiques, l'archipel des Philippines bouge vite. Alors vite ! 

1

Rencontrer un coupeur de têtes

On ne se plaindra pas de la disparition de cette coutume, pratiquée par les Kalinga, une ethnie des montagnes de l’île de Luzon, aux Philippines. Les coupeurs de têtes et leurs épouses étaient tatoués, aujourd'hui moins de quatre-vingt personnes, disséminés dans les villages Kalinga, arborent encore ces ornements. Il faudra marcher, arpenter les montagnes, parcourir les rizières, pour peut-être tomber sur un vieillard coupeur de têtes.

 

Femme de Kalinga

Source : Instagram

2

Débusquer un gremlin vivant

Le tarsier des Philippines, le plus petit des primates, est envoie de disparition. Son prédateur naturel, c'est le haribon, le grand aigle des Philippines, qui s'en régale. Mais l'autre prédateur du mignon animal, c'est nous ! Alors, ne pas faire n'importe quoi, lorsqu'on a la chance d'un apercevoir un. On a l'impression qu'il nous sourit, minuscule, doux comme une peluche, accroché tranquilou dans son arbre. Mais si on l'approche de trop près, on l'angoisse, ce qui peut le pousser au suicide, plus tard, lorsqu’on aura tourné les talons. Ne parlons pas des photos au flash ! (car le tarsier des Philippines est un animal nocturne). Alors, tout doucement et pas trop près !

tarsier des Philippines

3

Se balader dans les rizières d'Ifugao

Elles s'étagent sur les flancs des montagnes à perte de vue, se perdent parfois dans la brume. Elles sont là depuis 2000 ans, et se transmettent de génération en génération, sans avoir subi aucune altération, aucun changement notable. Implantées à une plus haute altitude et sur des pentes plus raides que les cultures en terrasses classiques, l’ensemble des murs en pierre ou en terre d’Ifugao et le minutieux découpage des contours naturels des collines et des montagnes pour la réalisation de rizières inondées, associé au développement de systèmes d’irrigation très sophistiqués pour capter l’eau des forêts de montagne, et un système d’exploitation agricole complexe, qui fait intervenir les cycles lunaires, contrôle les insectes nuisibles selon des règles complexes intégrant tout une série d'herbes et intègre une gestion de la conservation des sols. Pour fonctionner, le tout s'accompagne de rituels religieux. Mais la qualité de la transmission pour maintenir les rizières commence à se fissurer, et les rizières d'Ifugao ont été inscrites par l'UNESCO au Patrimoine mondial de l'Humanité en danger.
Certaines actions ont été mises en place, mais les problèmes de conservation et de gestion perdurent et d'autres interventions devront être déployés localement si l'on veut assurer durablement la conservation de ces joyaux.

4

Toutes les forêts de l'archipel

La situation donne le frisson : le taux de déforestation des Philippines fait partie des plus élevés du monde. Les chiffres de la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations, en français Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) sont édifiants : en 1934, 57 % du territoire philippin était couvert de forêts. En 1980, elles ne représentaient plus que 34% du pays, et 17 % au début des années 2000. Il se peut que les années 2020 voient la disparition totale des forêts sur le territoire. Au delà de la beauté des lieux, les conséquences sont terribles : incendies, inondations, glissements de terrains qui provoquent des centaines de morts... Le pression des lobbies, la corruption rendent difficiles la mise de place de solutions. Dernière nouvelle en date, la ministre de l'environnement qui a été démise de ses fonctions le 5 mai 2017, suite à son action pour tenter de fermer les mines à ciel ouvert qui dévastent des zones entières du pays.  

5

Admirer les coraux de Cabilao

Alerte rouge ! Les Philippines abritent 400 des 500 espèces connues de coraux. Et 90% d'entre elles en sont au stade de la menace de disparition sérieuse. Ici, comme ailleurs, El Nino a été destructeur. S'y ajoutent des méthodes de pêche désastreuses (pêche à la dynamite ou au cyanure, largement utilisées aux Philippines afin de répondre, en plus des besoins alimentaires, aux importantes demandes pour les aquariums ) et c'est ainsi que les récifs coralliens philippins sont aujourd'hui parmi les plus menacés de la planète.

 

Plongée aux Philippines

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