Voyage Intérieur

Cultiver la bienveillance

Cultiver la bienveillance

Si elle a longtemps été dépréciée, associée au mieux à de la faiblesse, au pire à de la bêtise, aujourd’hui, dans un monde en crise, nous redécouvrons les vertus de la gentillesse. Christophe André, psychiatre et auteur d’ouvrages sur l’art du bonheur, le constate : « la parole sur la gentillesse se libère ». Et c’est tant mieux : la vraie gentillesse est tout sauf une faiblesse ; elle est une force, un élan. La bienveillance demande humilité  – elle implique de mettre son ego de côté – et courage : elle nécessite de la confiance – en soi, en l’autre, en la vie. Etre gentil, c’est savoir s’affirmer face à l’autre, dans une bienveillance assumée.

En faisant preuve de gentillesse a priori, on prend le « risque » de la rencontre. Mais dans une société qui prône la performance individuelle, et où dominent les rapports de force, faire preuve de bienveillance, ce ne va pas toujours de soi. Pourtant on a tous à y  gagner. Christophe André considère que « nous avons un besoin biologique de bienveillance, elle fait du bien à notre corps, le détend, là où l’indifférence ou l’hostilité le crispent ». Notre bien-être dépend aussi de la qualité des relations que nous sommes capables d’établir. « Nous avons tout à gagner à être bons envers ceux qui nous entourent, et beaucoup à perdre à ne pas l’être »,  écrit le médecin Stefan Einhorn. Docteur en génétique cellulaire de formation, et moine bouddhiste depuis 1979, Matthieu Ricard va plus loin, quand il affirme que « l’altruisme est une nécessité absolue pour faire face aux défis de notre époque. »

©Heiko Meyer/LAIF-REA

Alors, on fait comment ? Il s’agit tout d’abord d’être tolérant et bienveillant envers soi-même ; être présent à soi, en conscience de ses émotions, être présent à son environnement. Prendre conscience ensuite que tous les êtres sont liés par leur désir de ne plus souffrir. Etre attentif aux sentiments des autres, et multiplier les actes de bienveillance, petits ou grands, autour de soi.

 

Christophe André propose un exercice concret à pratiquer chaque jour :

1 Faire quelque chose pour soi : s’accorder un moment de plaisir, de tranquillité, en pleine conscience

2 Faire quelque chose pour un autre : un sourire, un don, une aide

3 Faire quelque chose pour la nature : la protéger, l’admirer

 

Et la bonne nouvelle, c’est que la bienveillance est contagieuse. La vraie gentillesse engendre la réciprocité, elle dissipe peur et méfiance, et produit du plaisir à être ensemble. En entreprise, aussi la tendance est à la bienveillance. Mettre l’humain au centre et instaurer un climat de confiance est un mouvement qui fait son chemin en matière de management.  Aucun projet n’aboutit sans relations de confiance. La bienveillance engendre la bienveillance et permet de mieux échanger, dans le respect des avis parfois divergents, de mieux travailler ensemble.

©Olivier Romano

 

A lire

  Trois amis en quête de sagesse de Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard, ed. L’iconoclaste-Allary
♦  Plaidoyer pour le bonheur : la force de la bienveillance, Matthieu Ricard, ed. du Nil
♦  Le pouvoir des gentils, Franck Martin, ed. Eyrolles
♦  L’art d’être bon, Stefan Einhorn, Belfond

 

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Par

MARION OSMONT

 

 

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