Population

3 600 523 habitants (2008).

Langue officielle

L’albanais.

Langue parlée

Le pays est linguistiquement homogène : 90% des habitants sont albanophones. L’albanais connait deux formes dialectales principales : le guègue, au nord (et au Kosovo) ; le tosque, au sud. La langue officielle et littéraire a été établie à partir du tosque. Parmi les langues minoritaires, le tsigane compte 2,8% de locuteurs, le grec 1,7%, le macédonien 0,9%, l’aroumain 0,6%...

Peuple

90% de la population est albanaise. Parmi les 10% restant, on trouve des Grecs (au sud), des Macédoniens (à l’est), des Monténégrins (au nord-ouest), des Aroumains (au sud-ouest), des Tsiganes (dispersés)…

Réligion

La pratique est flageolante dans un Etat qui fut officiellement athée entre 1967 et 1992. Mais les Albanais gardent un lien culturel avec leurs religions. 70% d’entre eux se rattachent à l’islam : deux tiers de sunnites et un tiers de bektachis (alévis). Les orthodoxes (église autocéphale albanaise) sont 20%, les catholiques, 10%. Ces derniers sont installés au nord du pays, tandis que les orthodoxes vivent plutôt au sud.

Fête Nationale

28 novembre : anniversaire de l’Indépendance (1912).

Calendrier des Fêtes

1er janvier : Jour de l’an. 7 mars : journée des Professeurs. 8 mars : fête des Mères. Mars-avril : Pâques (catholique, puis orthodoxe). 1er mai : fête du Travail. 19 octobre : jour de mère Teresa. 28 novembre : fête nationale. 29 novembre : jour de la Libération. 25 décembre : Noël. Les fêtes musulmanes dépendent d’un calendrier lunaire et n’ont pas de date fixe.

Histoire

Les Illyriens, ancêtres des Albanais d’aujourd’hui, peuplaient une vaste zone au nord de la Grèce et au sud du Danube. Au VIIIe siècle avant JC, ils connaissent un développement culturel important au contact des Grecs, qui s’installent à Durrës (Epidammon) et Fier (Apollonie). Mais l’unité des Illyriens se disloque et, en -359, Philippe II de Macédoine leur impose son hégémonie. Par la suite, un bref royaume d’Epire ne pourra empêcher que Rome prenne le contrôle de ce qui devient la Province d’Illyrie (Ier siècle avant JC), où stationnera la plus importante des armées romaines : douze légions, pour surveiller le Danube. Le christianisme est implanté dès le Ier siècle. En 395, la région échoit à Byzance. Elle est pillée par les Goths au IVe siècle, par les Huns au Ve et par les Slaves au VIe. Au VIIIe, les Bulgares en prennent le contrôle. Les futurs Albanais se réfugient dans les montagnes. Le terme « albanais » apparait d’ailleurs dans les documents byzantins au XIe siècle. En 1190, le prince Progon établit un Etat albanais (donc) indépendant. Après un siècle et demi d’existence, ce premier royaume ne pourra empêcher les Serbes de s’emparer du nord et de l’est du pays. On vivote, jusqu’à ce que l’invasion turque remobilise les énergies. Sous la direction de Skanderbeg, la progression ottomane est bloquée pendant trente ans. En 1478, cependant, la résistance rend les armes. De nombreux Albanais émigrent en Italie, en Grèce, en Egypte… Les Turcs occupent les côtes et les plaines. Les montagnes demeurent longtemps des bastions chrétiens. L’islamisation est un effet de l’impôt : on se convertit pour échapper aux taxes sur les non-musulmans. Ou pour faire carrière dans l’empire (cinq grands vizirs albanais). Au fil des décennies, le pouvoir turc peine pourtant à conserver le contrôle de régions périphériques et turbulentes (grandes révoltes de 1796 et 1822). Au XIXe siècle, Istanbul reprend les choses en main. Un nouveau découpage administratif est mis en place, des écoles islamiques sont ouvertes… Ce raidissement marque le déclin d’un empire, qui, dans l’ensemble fut plutôt bénéfique à l’Albanie : tolérance religieuse, large espace économique… La conscience « nationale » albanaise est d’ailleurs longue à prendre forme. Et elle marquera autant de crainte des Slaves du sud et des Grecs, que de lassitude des Turcs. En 1878, la Ligue de Prizren réclame l’autonomie. En 1912, à l’occasion de la Première Guerre balkanique (Serbie, Bulgarie, Grèce et Monténégro vs Turquie), l’indépendance est proclamée par Ismaïl Qemali (1844-1919). L’Albanie est alors une monarchie, rapidement sans roi. En 1919, le traité de Tirana assure une reconnaissance officielle au nouvel Etat. Pendant l’entre deux guerres, la vie politique albanaise est dominée par la forte personnalité d’Ahmed Bey Zogulli (1895-1961). Ce chef de clan musulman devient ministre de l’intérieur, puis premier ministre (1922). En 1925, il proclame la République et devient président. Trois ans plus tard, il rétablit la monarchie à son profit et devient roi, sous le nom de Zog 1er. Le pays est modernisé tambour battant, mais avec de faibles moyens. Les mœurs politiques sont… rudes. L’Italie joue également les premiers rôles sur la scène albanaise. La crise de 1929 met le pays sous la coupe de Rome. Sous la pression, le pouvoir de Zog vire au despotisme et, en 1939, les Albanais accueillent avec soulagement les envahisseurs italiens. Le roi part en exil. Pendant la guerre, des mouvements de résistance apparaissent, appuyés par les Yougoslaves et les Britanniques. Le parti communiste tire sans états d’âme les marrons du feu. Enver Hoxha émerge. En 1946, il est président de la République populaire. La suite est l’histoire de la longue fidélité à Staline du dirigeant albanais. De rupture en rupture, le pays s’isole et fait montre d’une impeccable paranoïa politique. Il faut attendre la mort d’Enver Hoxha (1985) pour qu’une timide « libéralisation » ait lieu. La chute de l’URSS et des régimes socialistes contraint toutefois à des révisions déchirantes. Le multipartisme est rétabli ; des élections démocratiques (1992) portent Sali Berisha (né en 1944) à la présidence de la République. En 1998, une nouvelle constitution est adoptée, qui garantit les libertés publiques. Pendant les années 90, la question du Kosovo a lourdement pesé sur la vie politique albanaise.

Politique

L’Albanie vit sous régime parlementaire. Le Parlement, l’Assemblée de la République d’Albanie, assume le pouvoir législatif. Il est monocaméral, à 140 députés, élus pour 4 ans. Le président de la République est élu par le Parlement pour un mandat de 5 ans, renouvelable une fois. Le premier ministre (majorité parlementaire) est nommé par le président et assume, avec son gouvernement, le pouvoir exécutif.

Célébrité

Enver Hoxha (1908-1985) se distinguait de ses pairs par l’intransigeance de son stalinisme. A sa manière, il se montrait bien albanais, se gardant des Yougoslaves titistes au nord et à l’est et des Grecs pro-occidentaux au sud. Sans tenter les Russes, ni les Italiens. Ismail Kadaré (né en 1936) est à la fois poète, dramaturge, essayiste et romancier. C’est le grand nom de la littérature albanaise et l’une des grandes signatures de la littérature mondiale. La question du totalitarisme débouche dans son œuvre sur les perplexités inattendues. Anjeze Gonxhe Bojaxhiu, mère Teresa (1910-1997), est née à Skopje, en Macédoine, dans une famille albanaise. Son inlassable présence auprès des plus pauvres (en Inde d’abord, et ailleurs) a fait d’elle une figure universelle. Béatifiée le 19 octobre 2003. Ornela Vorpsi (née en 1968), écrivain et photographe. Avec elle, l’Albanie débarque dans les galeries d’art contemporain. Ses photos, où la beauté du corps cache mal des coulisses inquiétantes, sont peut-être emblématiques d’un pays à la convalescence difficile. Robert Escarpit (1918-2000), universitaire et figure du journalisme girondin, fut fondateur des Amitiés franco-albanaises. Pendant la période communiste, cette association était le sas qui permettait aux Français d’accéder au pays et à son folklore idéologique. Georges Kastriot Skanderbeg (1403-1468) est l’Abraracourcix albanais. Nulle intention ici de choquer les habitants du Pays des aigles : il fut le chef qui résista encore et toujours à l’envahisseur impérial (ottoman, en l’occurrence).

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service. Pour les chauffeurs, nous vous conseillons, au minimum, l´équivalent de 1,5 ou 2 euro par jour et par personne. Nous vous conseillons le double pour les guides. En ce qui concerne le personnel local (porteurs, serveurs…) les usages sont très variables. Le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie locale : le prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes locales, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant.

Cuisine

La géographie fait que la cuisine du nord est plus « continentale » et celle du sud plus « méditerranéenne ». L’histoire, quant à elle, a fait que l’influence turque soit prépondérante, mais que l’Italie (au nord) et la Grèce (au sud) aient également droit de cité dans les assiettes albanaises. Au nombre des entrées, on compte les feuilles de vigne farcies, le foie de veau à l’oignon, la soupe de concombre et yaourt (tarator). Le poulet aux noix, l’agneau safrané (avec une sauce au yaourt) ou l’anguille, sont des plats de résistance. La salade « grecque » est omniprésente, la polenta aussi (au nord). Quant aux desserts, ils sentent bon le miel, les pignons et l’Empire ottoman.

Boisson

Pour parer à toute éventualité, il est préférable de boire de l’eau minérale en bouteille (capsulée). Les sodas ont envahi l’Albanie comme le reste du monde. Parmi les breuvages locaux, notons le boza (fermentation de blé et de maïs, au très faible degré d’alcool), le babeurre (ou lait baratté), le raki (eau de vie de raisin ou de prune, anisée). Le café est « turc ».

Utile

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