Italie

10 musiques qui vous feront voyager en Italie

10 musiques qui vous feront voyager en Italie

L’Italie est un pays qui chante comme aucun autre, qui réconcilie mélodies faciles et paroles ambitieuses. Chanteurs, poètes et musiciens ont bouleversé la chanson italienne à la fin des années 60. Aujourd’hui encore, les chanteurs-auteurs-compositeurs, cantante-autore – les italiens ont ramassé la catégorie en un seul mot : cantautori – font vivre le chant populaire en puisant dans une tradition orale souvent contestataire. La sélection de nos conseillers pour voyager en Italie en musique – avec aussi des incursions du côté du football et du rock progressif.

1

Via con me, Paolo Conte

«Tchi boum, tchi bouboum, It’s wonderful, It’s wonderful », – flegme british, charme latin et voix de crooner américain, la grande figure de la musique italienne Paolo Conte a marqué une époque avec sa ritournelle, piano clair,  batterie jazz, anglais sommaire – un hymne à l’amour. Elle date de 1981, elle n’a pas pris une ride, et évoque une certaine douceur de vivre.

 

2

Parole, Parole, Mina

Grande artiste de la chanson italienne, Mina devient célèbre avec le twist Tintarella de Luna – que l’on entend dans Rocco et ses frères – et le slow Il cielo in una stanza. Autre tube : Un anno d’amore, qui sera repris quelques décennies après dans Talons aiguilles de Almodovar (magistrale interprétation de Luz Casal). N°1 au hit parade en 1972, reprise dans de nombreuses langues, et notamment en français par Dalida et Alain Delon, Parole, Parole (écrite par le compositeur Gianni Ferrio) est notre préférée. A écouter en voiture, fenêtres ouvertes en longeant la côte.

 

3

Caro Amico ti scrivo, Lucio Dalla

En France, on le connaît surtout grâce à un morceau, Caruso (qui rend hommage à Enrico Caruso, ténor italien du début du XXème siècle, considéré comme l’un des plus grands chanteurs lyriques), immortalisé par Pavarotti. En Italie, c’est un  mythe. Chanteur et musicien – c’est un clarinettiste et pianiste virtuose – Lucio Dalla joue avec la langue de tous les jours dans une écriture anticonformiste.

 

4

La canzone del sole, Lucio Battisti

20 ans après sa mort, il demeure « il grande Lucio », célébré bien au-delà des frontières italiennes, révéré par David Bowie. Une icône – il jouit en Italie d’une stature comparable à celle dont bénéficie en France Serge Gainsbourg. Voix éraillée, physique banal, Lucio Battisti chante l’amour. Grand parolier, il s’affranchit des codes – pop, rock ou chanson ? – et vient bousculer le conformisme de la musique populaire. Il a composé la lumineuse Canzone del sole en 1971, sur un texte de Mogol.

 

5

Figli delle Stelle, Alan Sorrenti

Alan Sorrenti, né à Naples de mère galloise, chante en anglais et en italien, et établit des connexions entre culture napolitaine et anglo-saxonne. Début des années 70, l’Italie est confrontée à un conflit social majeur, une nouvelle culture politique radicale de développe en dehors du parti communiste. La musique en général, et le rock en particulier, sont les vecteurs privilégiés de cette contre-culture. Les deux premiers albums de Sorrenti, Aria (1972) et Come un vecchio incensiere all alba di un villagio deserto (1973) s’inscrivent pleinement dans cette mouvance, musique expérimentale, longues compositions psychédéliques. Figli delle Stelle, « Les enfants des étoiles », est son plus grand succès.

 

6

Ma quale idea, Pino d’Angio

Sur l’album Balla ! (1981), Ma quale idea – « mais quelle idée » – balance entre rap, funk, et disco. Le clip : mauvaise choré, play-back approximatif, veste croisée en cuir et clope à la main. Un méga-tube : 12 millions de copies vendues dans le monde entier. Ma quale idea dynamite le cliché du rital macho, séducteur re-lou du samedi soir : – « je l’ai chopée en discothèque, avec mon regard de serpent. A côté de moi, Fred Astaire est un manche» – «Mais quelle idée ? Tu ne vois pas qu’elle n’est pas d’accord ? Elle saura rester loin d’un frimeur comme toi. » On lui rend hommage – au second degré, comme il se doit – avec une danse sur la plage, au coucher du soleil.

 

7

Sono cose della vita, Eros Ramazzotti et Tina Turner

Refrains efficaces, violons empathiques, rythmiques élancées et voix chaudes, Eros Ramazzotti est un grand faiseur de slows. En italien, tube se dit tormentone – un terme parfait pour dire le doux tourment causé par une mélodie obsédante, Sono cose della vita, interprété sur scène avec Tina Turner, n’échappe pas à la règle, et obsède pendant tout le voyage.

 

8

Il Cielo é sempre più blu, Rino Gaetano

Cantatore originaire de Calabre, à la carrière éclair – 6 albums entre 1974 et 1980 –, Rino Gaetano meurt tragiquement dans un accident de la route en 1981, à l’âge de trente ans. Il laisse une oeuvre engagée, musique minimale et intimiste, textes politiques, dont Il Cielo é sempre più blu est emblématique.

 

9

La mia banda suona il rock, Ivano Fossati

La mia banda suona il rock, single sorti en  1979, est une célébration de la musique comme moyen de communication universel, sans épargner au passage le provincialisme de certains auteurs italiens. C’est le plus grand succès de Fossati – et l’un des plus grands tube de la chanson italienne – renié par son auteur, revendiquant une création élitiste, et un peu dépassé par cet immense succès populaire.

 

10

Grazie Roma, Antonello Venditti

Fils d’une famille de la haute bourgeoisie romaine, Antonello Venditti est connu pour ses textes engagés. Fan de football et de l’AS Roma, il écrit en 1983 Grazie Roma, qui deviendra l’hymne des supporters romains.

 

 

Par

MARION OSMONT

 

Photographie de couverture

ZOE FIDJI

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