Japon

Les plus beaux sommets du Japon

Les plus beaux sommets du Japon

CIMES INSPIRÉES, VALLÉES ENCHANTÉES ET CHEMINS MYSTIQUES

 

Pour décrire dans un ouvrage les sommets les plus célèbres de son pays, l’écrivain montagnard Kyūya Fukada en a compté cent ! L’ascension de ces sommets constitue un défi pour les randonneurs, mais on peut se contenter de parcourir leurs vallées, de respirer leurs forêts en été et de goûter leur poudreuse en hiver.

 

Parfois, un volcan se réveille. Comme celui du mont Asama en février 2009. Rien de bien méchant, un crachouillis de lave, une colonne de fumée blanche échappée du cratère enneigé et des flocons de cendres noires volant jusqu’au port de Yokohama. Juste de quoi rappeler que le Japon, placé sur la ceinture de feu du Pacifique, comprend l’une des plus importantes densités de volcans de la planète. 109 en tout. Ce grand pays d’îles et de vents marins compte en fait 71% de montagnes. Autant dire que choisir la sienne demande un peu de réflexion… Voudrait-on la plus belle vue que l’on pourrait monter à bord de l’un de ces drôles bateaux de promenade à tête de cygne qui croisent sur le lac Kawaguchi, célèbre pour refléter, comme dans un miroir inversé, la face nord du cône parfaitement symétrique du Mont Fuji.

Kawaguchiko

Christoph Papsch/LAIF-REA

Chercherait-on un paysage de douceur que l’on descendrait dans la région du Kyūshū, pour monter dans le petit train rétro qui traverse une constellation de villages cernés de forêts, de prairies, de bois de bambous et de sources chaudes. On passerait devant cette curieuse montagne herbue qui ressemble à un bol de riz renversé, et pour finir on escaladerait le mont Aso, par le bord de l’une des plus grande caldeiras du monde – 130 km de périmètre !

Les skieurs préfèrent aller chercher la poudreuse la plus jouissive à Hokkaido. Lorsqu’on dit Japon, il est rare que l’on pense sports d’hiver, pourtant de Noël au printemps, elle tombe dru, la neige,et surtout à Niseko, enveloppant le paysage d’un sublime manteau immaculé. Hokkaido, terre des Aïnous, peuple de chasseurs pêcheurs, c’est un autre Japon et l’hiver lui va si bien. Si l’on préfère le printemps, c’est dans les Alpes japonaises qu’il faut le vivre. Honshū, l’île principale, est coupée en deux par cette échine palpitante qui la divise en paysages très contrastés.

D’un côté, le versant de la mer du Japon, appelé “Le Japon de l’envers”, rude et rustique, de l’autre, le versant Pacifique, le “Japon de l’endroit”, plus habité et ensoleillé. La station de Matsumoto, avec son château haut perché, domine ce côté rieur. Ses prairies appellent à la randonnée et leur vert se dissout jusque dans les fermes où se concocte le wasabi qui enflamme nos sushis. Matsumoto est aussi la porte d’entrée au Nakasendō, l’ancienne route pavée des marchands qui comptait 69 relais et traverse la vallée Kisoji, progressant sous la lumière dorée tamisée des hautes futaies. Le versant Ouest s’appelle “Ura Nibon”. C’est l’arrière-pays, la face cachée du pays du Soleil Levant. Un Japon traditionnel et enchanté qui a amené son artisanat à son sommet. Une montagne où coulent la laque et la feuille d’or, si belle lorsqu’elle est incendiée par les couleurs de l’automne.

 

Le Daisen

Surnommé le petit Fuji à cause de sa forme élégante et parfaitement conique, le mont Daisen est le sommet de la chaîne la plus importante à l’ouest du pays, inscrit sur la liste des “100 plus belles montagnes du Japon”. Ses pentes qui culminent à 1 729 m accueillent l’hiver les amateurs de ski et au printemps les ornithologues qui observent plusieurs milliers d’espèces dans la réserve lagunaire de Yonago. En été, les randonneurs tentent sans problème l’ascension d’un sommet presque entièrement aménagé d’escaliers en rondins et ne présentant aucun point commun avec l’Everest. L’automne voit le parc national de Daisen-Oki se couvrir de toutes les nuances de rouge. C’est la montagne des quatre saisons.

 

Sur l’autre rive, Kanazawa, petit Tokyo

Quand on dégringole à l’ouest les Alpes japonaises vers la mer intérieure du Japon, la ville de Kanazawa, posée à la racine des montagnes, offre une plongée unique dans le passé féodal. Le quartier de Nagamachi de ce “Petit Kyoto” est encore bordé des résidences des samouraïs, tandis que dans celui de Higashi Chaya-machi, ourlé de maisons de geisha aux fenêtres en lattes de bois, flotte toujours une atmosphère de quartier de plaisirs. Dans un autre espacetemps, le musée du XXIe siècle dresse ses lignes contemporaines sur fond de sommets enneigés.

deux femmes dans la ville de Kanazawa

Eric Flogny

 

Chemins sacrés

Mais avant les skieurs, avant les golfeurs, avant les randonneurs, il y eut les prêtres. À l’époque où les côtes japonaises étaient infestées de pirates, les montagnes devenaient le refuge de la population et accueillait ses sanctuaires. Deux régions japonaises ont conservé leurs chemins sacrés et sont devenues des lieux de pèlerinage. Ce sont les “Saint-Jacques de Compostelle” japonais. L’île de Shikoku, la plus petite et la plus sauvage des quatre grandes îles nipponnes, est célèbre pour son “pèlerinage des 88 temples”, connu en japonais sous le nom de o-henro.

La péninsule du Wakayama, au sud de Kyoto, possède des sites, comme le mont Kōya ou les sanctuaires de Kumano, classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Au fil de leurs sentes, rien ou presque n’a changé depuis l’époque où le palanquin de l’empereur Go-Toba traversait forêts et rizières pour son rituel pèlerinage. larges inscriptions à l’encre rouge attestant en sanskrit les étapes de leur parcours.

Oboke gorge

Tetsu Izawa/Getty Images

On dit que ceux qui font le pèlerinage jusqu’au bout verront leurs prières exaucées ! Il est facile, si l’on ne veut pas parcourir plus de 1 000 km à pied, de ne choisir qu’une ou deux étapes du pèlerinage ! Les paysans, vêtus de cotonnades indigo, cultivent toujours le riz ou le thé et vous saluent au passage. On s’arrête pour déjeuner dans une minuscule auberge de campagne, d’un “bento” garni de légumes de saison et de poisson séché. Un petit verre de saké tiède et on repart. Le soir, l’eau des onsen coule, soyeuse, sur votre peau et vous lave de la fatigue.

Vous voici aux sources de la tradition spirituelle du Japon. Vous touchez du doigt le Zen, cette “illumination intérieure” et devinez un univers mêlé de poésie, de vie et de mort, de jouissance et d’ascétisme… Le Japon immémorial, tel qu’on osait à peine le rêver. Aujourd’hui, les Japonais jeunes et vieux, venus de tous horizons, continuent de parcourir ces routes à pied, à vélo ou en bus. Il est facile de se mêler aux pèlerins vêtus de pyjamas blancs, marqués de

 

CHOISIR SON LIT

Yunomine onsen - Ryokan Azumaya

Dans un village perdu qui accueille les pèlerins du Kumano kodo, cette auberge de bois garde le souvenir d’André Malraux, ému par la sérénité des chambres traditionnelles et par le bain d’eau thermale. Un saut dans le temps.

 

Hokkaido - Kasara Niseko Village

Quel bonheur de se lover près de la cheminée et de se plonger dans l’eau fumante en regardant les paysage à travers les baies vitrées de ce luxueux lodge contemporain.

Hoshinoya Fuji

Hirofumi Inaba/Hoshinoya Fuji Resort

 

DES IDÉES POUR PARTIR

De Tokyo au Mont Koya

Une remontée dans le temps, des robots de Tokyo, aux temples de Kyoto, jusqu’au monastère du mont Koya, sur les hauteurs d‘Osaka. Un lieu à part, centre du bouddhisme Shingon fondé au VIIIe siècle. On y passe une nuit, expérience riche à laquelle s’ajoute celles passées en ryokan et la découverte de l’art du bain.

Numéro Automne-Hiver 2018

Vacance N°6

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