Population

5 342 342 habitants (2010).

Langue officielle

Le turkmène.

Langue parlée

Le turkmène, l’ouzbek, le kazakh, le tatar ou l’azéri sont des langues turques (tandis que le russe est une langue slave). Le turkmène parlé se subdivise en de nombreuses variétés dialectales, plus ou moins iranisées. Le turkmène standard a été élaboré pendant la période soviétique à partir des dialectes tekke et yomud. Depuis 1996, il s’écrit avec l’alphabet latin. Le russe demeure toutefois la principale langue de communication du pays ; il est l’idiome de l’administration, de la politique et de l’économie. L’anglais n’est guère parlé que dans les grands centres touristiques. Le turc a réussi une percée à la faveur de la récente « turkménisation ».

Peuple

Le Turkménistan est une mosaïque ethnique, nettement dominée toutefois par les Turkmènes (77% de la population). Ensuite viennent les Ouzbeks (7,3%), les Russes (6,4%), les Kazakhs (2%), les Tatars (0,8%), les Azéris (0,7%), etc. Parmi les minorités, seuls les Ouzbeks, les Tatars et les Baloutches (0,6%) vivent en communautés concentrées : les premiers dans le nord et les Baloutches dans le sud-est, région de Mary. Les Tekke (centre du pays), les Ersary (sud-est) et les Yomud (ouest) sont les principales tribus turkmènes.

Réligion

Près de 90% des habitants sont des musulmans sunnites ; les chrétiens orthodoxes sont 9%. Ces deux confessions sont les seules à bénéficier d’une reconnaissance officielle et les seules autorisées à pratiquer des cultes publics.

Fête Nationale

27-29 octobre : anniversaire de l’indépendance de 1991.

Calendrier des Fêtes

1er janvier : jour de l'An. 12 janvier : jour du Souvenir. 13 janvier : Nouvel An orthodoxe. 19 février : jour du Drapeau. 8 mars : journée internationale des Femmes. 20 et 21 mars : Noruz - Nouvel An zoroastrien. 8 mai : jour des Héros. 9 mai : fête de la Victoire. 18 mai : jour de la Constitution. 6 octobre : journée commémorative du Grand Tremblement de terre (1848). 27-29 octobre : fête nationale. 20 novembre : jour de la Jeunesse. 12 décembre : fête de la Neutralité. Les principales fêtes musulmanes (dates mobiles) sont l’Aïd el-Kebir (novembre-décembre) : commémoration du sacrifice d’Ismaël ; le Mouloud (février-mars) : commémoration de la naissance du Prophète ; l’ouverture du Ramadan (août-septembre) : 30 jours de jeûne rituel pendant le 9e mois de l’année lunaire ; l’Aïd el-Fitr (septembre-octobre) : fin du jeûne du Ramadan.

Histoire

Au cours de l’Antiquité, les Perses achéménides, puis les armées d’Alexandre le Grand (IVe siècle avant JC) ont conquis l’actuel Turkménistan. Puis les Séleucides. Puis les Parthes. Puis des Perses encore, les Sassanides (224-651). Pendant cette période, des Huns s’installent dans le sud du pays. Merv (Mary) est dès lors une étape importante sur la route de la Soie (commerce, sériciculture). Tout ce petit monde est subjugué par les Arabes aux VIIe et VIIIe siècles. L’islam trouve alors en Asie Centrale un terreau fertile et fleurit. Pendant ce temps, les tribus Oghouzes, de langue turque, ont migré de Mongolie et de Sibérie méridionale. Elles se sont frottées d’islam au contact des Samanides de Transoxiane et se sont fixées sur le pourtour de la mer d’Aral, d’où elles ont essaimé. Certaines tribus ont marché au sud, vers le Turkménistan et l’Iran. Là, elles ont complété leur culture musulmane. Les sources du Xe siècle les appellent « turkmènes » pour les distinguer des Oghouzes des steppes à l’islam plus suspect. C’est parmi elles qu’est né l’empire Seldjoukide (1037-1194). Merv atteint alors au faîte de sa grandeur. Les Turkmènes commencent à prendre possession de la périphérie du Karakoum. Bientôt, leur nom va désigner tous les Oghouzes établis entre la mer Caspienne et l’Amou-Daria, la mer d’Aral et le Kopet-Dag. A la chute des Seldjoukides, le pays turkmène est de facto indépendant. Pas pour longtemps… Gengis Khan d’abord (1162-1227), qui brûle Merv et massacre ses habitants, Tamerlan (1336-1405) ensuite, imposent leurs sabres. Les chocs successifs repoussent les Turkmènes dans le désert et sur les rives de la mer Caspienne. Au début du XVIe siècle, ils sont concentrés le long de la côte sud-est de la mer Caspienne, dans la péninsule de Mangyshlak, plus au nord, autour des montagnes du Balkan et dans la vallée de l’Uzboy. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les tribus turkmènes seront tributaires des khanats ouzbeks de Khiva et de Boukhara. La steppe oghouze est longtemps le champ de bataille ou s’affrontent Perses, Ouzbeks et seigneurs afghans. Au XIXe siècle, les Russes parviennent en Asie Centrale. Ils pénètrent en zone turkmène (la Transcaspienne) dans les années 1870. Les tribus résistent farouchement (le pays ne sera soumis qu’en 1894). En 1881, un traité est signé avec la Perse, qui fixe la frontière sur le Kopet-Dag ; en 1897, c’est avec l’Afghanistan. En l’espace de quelques années, les Russes construisent une ligne de chemin de fer (de Krasnovodsk/Türkmenbasy à Tchardjoou sur l’Amou-Daria, via Achgabat et Merv), qui leur assure le contrôle de la région. Le Great Game met aux prises l’empire des tsars et celui de sa Gracieuse Majesté britannique. La région transcaspienne est dirigée de Tiflis, puis de Tachkent (capitale du Turkestan russe). L’administration coloniale s’appuie sur les cadres traditionnels de la société turkmène. Par contre, le train favorise l’immigration européenne et Achgabat devient une ville « russe » au début du XXe siècle. Après la révolution d’Octobre (1917), Achgabat est quelques années un foyer de résistance antibolchevique. L’Armée rouge règle toutefois rapidement la question et, en 1924, la République socialiste soviétique du Turkménistan intègre l’Union Soviétique. Dans la droite ligne du colonialisme russe, la soviétisation joue de la carotte et du bâton. On suscite une élite turkmène pro-russe, on réprime brutalement l’opposition. L’administration et les infrastructures sont vigoureusement développées. L’alphabet latin, puis l’alphabet cyrillique, remplacent l’arabe. La RSS du Turkménistan prend sa part de la collectivisation, de la Grande Guerre patriotique, de Guerre froide, de la déstalinisation, du coton, du brejnévisme, du gorbatchévisme... En 1985, Saparmourat Niazov parvient au sommet de l’appareil turkmène. Dans un style matois et ubuesque, il va présider aux destinées du pays jusqu’en 2006 : effondrement de l’URSS, indépendance (27 octobre 1991), turkménisation… Plus que le culte débridé du leader ou qu’un nationalisme sommaire, ce sont sans doute la rente gazière et un judicieux conservatisme social qui ont assuré la stabilité du pays pendant ces années.

Politique

En principe, la constitution renouvelée de 2008 a assoupli les contraintes pesant sur la vie politique ; dans les faits, le Turkménistan demeure un Etat à parti unique (le Parti démocratique du Turkménistan). Le président est élu, il est à la fois chef de l’Etat et du gouvernement. Le parlement, le Mejlis, est monocaméral (125 membres - du PDT, élus pour 5 ans) ; il assume le pouvoir législatif.

Célébrité

Alp Arslan (1029-1072). Le deuxième sultan seldjoukide fut une personnalité politique et militaire hors du commun. La victoire qu’il remporta, en 1071, à Manzikert, au nord du lac de Van, contre l’empereur byzantin Romain IV Diogène, a profondément ébranlé les assises de l’Empire romain d’Orient. Saparmourat Niazov (1940-2006). Son côté Mr Hyde est aveuglant, on peut néanmoins mettre au crédit de son côté Jekyll un certain doigté dans la gestion des appétits que les grandes puissances manifestaient dans la région au début des années 90. Une fois la statue (12 m de haut, dorée à l’or fin) déboulonnée, on y verra plus clair. Magtymguly Pyragy (1733-1797) est considéré comme le père des lettres turkmènes. Patriote, soufi, poète, il a consacré à son peuple l’essentiel de ses écrits et une inlassable activité d’éducateur et de guide spirituel. Sa vision unitaire de la nation fut toutefois mise à rude épreuve par le loyalisme tribal. L’Akhal-Teke est l’un des symboles du Turkménistan. Les origines de ce cheval remonteraient au 1er millénaire avant notre ère. Mais ce sont les Tekke des oasis du Karakoum qui ont assuré, par croisement des chevaux turcomans avec des chevaux venus d’Occident, le développement de cette race exceptionnelle. Mikhaïl Skobelev (1843-1882). Officier de cavalerie et figure de l’expansion russe en Asie Centrale. Après des campagnes victorieuses contre les khanats ouzbeks (1868-1877) et contre l’Empire ottoman (1877-1878), il prit part aux durs combats qui, en 1880 et 1881, allaient décider du futur « russe » des pays turkmènes.

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service. Pour les chauffeurs, nous vous conseillons, au minimum, l´équivalent de 1,5 ou 2 euros par jour et par personne. Nous vous conseillons le double pour les guides. En ce qui concerne le personnel local (porteurs, serveurs…) les usages sont très variables. Le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie du lieu : le prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant. Si le cas se présente, on évitera en revanche d'encourager la mendicité, notamment celle des enfants, en faisant des distributions « sauvages » dans la rue. Si l'on souhaite apporter son aide en fournissant du matériel scolaire, des vêtements ou des médicaments, il est préférable de les remettre au directeur de l’école, au chef du village ou au dispensaire le plus proche, qui sauront en faire bénéficier les plus démunis. L’islam turkmène est traditionnellement tolérant. Aujourd’hui il est, souvent, plus un élément de l’identité culturelle qu’un véritable engagement religieux. Le voyageur ne mettra pas inutilement cette tolérance à l’épreuve et adoptera une tenue (vestimentaire, en particulier) décente. Selon la coutume, lorsque l'on entre dans une maison turkmène, il est de bon ton de se déchausser et de s'asseoir à même le sol.

Achat

C’est dans les bazars que les affaires se font. On y trouvera de la soie, des étoffes, des tapis de Boukhara (grande spécialité nationale turkmène), des bijoux d’argent et, bien sûr, le telpek, l’impressionnant chapeau traditionnel en laine…

Cuisine

La table turkmène rappelle sans conteste celle des pays voisins, mais elle a ses spécialités. Le plov (riz pilaf, mouton, épices, raisins secs), très répandu, appartient au répertoire de la cuisine d’Asie Centrale. Tout comme la tchroba, la soupe, aux multiples variantes (mouton souvent, pommes de terre, oignons, nouilles, haricots, pois…). Le pain (tchorek, cuit dans un four d’argile) est l’objet d’un respect particulier. L’oignon lui est fréquemment associé. Et les viandes grillées (brochettes omniprésentes). On mange aussi beaucoup de fruits. Les melons du pays étaient renommés dès l’Antiquité. Les feuilletés, farcis et autres petits pâtés sont un héritage turc. Quant à la dograma, elle est spécifiquement turkmène : mélange de tchorek émietté, d’oignon émincé et de mouton bouilli, c’est un plat de pasteur, que l’on prépare pour les fêtes. Autre particularité, le poisson, d’eau de mer ou d’eau douce, souvent fumé : esturgeon, hareng, sandre, silure, mulet, carpe…

Boisson

L’eau du robinet étant impropre à la consommation, on boira de l’eau minérale en bouteille (Berzengui, par exemple). Ou du thé, vert ou noir (ce dernier étant parfois additionné de lait de chamelle). Ou des sodas. Ou de la vodka turkmène. Le pays produit aussi un peu de vin (régions d’Achgabat, de Mary…). Le cépage Kara ousioum aschkhabadsky donne un vin de dessert assez tannique.

Utile

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