Population

2 616 329 habitants (Région autonome du Tibet, chiffres officiels 2000).

Langue officielle

Le tibétain et le chinois.

Langue parlée

Le tibétain est une langue du groupe tibéto-birman ; il est noté avec un alphabet. De ses trois variétés dialectales, seules celles du Kham et de Lhassa sont encore parlées dans la Région autonome (le tibétain de l’Amdo l’est au Qinghai et au Gansu). Le tibétain de Lhassa est véhiculaire. Les Chinois han installés au Tibet parlent, pour la plupart, la langue chinoise commune (putonghua). Les langues des minorités appartiennent toutes au groupe tibéto-birman.

Peuple

Selon les chiffres officiels, en 2000, les Tibétains représentaient 92,8% des habitants de la Région autonome ; les Han, 6,1% ; les minorités ayant une faible importance numérique (Monba, 0,3% ou Luoba, 0,3%...). Ces chiffres ne tiennent pas compte des militaires, ou des fonctionnaires civils, stationnés « à titre temporaire ». La « minorisation » des Tibétains. Le redécoupage administratif du Tibet historique, l’intégration de l’Amdo et d’une bonne partie du Kham (soit le « Tibet intérieur » des Chinois) dans des provinces « han » (Qinghai, Gansu, Sichuan, Yunnan), ont clairement fait des Tibétains de ces provinces (à peu près aussi nombreux que ceux de la RAT) des minorités. En Région autonome (le « Tibet extérieur », l’U-Tsang et le restant occidental du Kham), la situation est moins limpide et la position très majoritaire des Tibétains dans les chiffres est en partie l’effet d’un faux jour. 150 000 Tibétains environ vivent hors des frontières de la RPC.

Réligion

Le Tibet a adopté le bouddhisme vajrayana (forme tantrique, influencée par le shivaïsme cachemirien). Les cinq grandes écoles tibétaines sont Nyingmapa, la plus ancienne (les « Bonnets rouges ») ; Kagyüpa ; Sakyapa ; Gelugpa, les « Bonnets jaunes », à laquelle appartient le Dalaï Lama ; Jonang. Le Dalaï Lama (Océan de sagesse) est une autorité religieuse (au-delà de sa propre école), mais il était également le chef politique traditionnel de la théocratie tibétaine ; depuis 1959, il conduit le gouvernement tibétain en exil (Central Tibetan Administration). Le monachisme est la figure la plus évidente du bouddhisme au Tibet. Le bön, est une religion chamanique prébouddhique. Le bouddhisme l’a longtemps combattu, mais en a subi l’influence (l’école Nyingmapa, en particulier) ; de son côté, le bön s’est imprégné de bouddhisme, au point de s’y agréger et d’en être désormais reconnu comme une école à part entière. L’intervention de la République populaire de Chine dans les affaires tibétaines a profondément modifié les conditions de la pratique religieuse. Les autorités chinoises entendent ne laisser à la religion qu’une place supplétive dans la vie politique et sociale ; après la période des destructions est venue l’époque de l’instrumentalisation.

Calendrier des Fêtes

Février : du 1er au 7e jour, fêtes du Nouvel An (Losar) ; 15e jour, fête des Lanternes ; 25e jour, Grande Prière (Monlam Chenmo). Mars : 28e et 29e jours, fête du « Bannissement des maux ». Mai : 8e jour, anniversaire de la naissance du Bouddha ; 15e jour, anniversaire de l'Éveil du Bouddha et de sa mort (Saga Dawa Düchen). Juillet : 4e jour : commémoration du premier sermon du Bouddha (Chökhor Düchen). Septembre : fêtes des moissons. Octobre : 22e jour, fête de la « Descente des dieux ». Novembre : 25e jour, fête des Lampes, en l’honneur de Je Tsongkhapa (1357-1419), fondateur de l’école Gelugpa. Janvier : 29e jour, fêtes de fin d'année.

Histoire

S’il est encore mal connu, le peuplement du Tibet est ancien. Mais, quoi qu’il en soit, une unité politique, établie par la dynastie dite de Yarlung (haut cours du Brahmapoutre), est apparue pendant le VIIe siècle de notre ère et a envoyé des ambassadeurs en Chine. Le roi Songtsen Gampo (609-650) absorbe l’ancien royaume de Zhang Zhung, fonde Lhassa et élargit sa domination jusqu’au Pamir, au Népal et à la Chine occidentale. Un jeu d’alliances contribue à consolider cette puissance émergente. Deux des épouses royales, une Népalaise et une Chinoise, auraient introduit le bouddhisme au Tibet et fait construire les premiers temples. Sous le roi Trisong Detsen (704-797), les Tibétains s’emparent de la capitale chinoise, Chang’an (Xi’an) en 763. Le roi établit dans ses possessions la forme tantrique du bouddhisme ; premières traductions des soutras. Pendant de longues décennies, la nouvelle religion va se frotter au chamanisme traditionnel (bön) et le pouvoir hésiter entre les doctrines. Manichéisme et nestorianisme sont également de la partie. A fin du VIIIe siècle et au début du suivant, les Tibétains disputent Samarkand et Kaboul aux Abbassides. Mais, au milieu du IXe siècle, les intrigues de cour ont raison de l’unité de l’empire du Tibet. Le pouvoir s’éparpille. Au XIe siècle, le clan dont dépend le monastère de Sakya (fondé en 1073, à Shigatse) prend le contrôle du Tibet central. Sakya témoigne de la seconde expansion du bouddhisme, qui verra s’affirmer et s’individualiser les écoles tibétaines, comme pôles à la fois spirituels et politiques. Bientôt, le Tibet est entrainé dans l’orbite du grand empire mongol (XIIIe siècle). Les khans des steppes investissent les Sakya vice-rois du Tibet (1264). Les luttes entre clans, ou entre factions d’un même clan, demeurent néanmoins le quotidien de la politique tibétaine. A partir de 1354, la lignée Phagmodrupa supplante les Sakya ; puis viendront les Rinpung (1434), les Tsangpa (1566). En Chine, les Ming (han) ont remplacé les Yuan (mongols) ; ils n’en gardent pas moins quelques fers au feu tibétain. Chassés de Chine les Mongols n’entendent pas, pour cela, voir mourir leur influence au Pays des neiges. Ils misent sur une lignée d’avenir, les Gelug (dont le chef est honoré du titre de Dalaï Lama). Le jeu des alliances et des intérêts garantit aux Tibétains une relative indépendance. Un temps. Les Mongols kalmouks envahissent le pays en 1640, ce dont leurs alliés Gelug tirent profit. Le khan Güshi (1607-1655) confirme le Dalaï Lama (le 5e) dans ses prérogatives. Celui-ci installe sa capitale à Lhassa en 1645 et assied son autorité de chef spirituel et temporel. Au début du XVIIIe siècle, Kalmouks et Dzoungars se disputent la tutelle du Tibet. En 1720, les Chinois (dynastie mandchoue des Qing) règlent le différend : ils envahissent le pays et imposent un Dalaï Lama (le 7e) à leur dévotion, qui reconnait le protectorat impérial. La présence chinoise sera à géométrie variable, selon la tournure des évènements. L’armée intervient pour bloquer les incursions des Gurkhas népalais (1788, 1791). Mais la puissance chinoise décline et le protectorat s’étiole. Au XIXe siècle, les Tibétains sont indépendants de facto, par exténuation de la tutelle. Et voilà que, pour contenir les Russes, au nord de l’Inde, les Anglais frappent à la porte de Lhassa. Ils sont éconduits. Qu’à cela ne tienne, ils essaient de passer par la Chine (ressuscitant à leur profit l’ancien protectorat). Le Tibet refuse d’appliquer les traités. Retour à la case départ. Une nouvelle tentative de contact direct est repoussée en 1899. C’en est trop pour Albion : en 1904, les troupes britanniques s’emparent brutalement de Lhassa. 4 ans plus tard, par divers biais, les diplomates anglais se sont assurés de droits commerciaux et politiques exclusifs au Tibet. Les Russes, qui perdent une guerre contre le Japon (1905), sont impuissants à répondre aux appels du 13e Dalaï Lama. Les Anglais en usent avec la souveraineté tibétaine au gré de leurs intérêts. Ils ne s’opposent pas aux manœuvres d’annexion du Kham par les Chinois, qui provoquent une révolte de la province tibétaine, que suit une répression féroce. Le Dalaï Lama est réfugié au monastère de Kumbum (Amdo) ; il rentrera à Lhassa en 1909. Le résident mandchou, pendant ce temps, promeut in extremis un programme de réformes dans les régions qu’il contrôle. Il s’agit, dans un même mouvement, de réduire l’influence des monastères et celle des Britanniques. 1909, une armée chinoise entre au Tibet. Le Dalaï Lama cherche, en vain, de l’aide auprès des Puissances occidentales. Lorsque l’empire mandchou s’effondre (1911), il rentre une fois de plus à Lhassa, d’où il essaie d’imposer l’indépendance de son pays (proclamations des 8 janvier et 14 février 1913). La convention sino-anglo-tibétaine de Simla (1913-1914) prévoit la reconnaissance d’un « Tibet intérieur » sous autorité chinoise (le Dalaï Lama n’y jouissant que d’une autorité spirituelle) et d’un « Tibet extérieur » sous la responsabilité spirituelle et politique du Dalaï Lama. Le tout sous suzeraineté chinoise. Pour des raisons annexes, le gouvernement chinois refusera de ratifier la convention. L’autorité du Dalaï Lama (que la Chine nationaliste reconnaitra en 1929) s’étend néanmoins sur l’U-Tsang, le Kham occidental et l’Amdo méridional. L’état de décomposition de la Chine rend la situation instable. En 1933, le Dalaï Lama meurt. La guerre sino-japonaise provoque un afflux de réfugiés dans les territoires tibétains de l’est. Le parti communiste du Tibet est créé en 1939 ; l’année suivante, le 14e Dalaï Lama est intronisé. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Tibet s’oppose à l’ouverture d’une route militaire entre l’Inde et la Chine. Après guerre, il tente d’assurer son indépendance, vis-à-vis de la Chine, mais aussi de la République de l’Inde (1947), qu’il refuse de considérer comme l’héritière des traités signés avec la Grande-Bretagne. En 1949, la prise du pouvoir par les communistes à Pékin et des revendications du PC tibétain entrainent la rupture des relations entre la Chine et le Tibet. En 1950, l’Armée populaire de libération entre au Tibet. L’année suivante, le pays est « libéré ». Les Chinois installent une administration aux ordres, à la tête de laquelle ils ont soin de placer le Dalaï Lama et le Panchen Lama. Les réformes communistes ne sont toutefois mises en œuvre que dans les marges « chinoises ». Cela n’empêche pas que, de 1956 à 1959, la révolte gagne le Kham, l’Amdo et l’U-Tsang. En mars 1959, le Dalaï Lama rejoint l’Inde avec son gouvernement (le Panchen Lama, lui, restera en poste jusqu’à sa destitution en 1965). La répression de la révolte sera impitoyable. Depuis, le Tibet vit à l’heure de la République populaire : Grand bond en avant, collectivisation, Révolution culturelle, communes populaires, puis libéralisation relative (et toujours remise en cause), mercantilisme, développement des infrastructures et contrôle policier…

Politique

La « région autonome » est, dans son principe, héritée de l’URSS. C’est une division territoriale de niveau provincial, dont la population appartient, dans une large proportion, à une « minorité » ethnique. Cela suppose qu’un rapport légitime soit établi entre telle ou telle population et la population chinoise dans son ensemble. Les autorités de la région autonome ont, juridiquement, la gestion des affaires intérieures ; les affaires étrangères et la défense demeurant au nombre des prérogatives du pouvoir central. Dans les faits, ce dernier garde la main sur ce qui est stratégique, dans tous les domaines.

Célébrité

Tenzin Gyatso (né en 1935) est le 14e Dalaï Lama. Exilé à Dharamsala, il plaide pour une autonomie effective du Tibet historique dans le cadre institutionnel de la RPC. Son réalisme, sa modération et sa ténacité, voués à la cause de son peuple, lui ont valu une reconnaissance internationale et le prix Nobel de la paix en 1989. Han Hong (née en 1971, à Shigatse) a mis ses talents et sa culture de chanteuse tibétaine (sa mère était une musicienne traditionnelle célébrée) au service du développement du Tibet sur le modèle chinois. Chantre de la ligne de chemin de fer Pékin-Lhassa, elle jouit en Chine d’une immense popularité. Dolma Kyab (né en 1976), écrivain tibétain, diplômé de l’Université de Pékin, purge actuellement une peine de 10 ans de prison pour « divulgation de secrets d’Etat ». Peut-être ses écrits sur différents aspects de la question tibétaine y sont-ils pour quelque chose ? En tout cas, il y a une anguille sous la roche Tarpéienne… Phuntsok Wangyal (né en 1922) a fondé le parti communiste tibétain en 1939. 10 ans plus tard, il est contraint de fondre son organisation dans le PC chinois. Jusqu’en 1958, il est un intermédiaire efficace entre le Dalaï Lama et Mao Zedong. Puis il est emprisonné pour 20 ans : pas assez internationaliste aux yeux des nationalistes chinois. Il a, depuis, été réhabilité. Heinrich Harrer (1912-2006) était sportif (ascension de la face nord de l’Eiger, 1938) et adhérent du parti nazi (ascension de la face nord de l’Eiger, 1938). Au Tibet, entre 1944 et 1951, il a initié l’aristocratie au patin à glace et au tennis. On lui a parfois supposé un rôle politique auprès du jeune Tenzin Gyatso ; en fait, il a surtout ouvert le jeune homme aux techniques du cinéma… Jacques Bacot (1877-1965), professeur à l’Ecole pratique des hautes études à partir de 1936, fut l’un des meilleurs connaisseurs européens de la langue et de la civilisation tibétaines (de celle-ci parce que de celle-là). Le musée Guimet conserve et expose une large partie des collections d’art tibétain qu’il avait constituées. Alexandra David-Néel (1868-1969). On pourrait lui reprocher d’avoir fait du Tibet une affaire à ce point personnelle qu’on parle d’elle lorsqu’elle parle de lui. Du coup, son Tibet a vieilli ; beaucoup plus vite, en tout cas, que celui de son compatriote Hergé (qui, lui, n’y avait jamais mis les pieds)…

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service. Pour les chauffeurs, nous vous conseillons, au minimum, l´équivalent de 1,5 ou 2 euro par jour et par personne. Nous vous conseillons le double pour les guides. En ce qui concerne le personnel local (porteurs, serveurs…) les usages sont très variables. Le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie locale : le prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes locales, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant. Si le cas se présente, on évitera en revanche d'encourager la mendicité, notamment celle des enfants, en faisant des distributions « sauvages » dans la rue. Si l'on souhaite apporter son aide en fournissant du matériel scolaire, des vêtements ou des médicaments, il est préférable de les remettre au directeur de l’école, au chef du village ou au dispensaire le plus proche, qui sauront en faire bénéficier les plus démunis. Pour saluer quelqu’un, joignez les mains au niveau du front. Les Tibétains considèrent que les femmes doivent être couvertes, à partir de la taille, par un vêtement ample. On adoptera une tenue correcte pour visiter temples, monastères et villages (ni shorts, ni bermudas, ni jupes courtes…). Il serait déplacé d’enlacer ou d’embrasser quelqu’un en public. Les édifices religieux se contournent par la gauche. Dans les monastères, l’usage veut qu’on laisse une offrande devant l’autel (elle contribuera à l’entretien du culte et des moines). On ne touche pas la tête des enfants. Evitez de leur donner des bonbons. Les propos antichinois sont à proscrire, tout comme les photos du Dalaï Lama, celles-ci et ceux-là pourraient mettre vos hôtes dans une situation très délicate…

Achat

Bijoux d’argent, turquoises, tapis, objets de culte, tissus, bottes brodées… On vend tout (parfois contraint et forcé) et on achète tout. Attention ! le contrôle douanier des antiquités est assez strict : vendus par les Tibétains sans cachet officiel, les objets peuvent être confisqués.

Cuisine

La bouillie d’orge grillé et de farine de pois, la tsampa, est, avec le thé au beurre de yak, la base traditionnelle de la nourriture tibétaine. La viande (yak, chèvre ou mouton) est généralement séchée, puis apprêtée en ragoût. Une autre production locale est très utilisée : la graine de moutarde. Les produits laitiers sont largement consommés : beurre, yaourts, formages (de yak). Les momos (raviolis) et la thukpa (soupe de nouilles et légumes) sont les versions tibétaines de plats chinois. Cuisine chinoise qui est désormais très répandue au Tibet (ingrédients massivement importés).

Boisson

Le thé tibétain n’est pas une simple infusion. Noir, généralement en « brique », on en émiette dans de l’eau portée à ébullition ; on laisse ensuite bouillir plusieurs minutes, jusqu’à obtenir un breuvage très sombre auquel on ajoute une bonne pincée de sel. Après avoir filtré la préparation, on lui ajoute d’ordinaire un morceau de beurre de yak. Lorsque votre hôte vous sert le thé, attendez pour boire d’y être invité ; on veillera ensuite à toujours remplir votre tasse. Au moment de partir, videz votre tasse et posez-la sur le flanc ou sur le sol. Le chang (qingke jiu) est une bière d’orge, qui est partie intégrante de la convivialité tibétaine. On s’en voit servir normalement trois verres : le troisième doit être vidé par respect pour celui qui reçoit. Sinon, bière chinoise, thé au jasmin, sodas…
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